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Reste avec nous

Reste avec nous, Seigneur Jésus,

quand nous marchons désespérés

sur la route de nos désillusions,

accorde nos pas à ton rythme apaisant.

 

Reste avec nous, Seigneur Jésus,

quand nos yeux ne te reconnaissent plus

parce qu’ils sont fermés aux autres,

ouvre-les à ta présence compatissante.

 

Reste avec nous, Seigneur Jésus,

quand nous te partageons nos doutes

et que tu nous réponds par des questions,

apprends-nous à t’écouter avec discernement.

 

Reste avec nous, Seigneur Jésus,

quand nous sommes lents à croire

ce que les Écritures nous révèlent,

donne-nous un esprit nouveau pour t’accueillir.

 

Reste avec nous, Seigneur Jésus,

quand notre cœur refuse la croix

par peur de trop souffrir,

réchauffe-le au contact de ta parole.

 

Reste avec nous, Seigneur Jésus,

quand le soir approche et que notre foi baisse,

partage-nous ton pain rompu pour la vie du monde

et nous deviendrons des témoins de ta résurrection.

 

Cette prière est parue dans Prions en Église Canada, 30 avril 2017, p. 33.

 Pour aller plus loin: Expérience de la prière (Parole et Silence).

 Site de Jacques Gauthier : http://www.jacquesgauthier.com/

Auvidec Média/Jacques Gauthier, théologien, auteur 

La prière est la respiration de l’âme, dit-on souvent. Depuis le jour de la Pentecôte, nous prions dans le souffle même de l’Esprit Saint. Il nous aide à descendre dans notre cœur pour le tourner vers notre vis-à-vis, Dieu; « Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 28). Il nous maintient dans l’existence par son souffle, (ruah  en hébreu, pneuma en grec, spiritus  en latin). Bien respirer, c’est accueillir le souffle de l’Esprit qui unifie notre être dans ses trois grandes dimensions : corps, âme, esprit.

Respirer dans l’Esprit Saint

Si nous commençons la prière dans l’agitation, il sera difficile de nous concentrer et de nous recueillir. Comme l’exprimait saint Augustin dans ses Confessions : « Seigneur, tu étais au-dedans de moi, et moi j’étais au dehors ». La respiration est un moyen pour se détendre, aller vers l’intérieur pour se rendre disponible à l’action de l’Esprit Saint. Même si nous sommes engloutis par un flot de pensées, prenons conscience de notre pauvreté et ouvrons-nous à la miséricorde divine. Il ne s’agit pas dans la prière de faire le vide, mais d’accueillir l’amour de Dieu qui est répandu en nous par son Esprit.

Assis, à genoux, debout ou couché, nous pouvons apprendre à respirer de bas en haut, calmement. Nous inspirons par le nez en glonflant l’abdomen qui soulève le thorax, nous expirons profondément par la bouche en repartant de l’abdomen. On remplit lentement les poumons d’air en accueillant l’amour de Dieu. On inspire et expire en disant intérieurement « Abba », ou « Jésus ». Nous pouvons aussi nous exercer à cette prière trinitaire : on inspire en disant : « Père »; on expire : « en ton Fils »; on inspire : « donne-moi »; on expire : « ton Esprit ».

Habituons-nous à invoquer souvent l’Esprit Saint dans la prière, le souffle de vie, l’hôte de notre âme. Pas une cellule du corps qui ne soit animée par son souffle. Nous inspirons profondément en disant, par exemple : « Souffle de Dieu », et nous expirons : « Reçois mon esprit ». On respire ainsi le souffle même de Dieu.

Pour les personnes qui ont beaucoup de distractions dans la prière, je suggère de respirer profondément, de sentir la vie qui ouvre les narines, bat dans le cœur, irrigue les veines comme une source d’eau vive. La respiration devient plus lente; nous acceptons le souffle qui soulève lentement la poitrine. Nous prenons conscience du mystère qui nous habite, de l’air qui nous donne l’énergie pour vivre et prier. Chaque inspiration peut être une aspiration à la prière, chaque expiration un abandon en Dieu.

Si le souffle symbolise l’Esprit, cela ne veut pas dire qu’il faille maîtriser son souffle ou avoir conscience de sa respiration pour bien prier. Le symbole physique, comme le souffle, signifie une réalité spirituelle, l’Esprit Saint, mais il n’est pas la réalité. Sinon, la rencontre de Dieu dépendrait d’une technique respiratoire ou d’une méthode de méditation.  

Prier la Parole

Après un temps de respiration consciente, nous pouvons prendre un texte biblique, tel l’Évangile du jour, et le méditer dans notre cœur. La Parole méditée et priée nous nourrit des pensées du Christ pour que nous arrivions à penser et à vivre comme lui. Si la Parole s’est faite chair, n’est-ce pas pour que, par le Christ, elle prenne chair en nous? Après avoir prié la Parole, nous fermons les yeux et nous retournons au silence. Il nous ouvre à l’essentiel de ce que nous sommes, à cette écoute intérieure qui rend nos journées plus pacifiantes.

Si parfois nous manquons d’air et nous perdons le souffle dans nos prières et nos engagements, l’Esprit nous couvre de son ombre et nous redonne un second souffle. Il nous fait renaître librement en Église et nous fait comprendre les paroles de Jésus. « Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jn 14, 26.)

Nous respirons dans l’Esprit parce que nous croyons que nous sommes nés d’eau et de souffle au baptême. Notre prière est union à Dieu, dans la rencontre de deux libertés, de deux désirs, de deux soifs. C’est toujours Dieu qui a l’initiative et qui se révèle quand il veut et de la manière qu’il veut. Il est libre de ses dons, mais à nous d’y répondre avec générosité.

Ne nous attachons pas à notre prière, car elle ne nous appartient pas. L’Esprit souffle où il veut. Lui seul peut nous aider à reprendre souffle dans nos journées souvent surchargées et à faire de la parole de Dieu notre demeure.  

"Il est beau et salutaire de penser que, partout où l'on prie dans le monde, l'Esprit Saint, souffle vital de la prière, est présent. Il est beau et salutaire de reconnaître que, si la prière est répandue dans tout l'univers, hier, aujourd'hui et demain, la présence et l'action de l'Esprit Saint sont tout autant répandus, car l'Esprit «inspire» la prière au cœur de l'homme, dans la diversité illimitée des situations et des conditions favorables ou contraires à la vie spirituelle et religieuse […] La prière est aussi la révélation de cet abîme qu'est le cœur de l'homme, une profondeur qui vient de Dieu et que Dieu seul peut combler, précisément par l'Esprit Saint." (Jean-Paul II, L’Esprit Saint dans la vie de l’Église et du monde, no 65).

Article paru dans Magnificat, Paris, juin 2017, p. 7-10.

Pour aller plus loin: La prière chrétienne. Guide pratique. (Presses de la Renaissance, 2017).

http://www.jacquesgauthier.com/

Auvidec Média/Jacques Gauthier, théologien, auteur

Il est fascinant de voir à quel point nous sommes collectivement hypnotisés par les acteurs de division, d’exclusion et de violence armée. Les grands médias ne le reflètent que trop bien. Par ailleurs, nous ne nous préoccupons guère de donner de la visibilité aux milliers de personnes qui œuvrent quotidiennement dans l’ombre à la réconciliation, contribuant à la non-violence et à la paix.

Les instigateurs du Prix du Public pour la Paix ont, quant à eux, compris que tout le monde espère, depuis la tendre enfance, une forme de reconnaissance de la part d’autrui, une des raisons fondamentales pour laquelle ce prix public a été créé. Ils nous rappellent que pour les artisan-e-s de paix de certains pays, qui bien souvent s’engagent au péril de leur vie, des manifestations de soutien provenant d’autres régions de la planète peuvent s’avérer vitales pour la poursuite de leurs actions.

L’édition 2017 du Prix en fait foi: une vingtaine de personnes et d’organisations ont été présentées au Prix, dont la moitié ont reçu suffisamment de soutien du grand public pour être qualifiées de finalistes. Les nominations du public sont venues de l’Afrique (Cameroun, Ghana, Nigeria), du Moyen-Orient (Yémen) et de l’Asie (Inde, Pakistan), des Amériques (Colombie, États-Unis) et d’un seul pays d’Europe (France).

Antennes de paix est un partenaire majeur du Prix du Public pour la Paix parce que la mission de cette initiative en ligne rejoint la nôtre : promouvoir une culture de non-violence et de réconciliation pour une paix juste, dans un monde libéré de la violence et de la peur. Nous sommes fiers d’apporter notre modeste part pour faire connaître le mieux et le plus possible les initiatives et artisan-e-s de paix.

En qualité de partenaire de soutien et de diffusion, nous sommes toutefois surpris de constater que les candidats au prix reçoivent très peu d’appui de la communauté internationale et qu’ils doivent avant tout compter sur leur propre réseau dans leur propre pays pour être soutenu. Autrement dit, nous gens du Nord qui sommes les plus branchés de la planète, ne prenons pas, ou si peu, la peine d’exprimer notre soutien aux finalistes proposés par des citoyens d’autres continents!

Le Prix du Public pour la Paix n’est certes pas la seule initiative citoyenne qui mérite notre soutien, mais c’est la seule distinction pour la paix dans laquelle les candidats sont proposés, nominés et appuyés par de simples citoyen-ne-s de la planète. Qui dit plus démocratique?

Pour plus de détails sur les finalistes et lauréats pour la présente édition, n'hésitez pas à visiter le site en français: https://prixpublicpaix.org/ ou en anglais: https://publicpeaceprize.org/

Auvidec Média/Gisèle Turcot, sbc/www.antennesdepaix.org

Donald Trump, président des États-Unis. Si cela vous donne l’impression d’assister à une mauvaise comédie, dites-vous que l’élection de Clinton nous aurait fort probablement fait vivre un véritable film d’horreur.

Les grands médias ne semblent pas voir à quel point Hillary Clinton est une femme dangereuse. On parle de ses compétences, de sa connaissance des enjeux, du fait qu’elle est une femme et qu’elle aurait brisé un plafond de verre. On affirme qu’elle n’est pas parfaite, mais qu’elle était le meilleur choix.

Vraiment?

Devrait-on élire n’importe quelle femme à la tête d’un pays seulement pour faire l’histoire? En quoi l’élection d’une menteuse avérée, va-t’en-guerre, financée par le régime le plus misogyne de la planète, l’Arabie saoudite, qui, par ailleurs, finance le terrorisme au Moyen-Orient, aurait été un meilleur choix pour l’humanité et la condition féminine?

Cette femme a appuyé des coups d’État en Ukraine et au Honduras, s’est réjouie de la torture et de l’exécution extra-judiciaire d’un chef d’État africain, elle a contribué à la destruction de la Libye et de la Syrie en appuyant des terroristes qui font reculer les droits des femmes, elle parle de guerre contre l’Iran et la Russie, et de guerre nucléaire pour régler des conflits. Cette femme est plus violente et antiféministe que bien des hommes.

Il n’y avait pas de meilleur choix dans cette élection. C’était un peu comme choisir entre la cécité et la tétraplégie. Si Trump est dangereux pour les États-Unis, Hillary Clinton est dangereuse pour le reste du monde.

L’élection de Donald Trump n’est pas en soi une bonne nouvelle. Si toutefois il s’avère non interventionniste, comme il l’a promis durant la campagne, il s’agira d’une petite victoire pour la paix.

Les promesses électorales étant ce qu’elles sont, vaut mieux ne pas y croire. Barack Obama, le prix Nobel de la paix qui a bombardé sept pays en huit ans, en est le meilleur exemple. Trump, lui, a promis à la fois de hausser les dépenses militaires et de réduire les interventions militaires, ce qui est totalement incohérent.

Au lendemain de sa victoire, les actions des grands marchands d’armes ont bondi. Cela laisse malheureusement présager un avenir sombre.

Auvidec Média/Julie Lévesque, journaliste et activiste/ www.antennesdepaix.org

« Films pour la paix » cherche à mettre en valeur des productions, documentaires ou fictions ayant une valeur de documentaire, qui incitent à une réflexion approfondie sur les processus de paix, ou encore sur ce qui fait obstacle à la réconciliation.

Chacun peut proposer un « film pour la paix ». Il s’agit tout simplement de présenter une recension détaillée d’un film ou d’une vidéo, en expliquant pourquoi il nous semble  que cette réalisation constituerait un bon outil pour réfléchir collectivement à la façon d’éviter les conflits et de favoriser un retour à la paix.

Une fois proposé, les visiteurs qui ont déjà visionné le film sont invités à valider ce choix en ajoutant un simple commentaire en bas de la recension. Après validation, la production en question reçoit la mention « Film pour la paix », ce qui signifie que les Antennes de paix recommandent ce film pour sensibiliser un groupe ou des étudiants aux processus de réconciliation et de paix, et encourager une réflexion sur le sujet.

Auvidec Média/Antennes de paix

Le continent africain fait face à de nombreux enjeux sécuritaires, mais ses chefs d’État ne tardent pas à intervenir dans les crises lorsqu’ils peuvent le faire. Il y a quelques semaines, on ne pouvait pas imaginer que le dictateur gambien, Yahya Jammeh, puisse accepter de quitter le pouvoir, lui qui, par orgueil ou par entêtement, avait choisi de défier le monde entier.

Défait à l’élection du 1er décembre 2016, M. Jammeh, au pouvoir depuis vingt-deux ans, avait opté d’y rester par la force. Une coalition de soldats ouest-africains n’avait pas tardé de franchir la frontière sénégalo-gambienne et d’avancer jusqu’à la capitale, Banjul, pendant qu’une intense activité diplomatique était mise en place pour lui offrir l’amnistie ou l’exil en échange de son départ pacifique du palais présidentiel. M. Jammeh, qui s’est finalement envolé pour la Guinée équatoriale samedi dernier, était le dernier leader ouest-africain à avoir obtenu le pouvoir à la suite d’un coup d’État.

Les actions politiques et militaires initiées par les États d’Afrique de l’Ouest, émanent des 15 membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui ont, depuis les années 1990, lancé des interventions militaires complexes et controversées au Liberia, au Mali et en Sierra Leone et imposé des sanctions à la Guinée, à la Guinée-Bissau et au Niger à la suite de coups d’État.

À l’instar des autres organisations régionales, la CEDEAO fait partie de l’architecture sécuritaire de l’Union africaine (UA). L’UA s’est donné pour mandat de chercher des solutions africaines aux problèmes africains. Principal organe politique du continent, l’UA a mis en place un système de gestion de crise prétentieux – mais sous-financé – qui s’appuie sur la prévention des conflits, la médiation et l’intervention. Cette option finale exige cependant l’accord des États membres, l’appui des Nations Unies et le financement des bailleurs de fonds, des conditions qui ne sont pas toujours réunies. Parmi les missions mises en œuvre depuis les années 1990, on peut mentionner :

-          le Groupe de contrôle du cessez-le-feu de la CEDEAO (Economic Community Cease-Fire Monitoring Group, ECOMOG);

-          la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM);

-          La mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau, connue sous le nom d’ECOMIB;

-          la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA);

-          la Force multinationale conjointe (Multinational Joint Task Force, MNJTF) dans le bassin du Lac Tchad.

L’Afrique s’est ainsi montrée remarquablement proactive et peut se vanter d’avoir mis en place des opérations de maintien de la paix menées sur le continent et dont le bilan est satisfaisant.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka

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Dans une lettre inédite, Ricardo Mendoza, un militant colombien pour la Justice sociale, explique comment les Colombiens sont arrivés à voter «Non» lors du référendum du 2 octobre 2016 à l’occasion duquel ils étaient appelés à répondre à la question: «Soutenez-vous l’accord final d’achèvement du conflit et de construction d’une paix stable et durable?»

Ricardo relève plusieurs facteurs pouvant expliquer le «Non» à l’issu du référendum colombien. Il décrie le fait que la population colombienne, pendant les six années de négociations entre le gouvernement colombien et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), n’était pas tenue informée de ce qui se passait et des enjeux des discussions, y compris de leur avancement. C’est seulement à trois semaines de la signature finale que tout commençait à paraître au grand jour. Par la suite, malgré les efforts de vulgarisation tardive du gouvernement et de la société civile, il y avait une grande ignorance dans de nombreuses régions et au sein des communautés, quant à la signification de l'accord.

Par ailleurs, monsieur Mendoza rapporte que l'extrême droite, la Conférence épiscopale colombienne et les nouvelles églises évangéliques présentaient ces accords en dénonçant notamment le « laxisme » des sanctions prévues contre les auteurs des crimes les plus graves et la participation des guérilleros démobilisés à la vie politique, craignant un «castro-chavisme» inspiré des régimes cubain et vénézuélien.

Alvaro Uribe, le prédécesseur de l’actuel président de la Colombie, était particulièrement un féroce opposant à l’accord. Sa campagne pour le «Non» en a marqué plusieurs dans la population alors qu’il martelait que les FARC étaient des terroristes qui échapperaient à la prison, que les criminels guérilleros seraient soutenus avec des fonds de l'État, que l’avenir du pays était hypothéqué avec la promotion de l'homosexualité, etc.

Le jour du référendum, le 2 Octobre, il a fallu noter un taux d'abstention de près de 63%, ce qui témoigne d’une culture politique faible, selon Ricardo. Il ajoute que, ce jour-là, un ouragan dans les Caraïbes a bloqué chez eux de nombreux citoyens dans le nord du Pays, à Cartagena, à Barranquilla, à Santa Marta et dans d'autres villes en raison de la pluie de de la tempête qu’il y avait.

Au demeurant, la société civile colombienne est bien mobilisée pour sauver le processus de paix et ces accords qui exigent que les victimes soient prises en compte. Ricardo conclut que les accords de paix de la Colombie ne sont pas un compromis entre les élites; ces dernières doivent être à l’écoute de la société.

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La prière est tellement simple qu’elle est à la portée de tous. Dans les précédents articles de l'École de prière de ce blogue, j’ai passé en revue quelques positions corporelles que nous prenons spontanément dans la prière : assis, à genoux, debout. Voici des exercices pratiques pour chacune de ces positions. Ils peuvent aider à entrer dans l’oraison intérieure, appelée aussi prière contemplative, à prolonger la prière du Christ, à vous unir à l’Esprit qui prie le Père. Le « vous » que j’utilise ici désigne une personne, non un groupe.

Prier debout

Trouvez un endroit calme. Tenez-vous droit, les pieds bien à plat au sol. Détendez-vous en prenant quelques respirations. Récitez une prière que vous connaissez, ou gardez silence en prenant conscience que vous êtes vivant et que l’amour de Dieu habite en vous. Joignez lentement les mains près du cœur ou sous le nez, la tête légèrement inclinée. Vous croyez que vous êtes appelé à la résurrection, à la suite du Christ. Levez les bras vers le ciel et formulez au Christ ce que vous ressentez. « Jésus, je crois en toi, mais augmente ma foi » ; « Tu sais que je t’aime, reste avec moi » ; etc.

Soyez tout entier dans ce que vous lui dites. Ouvrez-vous à la présence de son Esprit. « Viens Esprit-Saint. Soutiens-moi de ton souffle. Rends-moi disponible à ton action, attentif à la parole de Dieu ». Vous pouvez rester quelques secondes ou minutes dans cette prière toute simple et profonde. Puis, vous reprenez vos activités avec plus de paix en faisant vôtres les sentiments qui habitaient le cœur de Jésus lorsqu’il priait le Père.

Prier à genoux

L’agenouillement et l’inclination rendent visible l’amour que nous portons au Christ, modèle de douceur et d’humilité. Ces postures peuvent très bien débuter un temps d’adoration ou d’oraison silencieuse.

Dans un oratoire ou à la maison, vous vous agenouillez et vous dites au Seigneur que vous l’aimez. Vous pouvez aussi vous asseoir sur les talons, si l’espace le permet, vous prosterner et vous incliner jusqu'à poser le front sur les mains qui sont à plat sur le sol. Vous restez ainsi le temps qu’il faut. Votre corps s’intériorise. Vous respirez régulièrement, sans effort. Vous redressez lentement le dos, le cou et la tête en déroulant les vertèbres de bas en haut. La colonne vertébrale est une échelle qui permet de vivre la dimension verticale de la prière. Vous pouvez vous asseoir confortablement sur une chaise, répéter le nom de Jésus, écouter le silence qui vous parle, malgré les distractions. Vous faites des actes de foi, d’espérance et d’amour afin de toujours revenir au lieu intérieur du cœur où habite le Seigneur.

Prier assis

Asseyez-vous dans un lieu tranquille, de la manière où vous êtes le plus à l’aise pour rester immobile et garder l’attention : assis sur une chaise, sur les talons, sur un petit banc, sur un coussin. Les vêtements ne sont pas trop serrés. Vous enlevez vos chaussures. Fermez les yeux et prenez conscience de votre respiration.

Vous détendez chaque partie du corps, sans effort. Vous commencez par les pieds, les genoux, les jambes. Vous ressentez la pesanteur de chaque membre. Vous continuez lentement avec les mains, les poignets, les bras, les épaules. Vous les détendez en les fixant mentalement. Vous tournez la tête légèrement. Vous décontractez chaque partie du visage en les visualisant. Concentrez-vous sur la respiration. Vous relâchez le ventre. Vous êtes calme et vous goûtez la musique du silence de l’instant présent.

Laissez monter les images comme elles se présentent, sans trop y faire attention. Prenez conscience que votre corps est le temple de l’Esprit Saint et que le Christ vit en vous. Rappelez-vous une parole de Dieu, une antienne, un refrain, comme un verset de psaume : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » (Ps 33, 9). La prière est détente et espérance, attente de Dieu et abandon à son amour miséricordieux. Vous restez ainsi quelques minutes en action de grâce.

« Merci, d’être là, mon Dieu, dans cette offrande pauvre de mon corps uni au tien, où je me repose en ton silence, un rappel de la vie d’oraison, un grand amour miséricordieux à vivre au cœur du monde. »

Vous pouvez terminer en récitant lentement un Notre Père, ou une autre prière que vous aimez. Vous faites lentement le signe de la croix et vous ouvrez les yeux. Cette pratique de relaxation qui se transforme en oraison ne peut durer qu’une vingtaine de minutes, mais vous en récoltez les fruits le reste de la journée.

Cette citation du père Henri Caffarel (1903-1996), fondateur des Équipes Notre Dame et de la maison de prière de Troussures, peut nous aider à bien vivre l'oraison, oeuvre de Dieu présent en nous.

"Je vous engage donc vivement à veiller aux gestes et attitudes du début de l’oraison. Une génuflexion bien faite, acte de l’âme autant que du corps; une attitude physique nette et forte d’homme éveillé, présent à soi-même et à Dieu; un signe de la croix, lent, chargé de sens. Lenteur et calme sont d’une grande importance pour rompre le rythme précipité et tendu d’une vie aussi affairée que la vôtre. Quelques instants de silence: comme un coup de frein, ils contribueront à vous introduire au rythme de l’oraison et à opérer la rupture nécessaire avec les activités précédentes. Il peut être bon aussi de réciter une prière vocale, très lentement, à mi-voix. Prenez conscience alors, je ne dis pas de la présence de Dieu mais du Dieu présent". (Henri Caffarel, Je voudrais savoir prier, Parole et Silence, 2015, p. 49-50)

Article paru dans le mensuel Magnificat, mai 2017, p. 7-10.

Pour aller plus loin: La prière chrétienne, guide pratique (Presses de la Renaissance).

À paraître en novembre 2017 aux éditions du Cerf: Henri Caffarel, maître de prière. Je donnerai une conférence au colloque qui lui sera consacré au Collège des Bernardins à Paris les 8 et 9 décembre.

http://www.jacquesgauthier.com/

Auvidec Média/Jacques Gauthier, théologien, auteur

Le monde ne risque pas de voir disparaître de sitôt sur la devise américaine la mention : en Dieu nous croyons, au profit de en Trump nous croyons. La tribulation prend fin le 20 janvier, alors que Donald Trump sera intronisé avec magnificence et prodigalité, 45e président des États-Unis d'Amérique. L'élection de M. Trump à la tête de la (première démocratie) ne laisse personne indifférent.

À l'incompréhension et l'indignation qui gagne la planète, se substitue la question du bon sens. Comment dans une Amérique puritaine, un populiste milliardaire, aux antipodes des valeurs religieuses, un opportuniste mercantiliste, un belliqueux xénophobe et raciste, un misogyne et un allégué proxénète a pu se retrouver candidat d'un parti de droite, d'obédience moralisateur et religieux?

Pendant que l'inquiétude gagne la planète, le président élu, loin de s'émouvoir des allégations de mauvaises mœurs, d'agressions sexuelles, d'antéchrist, Donald Trump s'entoure de personnes à la notoriété suprémaciste tel que Steve Bannon, nommé chef de la stratégie à la Maison-Blanche. Avant de travailler à la campagne du nouveau président, M. Bannon dirigeait l'agence de presse Breitbart News, réputée pour ses positions antisémites, racistes, homophobes, bref extrémistes.

Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, a promulgué, le 18 octobre 2016, une loi qui retire son pays de la Cour pénale internationale (CPI). Ce décret survient quelques semaines après la publication du rapport accablant de trois experts indépendants du conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Certains agents de l’état burundais y sont accusés d’avoir commis de graves violations des droits de l’homme. Le retrait du Burundi remet en surface la question du retrait collectif des pays africains de la CPI.

L’on se souviendra qu’en Janvier 2016, le président kényan, Uhuru Kenyatta, avait déposé une proposition adoptée par les pays membres de l'Union africaine (UA) pour un retrait collectif des pays africains de la CPI. Le président de l'Union africaine, alors nouvellement élu pour l'année 2016, le tchadien Idriss Déby Itno, avait indiqué que c'est parce qu'ils ont le sentiment que cette juridiction internationale ne s'attaque qu'à des pays africains, que cette procédure a vu le jour. Amenés à se prononcer  lors du Conseil exécutif de l’UA, en juillet dernier, sur une nouvelle résolution précisant les modalités d’un retrait collectif des pays africains membres de la CPI, les ministres des Affaires étrangères ne se sont pas entendus sur les modalités.

Force est de souligner qu’à l'heure actuelle, effectivement, la CPI n'a jugé que des dirigeants ou des personnalités africaines. Laurent Gbagbo est à la CPI pour son rôle dans la guerre ivoirienne. Jean-Pierre Bemba a été déclaré coupable pour des crimes commis par ses troupes en Centrafrique. Jacques Chirac, lui, n'a pas été auditionné pour les crimes de ses troupes en Côte d'ivoire. Quant aux récentes allégations de pédophilie de l'armée française en Centrafrique, l'Élysée a tenté d'étouffer l'affaire. Étouffer les scandales sexuels de l'armée française en Afrique est une pratique des différents régimes français. Dans les années 90, le juge français Borrel a d'ailleurs payé de sa vie pour avoir tenté de dénoncer les agissements criminels d'officiers supérieurs français au Djibouti.

L'Afrique est en droit de questionner ce « deux poids, deux mesures » qui consiste à envoyer systématiquement les siens devant la CPI et qui fait que, pour les mêmes crimes, les auteurs européens ou américains s'en sortent indemnes. Ceci n'est pas un plaidoyer pour l'impunité en Afrique, bien au contraire. L'Afrique,  comme le martèle Goikoya Kolie, un chroniqueur indépendant, se doit de s'affranchir de ce qui vise à l'humilier constamment et doit instaurer son propre système de justice, à l'image de ce qui a abouti à la condamnation de Habré au Sénégal, bien que tous les auteurs des crimes dont il est condamné n'aient tous été convoqués par la justice sénégalaise. Les parrains et instigateurs des crimes de Habré coulent des jours paisibles dans l'hexagone.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka/www.antennesdepaix.org

« Centrafrique, l’industrie de la rébellion » est un documentaire de 61m « coup de poing » présenté cette semaine au Festival Vues d’Afrique, qui nous a surtout habitués depuis 30 ans à une Afrique clichée et infantilisée. Le film a eu sa grande première lundi soir à la Cinémathèque québécoise devant une salle bondée et attentive – tout étonnée de son regard africain inédit et de la franchise brutale de son discours bien articulé. Il repasse samedi à 10 heures au même endroit.

Conçu par Venant Mboua Bassop, journaliste, écrivain et homme de théâtre camerounais, et réalisé par Emery Noudjiep Tchembjo, homme de théâtre camerounais lui aussi, le docu s’appuie solidement sur les multiples rapports de l’ONU sur « Le pillage systémique et systématique du Congo-RDC ». Le duo s’est approprié le mandat octroyé au « Groupe d’experts de l’ONU » en 2000 pour la RDC et l’a appliqué à la réalité désespérément violentée de la Centrafrique voisine – avec des moyens de fortune, et tout à fait dépourvus de ses budgets, de ses expertises et de son autorité.

Contrairement aux multiples rapports de l’ONU sur la RDC, vivement combattus par les États et les grandes minières de l’OCDE, dont le Canada, et restés plutôt lettre morte, « Centrafrique, l’industrie de la rébellion » ne fait pas l’inventaire détaillé des «réseaux d’élite » engagés dans le pillage « systémique et systématique » de la République centrafricaine (RCA), et ne fournit pas de listes de multinationales et d’individus impliqués. Ce qu’il fait, c’est de descendre sur le terrain, de le sillonner, de faire parler quelques esprits braves et lucides qui osent encore parler « on camera », de clairement établir la géographie, l’histoire, la chronologie des putschs, des rébellions et des occupations étrangères, la diversité ethnique de ce pays grand comme la France, d’identifier les « acteurs » des rébellions, et d’en ramener des images bouleversantes dont il n’abuse pas.

C’est un témoignage circonstancié qui fait voler en éclats la propagande misérabiliste de nos médias et de nos États sur l’Afrique, sa violence, sa misère, dans un langage vrai, sans concessions et sans détours.

C’est un merveilleux exercice d’Africains décidés à voir clair et à comprendre les vrais enjeux de ces violences dites tribales, sectaires, religieuses, qui brutalisent et saignent l’Afrique sans fin – et ils arrivent à voir les marionnettistes qui tirent les ficelles dans l’ombre, qui s’enrichissent et qui consolident leur pouvoir…

Auvidec Média/Jooneed J Khan, journaliste et militant de droits humains www.antennesdepaix.org

Le 6 septembre 2016, le parlement britannique publiait un rapport concluant que la guerre de Libye a été « basée sur des mensonges, qu’elle a détruit le pays et a contribué à propager le terrorisme ».

Rien de nouveau pour les médias indépendants, qui, dès le début des troubles en Libye, affirmaient que cette « rébellion » était une autre arnaque visant à faire tomber un régime et qu’il ne s’agissait pas d’un soulèvement populaire pacifique réprimé dans le sang, comme tentaient de nous le faire croire les autorités gouvernementales occidentales et leurs médias traditionnels.

Pas étonnant que ces derniers aient passé le rapport britannique sous silence, puisqu’il confirme encore une fois qu’ils n’ont plus aucune crédibilité, du moins aux yeux de ceux qui s’informent dans les médias indépendants.

À l’instar de l’Irak, La Libye, considérée comme la Suisse de l’Afrique sous le règne de Kadhafi, a été détruite et transformée en havre du terrorisme par une intervention « humanitaire » de l’OTAN rendue possible grâce à la propagande médiatique.

Qui a tiré des leçons de ces deux guerres catastrophiques fondées sur des mensonges ? Personne, de toute évidence, puisque les médias nous refont le coup avec la Syrie, comme si leur crédibilité n’avait aucunement été entachée par des années de propagande de guerre. Qui peut encore croire que les médias disent la vérité en temps de guerre alors qu’il a été démontré à maintes reprises, seulement dans les 15 dernières années, qu’ils nous mentent ?

Ce qui se passe en Syrie depuis 2011 est malheureusement un triste « remake » de la Libye, de l’Irak et de bien d’autres pays victimes des interventions « humanitaires » occidentales aux conséquences atroces, sauf pour les banques et les multinationales qui s’y installent par la suite.

Déjà au 5e siècle av. J.-C., Sun Tzu, le premier stratège militaire du monde le disait : « La guerre a le mensonge pour fondement et le profit pour ressort. »

Comment se fait-il que l’on n’ait toujours pas compris cela 2500 ans plus tard ?

Auvidec Média/Julie Lévesque/journaliste et activiste/www.antennesdepaix.org

 

Avec leur résolution défaite par le veto russe samedi au Conseil de sécurité de l’ONU, les puissances de l’OTAN (EU, RU, France) avaient un but, et un seul : ouvrir la porte à un « No-Fly Zone » sur la Syrie. Le « No-Fly Zone » signifie qu’un État n’a pas le droit d’utiliser sa force aérienne sur son propre territoire! Attention : « No-Fly Zone » pour tout le monde sauf pour l’OTAN, qui en fait la demande à l’ONU! Un « mandat » de l’ONU n’est pas un besoin absolu pour l’OTAN de déclencher sa surpuissance aérienne. La preuve? L’OTAN a utilisé le prétexte « humanitaire » pour contourner l’ONU et bombarder la Serbie pendant 78 jours en 1999 – comme il peut aussi invoquer « la guerre à la terreur » ou encore « la guerre préventive »!

Un « mandat » de l’ONU, aussi indirect soit-il, est devenu une nécessité depuis que la Russie et la Chine ont mis leur double veto en 2011 à la volition de l’OTAN d’aller réaliser en Syrie une « Libye-Bis ».

La Russie et la Chine s’étaient abstenues sur l’Irak et la Libye – ce que l’OTAN, « vainqueure » auto-proclamée de la Guerre froide, a interprété comme caution à sa volonté d’imposer à la planète un « Ordre unipolaire » par la force. La résolution de l’OTAN bloquée le 8 octobre était soumise par la France avec le soutien du RU et des EU. Elle réclamait l’arrêt des hostilités à Alep, y compris des raids aériens, pour permettre l’envoi d’aide aux civils assiégés. Cette demande nie le droit souverain de la Syrie d’utiliser son aviation sur son propre territoire pour combattre l’agression soutenue par l’OTAN et consorts! Comme elle nie le droit de la Syrie souveraine de recourir à l’assistance aérienne de la Russie, et au soutien de la Chine et de l’Iran! Ces derniers pays insistent tous, sans compromis, sur les droits de souveraineté de la Syrie, droits garantis par la Charte de l’ONU, dont la Syrie est membre fondateur. Pilule encore plus amère à avaler pour l’Empire US/OTAN : avec leurs batteries de missiles anti-aériens S-300 et S-400, les Russes ont établi un « No-Fly Zone » de facto sur la Syrie, qui exclut les aviations de l’OTAN, et qui est fondé sur la Charte de l’ONU! D’où l’extrême danger d’une guerre directe entre l’OTAN et la Russie/Chine qui nous guette.

Le déchaînement barbare des puissances de l’OTAN et de leurs satrapies depuis la fin de la Guerre froide en 1989 est axé, lui, sur la négation de la souveraineté des États et sur le « droit d’ingérence » économique, commercial, politique et militaire des puissances de l’OTAN pour « changer de régime » à leur guise et en fonction de leurs intérêts!

Auvidec Média/Jooneed J Khan/journaliste et militant de droits humains www.antennesdepaix.org

À quelques jours des prochaines élections présidentielles françaises, les débats notamment sur la question de l'immigration ne font que monter en pression. Pas étonnant, cette question est la "bête noire" du Front National depuis la création du parti en 1972. Alors, à l'heure où les conflits politiques et autres guerres font fuir chaque jour des milliers de gens, le parti d'extrême droite lui, en profite pour rassembler de plus en plus de votants... Et ainsi le sujet se revoit encore une fois décerner le mauvais rôle parfait pour justifier la dégradation économique et sociale française subie ces cinq dernières années.

Tel un enfant : "Ce n'est pas de notre faute, mais celle des autres", Marine Le Pen, héritière du parti FN, pointe les étrangers du doigt, reprenant, dans une communication plus séduisante et moins agressive, la politique du "mauvais œil" de son père. Autrefois très redouté par la majorité des ressortissants français, le FN semble avoir fait l'objet d'une dédiabolisation qui pourrait aujourd'hui coûter très cher à bon nombre de la population issue de l'immigration.

Car Marine souhaite « fermer les frontières », sortir la France de l'Europe et surtout restreindre le droit d'entrée sur le territoire français à 10 000 immigrants par an, contre 200 000 recensés ces dernières années. Même combat pour la question du droit d'asile, qui lui se verrait limiter aux seuls cas qui « le justifient vraiment ». Et pourquoi tant ? Parce que selon Marine Le Pen, l’immigration en France aurait engendré «la perspective d’une guerre civile». Elle affirme même que «dans les années 2000, une partie des migrants et de leurs enfants est entrée en guerre contre la France».

Elle a la part belle, car elle apparaît comme la plus cruelle en matière de diffamation, mais son adversaire de la droite, M. Fillon, ne fait pas plus dans le coton... Sa mission : réduire l'immigration légale de la France au strict minimum. Heureusement, le sujet est controversé par les partisans de la "plus ou moins gauche"... Ainsi, celui "en marche", M. Macron, voit « l'immigration comme une chance » tandis que M. Mélenchon lui, rappelle réalistement que « l’immigration n’est pas un plaisir », confortant le sentiment de culpabilité de M. Hamon, selon qui la France n'aurait pas été assez à la hauteur avec les migrants.

Auvidec Média/Mélissa Le Royer www.antennesdepaix.org

Le message du pape François pour le 1er janvier 2017 commence par un souhait : « Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes. » En réalité, il s’agit d’un programme de conversion et d’action visant à transformer le « monde en morceaux » en une communauté humaine qui prend soin de la maison commune.

Tout comme l’encyclique Pacem in terris de Jean XXIII (1963) et le premier message de Paul VI inaugurant une Journée mondiale pour la paix, le 50e message papal pour la Journée mondiale pour la paix s’adresse à toutes les personnes de bonne volonté, de toutes traditions religieuses qui ont en commun la valeur de la compassion – ce qui rejoint les travaux de Karen Armstrong, historienne des religions.

Évoquant les souffrances causées par la violence des conflits, le Pape propose une stratégie qui a montré son efficacité avec le Mahatma Gandhi et Khan Abdul Ghaffar Khan dans la libération de l’Inde, avec Martin Luther King Jr contre la discrimination raciale aux États-Unis, et grâce à l’action de milliers de femmes dans le cas plus récent de la guerre civile au Libéria. Mais il surprendra plusieurs adeptes de la non-violence en proposant deux religieuses, Thérèse de l’Enfant-Jésus et Mère Teresa, comme modèles d’action non-violente. Est-ce une manière de dire que le travail pour la justice et la paix concerne toutes les voies spirituelles?

Le pape François prend soin de mentionner l’enracinement évangélique de la non-violence dans la conduite de Jésus envers ses ennemis, et dans sa promesse de bonheur aux artisans de paix. Il rappelle aussi que des milliers de chrétiens œuvrent dans des institutions locales et internationales dédiées à soulager les victimes, à résoudre des conflits et à promouvoir la construction de la paix.

Loin de surgir de nulle part, l’appel du pape prolonge une conférence tenue à Rome les 11, 12 et 13 avril 2016, organisée conjointement par le Conseil pontifical Justice et Paix et le mouvement Pax Christi International, avec le concours des promoteurs de justice et paix des congrégations religieuses d’hommes et de femmes. Intitulée « Non-violence et Paix Juste: contribution à la compréhension et à l'engagement catholique sur la non-violence », cette conférence s’est terminée par une invitation à mettre à jour l’enseignement social de l’Église catholique, soit d’abandonner la notion de guerre juste et de la remplacer par le concept de PAIX JUSTE, et d’inscrire la pratique de la non-violence comme outil de transformation des conflits.

C’est dans ce contexte qu’il faut entendre la finale du message de François: « En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune. »

Message intégral à lire sur : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/messages/peace.index.html

Auvidec Média/Gisèle Turcot, sbc/www.antennesdepaix.org

Les contestations anti-gouvernementales se traduisant en manifestations d’envergure sont monnaie courante en Afrique subsaharienne. L’Éthiopie n’en fait pas exception ces derniers jours alors qu’un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis une décennie, débuté en région oromo (centre et ouest), s’est étendu à la région amhara (nord).

Les organisations de défense des droits humains font état de plusieurs centaines de morts depuis fin 2015 au sein de la communauté oromo suite aux répressions violentes des manifestations. Cette communauté représente près du tiers de la population éthiopienne mais n’est presque pas représentée au gouvernent central. La communauté oromo conteste de plus en plus ouvertement ce qu'elle perçoit comme une domination sans partage de la minorité des Tigréens, issus du nord du pays.

L’Éthiopie est un des pays africains qui a connu une croissance économique très rapide durant la dernière décennie. Ce pays profite des enjeux géostratégiques de taille, du fait d’une stabilité relative de la fragile région de la corne de l’Afrique, ce qui lui permet de privilégier des partenariats internationaux en matière de développement et dans le domaine de la sécurité. Néanmoins, les populations des milieux ruraux sont encore en proie à la pauvreté. Le pays connaît également une croissance démographique galopante depuis 2001, si bien que les Nations Unies estiment que l’Éthiopie fera partie des pays les plus peuplés du monde en 2050.

Les manifestations de ces derniers jours démontrent que la démocratie est toujours mise à l’épreuve en Éthiopie, les principaux obstacles étant le contrôle par le gouvernement central des libertés individuelles, politiques et sociales dans un contexte où la citoyenneté, la politique et l’identité sont fondées sur une représentation ethnique.

Le risque d’implosion demeure réel en Éthiopie car une bonne portion de la population ne se sent pas représentée au niveau politique et revendique la distribution équitable des biens et services.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka, www.antennesdepaix.org

Le représentant spécial du Secrétaire général pour la République démocratique du Congo (RDC) a rappelé, le mardi dernier devant le Conseil de sécurité, que la mise en œuvre de l’accord politique du 31 décembre 2016, « qui ouvre de la façon la plus claire la voie à la tenue des élections », incombait en premier lieu à ses signataires.  « Aussi longtemps que le dialogue politique demeurera dans l’impasse, les tensions risquent de monter » dans le pays, a déclaré M. Maman Sidikou.

Jamais une session du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ne s’est intéressée de manière aussi particulière à la RDC. Le discours du chef de la mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a étalé ses craintes et ses espoirs face à la situation politique et sécuritaire que traverse ce pays.

En convoquant quelques personnalités de la majorité au pouvoir et des membres de la société civile, l’on peut se demander si le Conseil de sécurité de l’ONU ne se sent pas déçu du comportement qu’affiche la classe politique de la RDC. Il convient de souligner, à cette réunion du Conseil de sécurité, les moments forts du message du président de la conférence épiscopale du Congo (Cenco), Mgr Marcel Utembi. Ce dernier a déploré le « manque de volonté politique de la majorité au pouvoir et du rassemblement en vue de décrisper la situation politique actuelle ». Mgr Utembi demande à la communauté internationale de « maintenir, si pas d’accentuer les pressions sur les acteurs politiques en vue de résoudre leurs divergences».

Pendant ce temps, à Kinshasa, on s’interroge sur la fin annoncée des négociations directes. Après l'accord signé le 31 décembre dernier, l’arrangement particulier pourrait être signé dès le lundi 27 mars. C’est ce qu’a annoncé ce lundi 20 mars la Cenco, qui joue le rôle de médiateur dans les négociations. Les principales questions ne sont toujours pas réglées, notamment celle du mode de désignation du premier ministre ou bien celle relative à l’attribution de la présidence de conseil national de suivi de l’accord.

Face à plusieurs promesses non tenues, il est difficile de croire en la signature de ce document lundi prochain. Face à la détérioration de la situation qui pourrait entrainer le chaos, des congolais souhaiteraient que la présidence du comité de suivi de l’accord soit assumée par la Cenco.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka

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Donald Trump sera assermenté président US le 20 janvier seulement, mais il démontre déjà qu’il veut faire de la Russie un partenaire. Par contre, l’équipe sortante de Barack Obama, tout en contestant la victoire de Trump, intensifie la démonisation de la Russie – surtout après le revers militaro-politique US à Alep, le premier depuis le «triomphe US/OTAN» à la fin de la Guerre froide il y a 27 ans.

Ces différences d’approche envers la Russie ne sont contradictoires qu’en apparence. « There are many ways to skin a cat », maintient un vieux dicton de l’Oncle Sam. Ayant amplement humilié la Russie post-soviétique pour la voir resurgir, alliée à la Chine, et à la Syrie, avec ses premiers vetos à l’ONU en 2011 et sa puissance militaire en Syrie en 2015, l’Empire US aborde 2017 avec une équipe de rechange qui cherchera à asphyxier l’Ours russe en l’étreignant serré, très serré ! La question cruciale est : Vladimir Poutine verra-t-il dans le jeu US/OTAN ou tombera-t-il dans le panneau ?

L’Occident a de tout temps exercé un puissant attrait sur la Russie, sur ses élites cis-Oural notamment. Et l’Occident a produit de grands convertis au soviétisme, au plan de partis communistes comme au niveau de grands artistes et écrivains. Si bien que l’Occident a « géré » la Russie post-soviétique par des promesses de rapprochement avec l’OTAN et l’UE, alors même qu’il poussait l’OTAN jusqu’à ses frontières et humiliait les Russes en fracassant l’ex-Yougoslavie socialiste en six États ethno-capitalistes. La nouvelle Russie de Poutine semble avoir fait son choix : l’alliance avec la Chine, l’Asie centrale, et le reste de l’Asie, avec l’Amérique latine – et désormais avec le Moyen-Orient anti-impérialiste.

Ce choix semble stratégique et non tactique : Poutine, qui s’efforce à reconstruire la Russie sur ses bases agricoles, voit les vrais projets du 21è siècle en partenariat avec la Chine, l’Inde, l’Iran –  même avec l’OPEP où la Russie et le Mexique non-OPEP viennent de s’étendre pour réduire la production et accroître les revenus pétroliers. Et il voit bien que ces nouveaux projets sont en train d’accélérer le déclin de l’hégémonie occidentale.

Auvidec Média/Jooneed J Khan (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) journaliste et militant de droits humains/www.antennesdepaix.org 

Le plus récent contrat d’aide militaire entre les États-Unis et Israël illustre bien le phénomène des portes tournantes de l’économie de guerre. Les États-Unis accordent à Israël 38 milliards de dollars que l’État hébreu devra dépenser en grande partie chez les fabricants d’armes étasuniens, les grands gagnants dans cette entente record.

CNBC rapportait qu’une « portion significative de l’aide devrait servir à moderniser [l]a force aérienne [israélienne] avec des F-35 de Lockheed Martin ». Cette condition d’aide n’est sûrement pas le fruit du hasard.

Au sein de l’industrie de la défense aérospatiale, Lockheed Martin se trouve au sommet des contributions aux deux principaux partis politiques en 2015-2016 : 1 250 285 $ US aux démocrates et 1 909 436 $ US aux républicains pour un total de 3 775 785 $ US. À lui seul, le lobby de la défense aérospatial a dépensé plus de 38 millions en 2016 et au-delà de 74 millions en 2015.

Cela peut sembler bien mince comparativement à d’autres industries, toutefois l’industrie de la défense dans son ensemble est reconnue pour être très influente.

Cette influence s’explique en grande partie par le phénomène des portes tournantes. Par exemple, sur les 363 lobbyistes de la défense aérospatiale enregistrés en 2016, 243, soit 66,9 %, avaient déjà travaillé pour le gouvernement fédéral, le gouvernement local ou le secteur privé.

Citons deux exemples probants. Gwen Brown, aujourd’hui au service de Lockheed Martin, a travaillé pour le gouvernement fédéral de 1976 à 2001. De 1995 à 2001 elle occupait un poste au département de la Défense. Avant de se joindre à Lockheed Martin en 2009, Melvin Dubee, était directeur adjoint du Select Intelligence Committee du Sénat de 2000 à 2009. Ce comité est responsable de la supervision des agences de renseignement. Il est évident que ces deux lobbyistes possèdent non seulement d’excellents contacts au sein de l’appareil gouvernemental, mais détiennent aussi des informations privilégiées pouvant être fort utiles à leur employeur actuel.

C’est entre autres par ce système de portes tournantes que se perpétue l’économie de guerre des États-Unis. En ce qui a trait à Israël, Benjamin Nétanyahou a déclaré l’an dernier à la Knesset : « On me demande si nous vivrons toujours par l’épée. Oui. »

Si cette déclaration montre clairement que Nétanyahou n’est pas un partenaire pour la paix, il indique simultanément qu’il est un partenaire fiable pour Lockheed Martin et l’industrie de l’armement.

Auvidec Média/Julie Lévesque, journaliste et activiste pour www.antennesdepaix.org

L’organisme Antennes de paix a profité de la Journée internationale des femmes, le  8 mars dernier, pour faire connaître le parcours d’une fervente artisane de paix. Établie maintenant à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, Pétronille Vaweka demeure à ce jour la seule Congolaise ayant agi comme médiatrice pour la paix face à des chefs de guerre, puis comme députée du gouvernement de transition appelée à instaurer les services essentiels à la vie et à la paix.

Travailleuse humanitaire et mère de famille, Pétronille Vaweka Rutaya est l’une de ces médiatrices qui s’est engagée pleinement pour rétablir la paix en Ituri, district situé au Nord-Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Pendant sept ans elle a mené avec succès des négociations avec des chefs de groupes armés qui terrorisaient la population. Nous avons voulu nous approcher du parcours aussi inattendu que périlleux de cette femme reconnue  « experte en gestion des conflits à la Coordination nationale de Stabilisation et Reconstruction (STAREC) en République Démocratique du Congo ».

Du 6 au 15 février 2017, Pétronille était l’invitée principale de la Semaine de la paix organisée au Québec par Pax Christi Montréal sur le thème « Médiation, démocratie: une voix vers la paix! Le cas de la République Démocratique du Congo ». Interrogée sur comment elle obtenu que des combattants déposent les armes et changent d’orientation, Pétronille Vaweka répond :

« J’ai dû commencer par faire un grand effort sur moi-même pour changer ma manière de voir ces hommes. J’avais devant moi des violeurs, des tueurs qui employaient toutes sortes de moyens en menant cette guerre. Je devais arriver à les voir non pas comme des ennemis mais comme des êtres humains. Alors ils se sentaient respectés comme êtres humains malgré tout le mal qu’ils avaient commis. Ce travail intérieur m’a coûté beaucoup, il était essentiel ».

À la question de savoir d’où elle puise cette force pour construire une paix durable, madame Vaweka répond :

« Dans toutes les guerres, les femmes se signalent par leur abnégation, leur travail, leur amour. Je n’y fais pas exception. Dans ma jeunesse j’ai fait partie des premiers enfants noirs à fréquenter l’école des Blancs. Nos parents nous ont appris à rester fiers de notre identité. J’ai eu la chance de vivre dans une famille croyante, très active dans la communauté chrétienne. La foi en Dieu permet de tenir, d’oser et d’avancer. Quand je crois, je crois! Je m’accroche. Parfois c’est la tempête et je dis : regarde, je suis dans la barque… et tu dors! Quand je Lui parle, j’attends une réponse. En acceptant de faire la redoutable médiation j’ai demandé deux choses : ne jamais voir de cadavre et que mes enfants soient protégés. Et cela m’a été accordé».

Pour lire l’entrevue de Pétronille dans son intégralité :

https://antennesdepaix.org/2017/03/08/petronille-vaweka-rutaya-mediatrice-pour-la-paix/

Auvidec Média/www.antennesdepaix.org

Le procès de Dominic Ongwen, un ancien commandant au sein de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA, pour 'Lord's Resistance Army'), un groupe rebelle qui opérait au nord de l’Ouganda, a débuté le mardi, 6 décembre dernier, à la Cour pénale internationale (CPI). Ongwen est accusé sur quatre points de crimes de guerre (meurtre, traitement cruel de civils, attaque intentionnelle contre une population civile et pillage) et sur trois points de crimes contre l'humanité (assassinat, asservissement et actes inhumains causant des blessures corporelles graves et de la souffrance).

Enlevé par la LRA à l’âge de 10 ans, Ongwen est vite devenu le protégé de Joseph Kony, le leader rebelle, fut forcé d’être témoin et de perpétrer des actes  de violence extrême. Son procès constitue le premier cas devant la CPI dans lequel un conscrit est accusé des mêmes crimes que ceux dont il était lui-même victime. Les juges de la CPI devront trancher s’il peut être considéré comme légalement responsable de ces crimes alors qu’il a d’abord été victime. Interrogée par Le Monde.fr, Isabelle Guitard, directrice des programmes au sein de l’organisme Child Soldiers International, estime que le passé de Ongwen n’est pas une défense en soi : « Beaucoup de criminels ont été des victimes à un moment donné et l’on ne peut exclure toute responsabilité criminelle sur cette base, mais ce statut d’enfant soldat pourrait être pris en compte au moment de la détermination de la peine, s’il devait être jugé coupable. »

Dans la région du Nord de l’Ouganda, Ongwen n’est pas un paria. Plusieurs anciens enfants soldats réintégrés dans la communauté manifestent leur sympathie à cet accusé sui generis de la CPI. Comme Ongwen, ils avaient été forcés de commettre des atrocités et certains d’entre eux blâment le gouvernement du manque de protection adéquate, jadis, à leur égard. Même certaines victimes des crimes de la LRA sont en accord avec cet argument. Sarah Angee, dont les parents et membres de famille furent tous tués après une attaque de la LRA, affirme ce qui suit à la Integrated Regional Information Networks (Réseaux d'information régionaux intégrés) des Nations-Unies : « En tant que victime et survivante, j'ai accepté de pardonner à Ongwen pour les atrocités et les souffrances qu'il a causées (…). Enfant soldat, il a été enrôlé et endoctriné pour tuer, mutiler, violer des femmes, attaquer des camps, enlever des enfants et d'autres horribles atrocités.»

Les sentiments envers Ongwen sont donc mitigés et marqués par des expériences personnelles. Qu’en sera-t-il du verdict de la CPI?

Auvidec média/Ferdinand Djayerombe Vaweka/www.antennesdepaix.org

Depuis l'annonce de la signature des accords de paix et du cessez-le feu bilatéral entre les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie- Armée du Peuple) et le gouvernement de Santos,  entre le 26 août et 11 septembre, les paramilitaires ont augmenté les menaces et les assassinats des leaders communautaires agricoles, miniers, indigènes et des droits humains, et ce, dans différentes régions du territoire national.

Les organismes des droits humains ont mené un processus de lutte contre l’impunité, exigeant du gouvernement la vérité, la justice, la réparation des victimes et la garantie de non répétition. Ce travail confronte l’État, ce qui fait en sorte que ces organismes, injustement accusés d’appartenir aux FARC ou à d’autres guérillas, deviennent la cible des paramilitaires.

Tous ces douloureux événements ne font qu’affirmer le scepticisme de beaucoup de Colombiens quant aux accords signés par les FARC  et le gouvernement. Cependant, ils voient ces accords comme le minimum qu’ils peuvent faire pour contribuer à la paix du pays. D’un côté, Ils constatent que les accords n'impliquent pas la société civile et considèrent que la paix doit relever de changements réels pour le pays. Ils sont conscients que la paix est très difficile à construire, car les guérillas sont nées comme conséquence de la violence étatique qui est reflétée par l’injustice sociale, le manque d’opportunités pour tous, la mauvaise distribution des terres et des revenus, ainsi que la corruption au sein du gouvernement. De l’autre côté, ils pensent que les accords peuvent être le début d’un processus pour construire une paix stable et durable.  

Ainsi, le point où sont rendues les négociations pour la paix,  représente tout un défi pour les colombiens. Ce dernier, peut devenir une opportunité pour améliorer la situation du pays ou voir se dégrader davantage le conflit armé. Cela explique l’importance de la décision que les Colombiens vont prendre le dimanche 02 octobre 2016, lors du référendum. Ils devront guider leur décision par des sentiments de réconciliation, d'amour et d'espoir pour contrer la haine et la division que quelques-uns veulent semer dans leurs cœurs afin de profiter de la guerre.

En savoir davantage :

http://pasc.ca/fr/article/assassinat-le-11-septembre-dun-leader-communautaire-du-cesar-en-colombie

http://www.usip.org/olivebranch/2016/09/09/colombian-rebels-government-push-moves-ahead-of-vote

Auvidec Média/Gloria Elizabeth Villamil, pour www.antennesdepaix.org

Une nouvelle vague de xénophobie balaie l’Afrique du Sud. Comme d’habitude, des Sud-africains en colère contre des « voleurs de jobs » ciblent les commerces et les quartiers d’autres Africains, et aussi d’Asiatiques. Les grandes victimes cette fois sont des Nigérians, dont 116 au moins ont été tués en deux ans, et 97 ont été expulsés cette semaine sous des accusations de crimes et irrégularités divers.

Des Zimbabwéens, des Somaliens, des Éthiopiens, des Indiens et des Pakistanais sont aussi ciblés et attaqués, leurs logements incendiés, leurs commerces saccagés. Mais ce sont les Nigérians surtout qui font les frais de la xénophobie résurgente, une explosion de furie dont les meneurs ne semblent guère intéresser les grands médias toujours aux mains de la toute-puissante minorité blanche.

Budget de l’Apartheid économique

Coïncidence? Les nouvelles violences xénophobes ont éclaté dans la foulée d’un budget néo-libéral que le ministre des Finances Pravin Gordhan a eu le culot de décrire comme « progressif et redistributif » - et qui pourtant alourdit le fardeau fiscal déjà onéreux des travailleurs, fait la part belle au secteur privé, aux corporations et aux capitalistes (blancs et noirs), et exacerbe encore les inégalités explosives du pays. C’est l’Apartheid économique en action.

Quand l’Apartheid politique régnait encore sur l’Afrique du Sud, le régime laissait libre cours aux milices de l’Inkatha pour attaquer les militants de l’ANC, et s’en lavait les mains en parlant de « Black on Black violence ». Maintenant, c’est l’Apartheid économique qui y prédomine – avec la complicité active de nouveaux millionnaires noirs du régime ANC!

Dans cette gestion de classe menée par des Noirs pour se remplir les poches, mais surtout pour le bonheur des grandes sociétés blanches et de la finance globalisée, le « Black on Black violence » a un nouveau visage : celui du repli nationaliste et chauvin contre les « immigrants étrangers ».

Comme au Québec, au Canada et aux États-Unis, l’austérité imposée par le néo-libéralisme et les inégalités sociales qu’elle aggrave trouvent leur soupape dans la xénophobie et le racisme exacerbés, et non pas, du moins pas encore, dans la lutte des classes…

Auvidec Média/Jooneed J Khan, journaliste et militant de droits humains

www.antennesdepaix.org

La mort de Fidel Castro a suscité une vague de sentiments se situant parfois aux antipodes. Le président bolivien, Eva Morales, a déploré l’attitude de ceux qui ne parviennent pas à reconnaître la contribution de Fidel Castro au monde quand il dit : « Dans le système capitaliste, quand Fidel meurt, on fait la fête (…);  le meilleur hommage est de continuer à identifier les ennemis intérieurs et extérieurs des gouvernements progressistes ».

Le président des États-Unis Barack Obama, pour sa part, a tenu à exprimer son « amitié au peuple cubain » en affirmant : « L'Histoire jugera de l'impact énorme de cette figure singulière sur le peuple et le monde qui l'entoure ». Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué ce «leader plus grand que nature» qui a «consacré près d'un demi-siècle au service du peuple cubain». Monsieur Trudeau nuancera par la suite ses propos pour correspondre à ce que l’establishment veut entendre de lui.

Du côté des organismes de défense des droits humains, il convient de mentionner la position de Human Rights Watch  qui dénonce le fait que Fidel Castro a mis en place un système répressif qui punit toute forme de dissidence, léguant ainsi à son pays un sombre héritage qui perdure même après son décès. Cette position est partagée par la plupart des médias et l’opinion publique de l’Occident.

Par ailleurs, en faisant une lecture comparative du Rapport 2006 d’Amnesty International, le journaliste français Salim Lamrani relève que le résultat de la comparaison avec les autres pays démontre que les droits humains sont mieux respectés au Cuba qu’ailleurs ! Les violations à Cuba sont non seulement moins nombreuses, soutient-il, mais aussi moins graves: on ne relève aucun cas d’assassinat politique à Cuba, ni d’exécution extrajudiciaire, aucun déplacement forcé, aucun cas de torture, aucun syndicaliste assassiné, aucun cas de disparition forcée, aucun massacre de paysans, aucun viol commis par la police, pas d’esclavage, pas d’assassinat d’enfants, etc., etc. Autant de crimes qui figurent dans les rapports des autres pays du continent (Colombie, Brésil, Mexique, Bolivie) http://www.investigaction.net/Un-journaliste-place-Cuba-sur-le/

Fidel Castro aura appris à toute l’Amérique Latine comment résister à l’impérialisme étatsunien. Les mouvements indépendantistes africains se souviendront longtemps de l’appui reçu de Fidel Castro dans leurs luttes. Fidel n’a-t-il pas si bien dit dans son allocution du 19 avril 2016, un vrai discours d’adieu : « … les idées des communistes cubains resteront ».  L’on s’en souviendra! L’amitié qui s’est développée entre Cubains et Québécois durera elle aussi.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka/www.antennesdepaix.org

Haïti doit débourser 55 millions de dollars US pour élire le président ou, plutôt, le superviseur des intérêts étrangers dans le pays. Les haïtiens sont au bout du gouffre. On ne peut plus taire le fait que les véritables bénéficiaires de la corruption des potentats d'Haïti aient été les banques européennes. À ce propos d'ailleurs, les banques suisses n'ont toujours pas restitué à Haïti le butin des Duvaliers qu'elles gardent en recel et qui permet de financer leurs programmes sociaux pour le bien être des leurs, au détriment des haïtiens.

Il y a effectivement un énorme problème de dépendance dans le modèle démocratique suggéré et imposé par les prétendus partenaires au développement d'Haïti et des pays du tiers monde en général. Un modèle démocratique qui mine les pouvoirs du président élu, l'empêchant de choisir son cabinet dans un bref délai comme c'est le cas en Haïti, est un modèle rétrograde, inefficace, découlant d'une pernicieuse volonté de maintenir le pays dans de perpétuelles crises politiques. Le puissant contre-pouvoir dont jouit le pouvoir législatif haïtien est utilisé de travers. Il aboutit à un perpétuel recommencement, sans succès.

Emprunter 50 millions de dollars pour organiser des élections dans un pays où l'économie est paralysée par un chaotique réseau routiers, nuisant aux activités des producteurs locaux qui ne peuvent acheminer leurs produits vers les différents marchés, équivaut à sculpter dans les nuages. Un documentaire français allègue qu'il faut plus de 24h pour un camionneur afin de parcourir 80 KM. Au Canada et partout ailleurs dans les pays développés, cette distance se parcours en moins d'une heure. Les 55 millions de dollars débloqués par les partenaires au sous-développement viennent alourdir la dette d'Haïti, sans oublier que cet argent retourne dans les caisses des pays bailleurs. Il sert à rémunérer les observateurs électoraux, à imprimer les bulletins de vote et le reste du matériel électoral.

Le modèle singapourien de Lee Kuan Yew, qui s'est sorti du sous-développement en 3 décennies, reste un retentissant désaveu du modèle imposé à Haïti, à l'Afrique. On prétend lutter contre les abus en imposant un mandat de 5 ans non renouvelable. C'est un leurre aux yeux de Lee Kuan Yew. N'en déplaisent aux détracteurs de la Chine, le modèle de partenariat qu'elle propose est à prendre au sérieux. Ce modèle vient de permettre au Nigeria de se doter du premier TGV de l'Afrique de l'ouest. La Chine importe en Afrique les inventions européennes pendant que nos partenaires traditionnels, de leurs côtés, préfèrent financer des guerres civiles. Apparemment, il y a des affaires d'or dans le désordre. C'est ce que soutien Global Witness à propos de la république Centrafricaine. Je veux lever mon chapeau à ces personnes physiques et morales qui sont en Haïti pour aider les haïtiens.

Auvidec Média/Goikoya Kolié/www.antennesdepaix.org

Du 8 au 15 février, l’organisme Pax Christi Montréal /Antennes de paix, en collaboration avec plusieurs de ses partenaires, a organisé diverses activités dans le cadre de sa semaine de la paix. La Semaine de la paix est une tradition du réseau Pax Christi International, le mouvement catholique international pour la paix. Le principe est de rassembler, en une semaine symbolique au courant de l’année, diverses activités autour d’un même thème, et ce, dans plusieurs endroits d’une région. Cette année, les activités ont été organisées en solidarité avec la République Démocratique du Congo (RDC) qui est à un moment important dans sa marche vers la démocratisation.

De nombreux citoyens et citoyennes du Québec venus à nos activités publiques ont pu entendre, entre autres, les propos de madame Pétronille Vaweka Rutaya, experte en gestion des conflits à la Coordination Nationale de Stabilisation et Reconstruction (STAREC) en République Démocratique du Congo (RDC). Lors de deux conférences qui ont eu lieu à Montréal respectivement le 8 et le 10 février, Madame Vaweka et Denis Tougas, ancien coordonnateur de la Table de concertation sur la région des Grands Lacs africains, ont mis en exergue  les rôles que jouent les acteurs qui s’investissent dans la fabrication de la paix en RDC, notamment les ONG, les individus charismatiques et réseaux confessionnels, particulièrement l’implication actuelle de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) qui réunit les Évêques catholiques.

À Gatineau, au siège de l’organisme « Le Dépanneur Sylvestre», le public a été ému par le bouleversant témoignage de Pétronille Vaweka, mère de famille et travailleuse humanitaire. Pétronille avait été appelée à servir de médiatrice entre des groupes armés pour mettre fin à la guerre qui sévissait dans sa région, l’Ituri. Éloignée de sa famille, au milieu des combats, des appels à l’aide venant des femmes victimes de vols et de viols, elle a trouvé la force de travailler sans relâche à la poursuite de la paix.

La semaine de la paix s’est conclue avec une conférence à l’Université Laval, en partenariat avec le groupe universitaire d’Amnistie internationale. A cette occasion, Pétronille Vaweka et Gaston Mumbere, auteur et initiateur du mouvement Paix au Congo, ont fait état de la situation actuelle afin de mieux aborder les méthodes efficaces de médiation, qui viennent combler le vide laissé par l’inefficace diplomatie traditionnelle. Madame Vaweka a partagé son expérience de médiation en RDC de 2003 à 2008, travail qui avait permis de faire cesser les violences de façon pacifique et durable.

Pax Christi Montréal /Antennes de paix est un organisme québécois, membre de Pax Christi International, et dont la mission est  de contribuer, avec d’autres, à promouvoir la culture de la paix et de la non-violence par des activités d’éducation et de sensibilisation qui favorisent le vivre-ensemble dans le respect de la diversité.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka www.antennesdepaix.org

Le Canada a une occasion en or de renouer avec son identité historique d’État médiateur dans le monde avec l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Le fera-t-il?

La configuration finale de la future administration Trump ne sera pas connue avant deux mois. Les revirements en cours de Trump par rapport à ses divers engagements électoraux de droite, d’extrême droite même, ajoutent à l’incertitude. Mais un thème sur lequel le président-élu maintient le cap, c’est sa volonté de renouer le dialogue avec la Russie, la Chine, voire la Syrie, et d’adopter un multilatéralisme ouvert dans la conduite de la politique étrangère et de défense US.

Le Canada dans les guerres d’agression de l’OTAN

Depuis la fin de la Guerre froide en 1989, le Canada s’est enlisé dans les guerres d’agression de l’OTAN urbi et orbi pour imposer par la force un Ordre mondial unipolaire sous la houlette des États-Unis. Maintenant que Trump veut tourner le dos à cette stratégie, qu’il juge que ces guerres unilatérales ont trop duré et coûté trop cher, et qu’il privilégie la reconstruction des USA à l’intérieur, le castor canadien va-t-il continuer d’être plus royaliste que la reine?

L’Establishment US, qui a plus d’une corde à son arc, avait misé sur Hillary pour pousser plus loin les guerres des Bush, Clinton et Obama. Ayant perdu, il en tire les enseignements et s’active désormais à rajuster le tir, sachant que les USA sont en crise et profondément polarisés.

L’Ordre multipolaire se bâtit sans guerre et hors-OTAN

Comme Trump, l’Establishment US sait que malgré le bruit et la fureur des guerres d’agression de l’OTAN depuis les Balkans jusqu’au Moyen-Orient, via l’Afrique, un Monde multipolaire émerge en Eurasie et en Amérique du Sud.

La ploutocratie US et ses alliés globaux savent aussi que ce sont les mégaprojets eurasiens de nouvelles « Routes de la soie » qui sont les plus porteurs en ce 21è siècle. Au Canada d’occuper la place « naturelle » qui l’attend dans cette mouvance multipolaire. Un transfert de dépenses militaires vers les programmes sociaux et le Développement des Premières nations en serait l’un des effets les plus positifs.

Auvidec Média/Jooneed J Khan, journaliste et militant de droits humains

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Le Gabon connaît depuis quelques jours une crise post-électorale. Malgré les appels au calme lancés par la communauté internationale, la tension perdure à Libreville depuis le lendemain de l’annonce des résultats proclamant Ali Bongo vainqueur de l’élection présidentielle. L’on déplore plusieurs morts et plusieurs blessés. Les deux camps revendiquent chacun la victoire du scrutin du 27 août dernier. Le pouvoir en place s'oppose au recomptage des bulletins de vote et en particuliers ceux de la province du Haut-Ogooué, car, dit-il, «cela n’est pas prévu par la loi». En 2009 déjà, l’élection d’Ali Bongo était contestée et avait donné lieu à des émeutes à Port-Gentil, le poumon économique du Gabon. Cette fois-ci, Bongo fait face à l’union de l’opposition gabonaise appuyée par la population et qui refuse de se voir confisquer son pouvoir.

La manipulation électorale s’est passée au grand jour à l’ère des réseaux sociaux. Pour un pays qui compte quelques 600 000 électeurs, l’on peut se demander pourquoi il fallait 4 jours pour parvenir à proclamer les résultats. L’ajustement électoral du Haut-Ogooué, fief du président sortant, a amené à la dernière minute des chiffres qui, tout à coup, ont inversé les résultats. Dans un pays d’à peu près 1 800 000 habitants, dont 620 000 électeurs répartis dans 9 provinces, 8 provinces ont voté avec des résultats incontestés qui donnent au total une avance de 60 000 suffrages au challenger Jean Ping. Le taux d’abstention à l’échelle nationale étant supérieur à 40%, il relève presque de la magie de soutenir les résultats proclamés qui accorderaient 95% au candidat choisi dans le Haut-Ogooué, ce qui suppose une participation supérieure à 99.5% et un taux d’abstention inférieure à 1% dans le fief d’Ali Bongo. Par ailleurs, le camp de ce dernier accuse son challenger d’avoir également bourré les urnes. Dans certains secteurs il aurait fait plus de 100% de voix.

Force est de souligner le silence des autres chefs d’États de la région qui, sans doute, se réservent de toute critique, d’une part se sachant également dans une situation de démocratie dont la crédibilité est douteuse, d’autre part par peur de l’émergence d’un Jean Ping local dans leurs propres pays.

Face à l’impasse gabonaise, la médiation est une bonne option. Néanmoins, en tenant compte du silence actuel des leaders africains, l’on pourrait craindre que les acteurs impliqués dans les efforts de médiation éventuelle ne se limitent qu’à condamner sans se prononcer sur la source profonde de la crise (électorale) gabonaise.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka/ www.antennesdepaix.org

La situation en République Démocratique du Congo (RDC) devient de plus en plus préoccupante depuis l'impasse dans le dialogue entre les parties prenantes politiques sur les modalités de mise en œuvre de l'Accord politique du 31 décembre 2016. Six semaines après avoir convenu des modalités de gestion de la période de transition devant conduire à la tenue d'élections paisibles et crédibles en décembre 2017, les parties n'ont toujours pas conclu les discussions sur la mise en œuvre effective de cet Accord. Cette situation porte en elle le risque de saper la volonté politique qui a permis la signature de l’Accord du 31 décembre. Le contexte actuel fait entrevoir un manque de bonne foi de toutes les parties prenantes, y compris la Majorité présidentielle et l'Opposition, malgré les efforts vains aux fins de parachever les pourparlers en cours.

La disparition d’Etienne Tshisekedi, figure emblématique de l’opposition en RDC,  vient accentuer le blocage. Le sort de sa dépouille alimente des controverses entre ses proches et l’État congolais, traçant une sombre perspective pour le Congo-Kinshasa, si rien n’est fait.

À l’heure actuelle, on est encore en train de discuter de la problématique du leadership du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement après la disparition de Tshisekedi, de la désignation du Premier Ministre et, enfin, de l’épineuse question du partage des ministères de souveraineté. Le décès d’Étienne Tshisekedi paralyse le dialogue inclusif suite au fait qu’il était à lui seul un homme-orchestre tant au sein de son parti politique (Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS en sigle), au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement qu’au sein même de l’Opposition.

Par ailleurs, plusieurs cas d’insécurité enregistrés dans certaines villes du pays font craindre que la situation ne se répande dans d’autres provinces non encore affectées. A titre d’exemple, on peut citer des massacres en série à Beni dans le Nord-Kivu, des accrochages récurrents avec mort d’hommes entre les miliciens du chef coutumier Kamuina Nsapu et les forces de l’ordre dans le Kasaï Central, des échauffourées dans le Kongo central avec les adeptes de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo, des conflits interethniques entre les Pygmées et les luba dans l’ex-Katanga. Hormis les diverses milices et groupes armés qui pullulent dans le Grand Kivu, la situation sécuritaire est au bord de l’explosion. Il y a lieu de craindre un effet contagion à l’échelle nationale.

Il est nécessaire pour toutes les parties de se mobiliser en appui aux efforts de médiation menés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), car la mise en œuvre intégrale et rapide de l'Accord est essentiel à la préservation de la légitimité des institutions de transition jusqu'à la tenue des élections.

Auvidec Média/Ferdinand Djayerombe Vaweka www.antennesdepaix.org

Le 2 octobre passé a eu lieu le référendum convoqué par le gouvernement colombien pour approuver les accords de paix entre la guérilla des FARC et le gouvernement de Juan Manuel Santos pour mettre fin à une guerre sanguinaire depuis plus de cinquante ans. Il est important de préciser que les Colombiens ont été interrogés pour déterminer s’ils appuyaient ou non les accords signés, mais pas pour savoir s’ils voulaient ou non la paix.   

Pourtant, le fait surprenant c’est que les résultats ont mis en cause ce texte visant à terminer le conflit. Le « Non » (50,21%) l’a emporté par une petite marge de différence par rapport au «Oui» (49,79%). Par conséquent, le processus de paix est plongé dans l'incertitude. Ce résultat est l’issue directe d’une campagne de désinformation et de manipulation exercée par un secteur de l'extrême droite belliciste, dirigé par l'ancien président et actuel sénateur Alvaro Uribe Velez. Il s’agit d’une élite qui veut à tout prix préserver ses privilèges dans l'impunité absolue alors que les causes du conflit restent intactes. La concentration de la richesse dans quelques mains, la pauvreté et l'exclusion sociale, le manque d'opportunités, les besoins de base non comblés et la criminalisation de la protestation face aux demandes du peuple sont les caractéristiques du modèle dominant. Cette situation rend le pays le plus inégal des Amériques et le classe au 19e rang sur 188 pays dans le monde.

Face à cette réalité et depuis le résultat du plébiscite, le pays connait des mobilisations des secteurs divers de la population principalement des étudiants, des défenseurs de droits humains, et des victimes de différents acteurs du conflit. Ces manifestations ont comme but de demander au gouvernement de ne pas laisser mourir les accords en présentant quelques propositions à implanter le plus vite possible et pouvoir ainsi surmonter l’incertitude actuelle. Ce mouvement a donné un nouvel espoir au processus de paix, notamment grâce aux demandes inspirées des victimes qui font preuve de pardon et réconciliation sans renoncer aux droits à la vérité, à la justice et à la réparation. 

Auvidec Média/Gloria Villamil/www.antennesdepaix.org