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Mourir… à quel prix?

Un jour ou l’autre, nous serons confrontés à l’ultime passage. Dans une société qui promet presque la vie éternelle en ce monde, nous sommes de plus en plus mal à l’aise avec l’idée de la mort. Nous essayons de l’ostraciser de nos vies tant que l’on peut mais l’inévitable passage des ans nous rattrape assez rapidement. Pourtant, la mort nous côtoie au quotidien. Lorsqu’un proche décède, nous le savons pertinemment, c’est un dur moment à vivre, une lourde charge émotive qui s’exprime parfois difficilement. Vivre les derniers moments implique la plupart du temps la mise en place de rites funéraires qui pourront permettre aux gens touchés par le deuil de vivre sous diverses formes ces émotions intenses. Et c’est là que tout parfois bascule!

Depuis quelques décennies, les rites funéraires ont changé radicalement au Québec. Tellement que le gouvernement a senti la nécessité d’encadrer davantage ces derniers rites par le projet de loi 66 voté en février 2016. Tout semble se faire d’une façon expéditive sans prendre le temps souvent requis pour vivre collectivement le deuil. Au cours des années 70, la vaste majorité des gens optait pour l’inhumation du corps. Aujourd’hui, c’est plus de 70% des Québécois qui choisissent la crémation par le feu. Toutefois, pour la première fois depuis 30 ans, le taux de crémation a diminué sensiblement en 2015 au Québec. Faut-il y voir une nouvelle tendance?

Pour leur part, les maisons funéraires se livrent une vive concurrence. Avec le vieillissement de la population, la clientèle ne manque pas. Il n’y a rien de trop beau, selon certains vendeurs de services, pour le cher disparu mais à quel prix? Enterrer l’un des siens dignement, si on ne fait pas attention, on peut y laisser plus que sa chemise lorsque l’on regarde les coûts astronomiques que cela comporte. Devant l’intensité du moment, bon nombre agissent parfois sous l’impulsivité, sans prendre garde à l’impact financier. On dit que les trois dépenses les plus importantes pour un citoyen moyen dans sa vie sont l’acquisition d’une maison, l’achat d’une voiture et les célébrations de ses funérailles

Nous vivons dans le siècle de l’instantanée, de la vitesse et de l’efficacité. Tout se fait aujourd’hui d’une façon expéditive sans prendre nécessairement la période propice pour vivre collectivement le deuil. Il faut du temps pour s’y faire, accepter le départ de l’être que l’on aime, apprivoiser l’absence. Chacun a sa vision de la mort, chacun a sa vision de l’au-delà. Notre société évolue, les modes, les rituels et les valeurs changent aussi. L’arrivée massive d’immigrants transforme quelque peu nos manières de voir et influence parfois notre rapport à la vie, à la mort. Créer de nouveaux rites de passage dans une société se réclamant d’une laïcité encore mal définie, ne va pas de soi forcément. Nous avons besoin de rites de passage. Cela prendra quelques décennies et encore. Nous mourrons un peu tous les jours comme ces feuilles d’automne qui, éclatantes de couleurs sous le soleil ardent, finissent toujours par couvrir le sol trempée et à peine givré d’un mois de novembre. Quand une vie humaine a été vécue authentiquement jusqu’au bout, la mort ne vient-elle pas signer l’ultime accomplissement comme un sourire à la vie? L’automne qui approche, n’est-ce pas un temps mort pour la vie? Si seulement Dieu pouvait nous faire signe.

Jean-Guy Roy, Directeur général d’Auvidec Média

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