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Le pain qui fait vivre

Toute vie humaine est un pèlerinage, un chemin, un passage. Que l'on marche seul ou en couple, la route est longue et ponctuée d'obstacles. À certains moments, nous aimerions mieux nous arrêter au bord du chemin et pleurer de désespoir. Pour repartir et bien tenir le rythme, il y a Jésus, « le pain vivant qui est descendu du ciel » (Jn 6, 51). Ce n’est pas magique, mais ça dynamise. Son message est clair : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » (Jn 6, 51).

Nous disons alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours » (Jn 6, 34). Parfois, c’est le scandale, le drame, et nous doutons : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger » (Jn 6, 52)? Pourtant, c’est à l’Eucharistie que tout nous est donné pour « repartir du Christ ». Il est le vivre et le couvert, la parole et le silence, le chemin et l’espérance. Qu’il est grand ce mystère de la foi : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle; et moi je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54).

Avec la solennité du Corps et du Sang du Christ, appelée aussi la Fête-Dieu, nous prenons conscience de l’importance de l’Eucharistie qui nous introduit dans la vie même de Dieu. Quelquefois, il nous arrive d’y participer la tête pleine de préoccupations, le cœur sec, les mains vides. Nous nous unissons tant bien que mal au sacrifice du Christ. Qu'importe, puisqu'il nous prend à sa table tels que nous sommes. Il nous sert lui-même son pain qui fait vivre. Il nous héberge dans sa vie. Nous devenons « eucharistie », écrivait le poète Patrice de La Tour du Pin.

Ce pain vivant descendu du ciel change celui qui le mange, sans qu'il s'en aperçoive. C'est le corps du Christ livré pour la vie du monde. Il rend notre cœur affamé d'amour, à l'image du cœur de Dieu qui brûle de se communiquer à tous. Ce pain unit la terre et le ciel, l'enfant et Dieu. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui » (Jn 6, 56). Ayant participés à ce repas pascal, nous sommes un même corps avec le Christ, nous devenons des « Christophores », c’est-à-dire des porte-Christ pour la vie du monde.

Le pain est meilleur lorsqu'il est partagé. Tel le pain vivant rompu en Église. Il nous fait vivre de la vie même de la Trinité. S'il est le pain des anges, il est surtout le pain des pauvres. Il y a assez de blé sur la terre pour que le corps de Dieu ne manque à personne. À nous de semer le bon grain dans le champ du monde. Durant cet été, tenons maison ouverte et table offerte!

Voir le site et le blogue : www.jacquesgauthier.com

Auvidec Média/Jacques Gauthier

 

Réflexion sur Jean 6, 51-58

L’Hostie m’offre d’être Hostie

L’Eucharistie nourrit ma foi, mon amour, en plénitude,

si j’écoute Jésus-Christ dans mes prières avec gratitude,

et le touche en ma charité offerte ; je t’ouvre un demain ;

à mon tour, je deviens une Hostie, t’aide à être plus humain.

Le don des larmes

Je suis face au christ, un tabernacle en adoration ;

dans l’Eucharistie, je m’abandonne à Sa Présence réelle ;

Elle me convertit, et m’offre à vivre une transfiguration ;

durant une poignée de secondes, des larmes de joie ruissellent.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Qui sommes-nous pour être si follement aimés?

Dieu aime le monde! Tellement! Il donne son Bien-aimé pour qu’il soit son «je t’aime» sur toute route humaine, à toute plage du temps, dans toute langue! Il le donne aux mendiant-e-s de tendresse, aux personnes qui n’en peuvent plus d’être jugées, condamnées même, dans un univers pourtant «rempli de son amour»!  Il le donne aux pauvres, aux riches! Aux poqués de l’existence! Aux impeccables aussi! Le Dieu de l’Univers que nous prions ne sait que respirer en: «Je t’aime»!

«Je t’aimais. Je t’aime. Je t’aimerai. Il ne suffit pas d’une chair pour naître. Il y faut aussi cette parole. Elle vient de loin… Ce n’est pas nécessaire de connaître la Bible  pour l’entendre. Ce n’est pas nécessaire de croire en Dieu pour être vivifié par son Souffle. Cette parole imprègne chaque page de la Bible, mais elle  imprègne aussi bien les feuilles des arbres… Bien avant que tu sois né. Bien après la fin des temps. Je t’aime dans toutes éternités»[1].

Si seulement nous nous laissions aimer! Sans résistance! Sans remettre à plus tard! Sans mérites ni raison! Nous avons tellement besoin d’être aimés! Quand des personnes consentent spontanément à échanger tout bonnement un pauvre amour, c’est tellement bon! Comme si rien ne gênait leur généreuse nature. On expérimente cela dans les foyers de l’Arche et dans certaines familles! Les personnes trisomiques sont de purs réflexes d’amour. Elles courent, confiantes, donner leur tendresse, et mangent toutes les miettes de retour! Elles vous tournent à l’envers les gens crêtés dans leurs atours, leurs réserves!  Dieu aurait-il quelque chose d’un enfant trisomique! 

Comment comprendre certains sentiments que nous prêtons à Dieu sans le faire à partir de l’amour? Sans connaître les élans de l’amour, sans en expérimenter aussi l’impuissance? Comment comprendre, par exemple, la colère attribuée à Dieu sans avoir senti, éprouvé la douloureuse limite de l’amour! Un père de famille s’est présenté chez moi en colère contre sa fille. «Je la battrais, qu’il criait presque, j’ai tout donné pour qu’elle mange; elle refuse net!… Elle va mourir et je ne peux rien pour la sauver! Ça me fait tellement mal!». Et il éclata en sanglots. C’est cela l’impuissance de l’amour! Quelle amoureuse colère! Comme Dieu doit se sentir démuni devant nos résistances à nous laisser aimer alors qu’il donne son Fils, tous ses fils et ses filles, pour que nous soyons sauvés, les uns par les autres, de nos mortelles carences d’amour! Que dire de plus! Faut-il voir Dieu pleurer pour croire qu’il aime! Eh bien! Il pleure, Dieu! Ses larmes coulent sur tant de visages! Que d’amour perdu faute d’être reçu!

J’aime cette prière du Père Raymond Bujold, c.s.c , qui vit maintenant où «l’amour loge». Je l’offre à qui attend peut-être ses mots: «Seigneur Jésus, je sais et je croix que tu m’aimes. Entre tes mains, je remets ma vie, toute ma vie. Tu peux m’aimer, j’en ai tellement besoin!»

[1] Christian Bobin, Le Très-bas, Gallimard 1992, pp.15-16

Auvidec Média/Rita Gagné, ursuline

 

Réflexion sur Jean 3, 16-18

Le Chrétien, la Cité et la croix

Jésus fait face à Sa mort, refuse de renier Son Message.

Mes discours et mes gestes d’amour, sont jugés actes criminels ;

ils font peur, dérangent des frères de pouvoir et leurs sentinelles ;

ces hommes nous crachent leur haine au visage, dirigent notre dépeçage.

Les saints, le frère et moi

En mon être profond résonne la voix d’hommes d’Éternité ;

comme eux, j’essaie de me défaire d’avoirs ; ils m’asservissent ;

ces hérauts m’ouvrent à vouloir offrir à un frère, mes services ;

ils m’aident à devenir une vie où règne mon humanité.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

 

Mt 5, 38-48

«Nés pour aimer»?

«Œil pour œil, dent pour dent»,  raisonnement jugé nul par Dieu! Quoi donner quand est épuisée la réserve de dents et d’yeux à rendre? Une autre sagesse s’imposerait-elle? Demandons-nous d’où monte l’amour des publicains pour qui les aime et le ‘bonjour’ des païens pour leurs frères? Quel trésor d’humanité partagent publicains, païens, disciples de Jésus pour qu’en tout temps et lieu, se trouvent «des fous tellement fous que rien ne pourra jamais leur enlever des yeux la jolie fièvre de l’amour … C’est grâce à eux que l’aube chaque fois se lève, se lève…»[1] Bien avant Jésus,  Moïse demandait, au nom de Dieu, d’être saints comme Dieu, d’aimer son prochain comme soi-même. Jésus ne peut demander davantage; il propose seulement la mesure concrète de l’amour : aimer comme il nous a aimés! Et tout serait différent!

Un des nôtres, Jésus, «bien-aimé» de Dieu, accomplit sous nos yeux ce que signifie «aimer». Obéissant, sans jamais dévier, au seul «bon sens» de l’Amour, Jésus ne riposte guère à la méchanceté, ne retient pas sa tunique d’appartenance divine, se laisse même dénuder de son manteau d’humanité. Il fait milliers de pas avec les siens sans se détourner de quiconque emprunte de sa bonté! Il réprimande les  «allergiques à l’amour» désireux, qu’écoutant leur cœur, ils s’ajustent au meilleur d’eux-mêmes pour vivre et faire vivre!

Saint Paul, super-pharisien chamboulé par la rencontre-surprise de Jésus, affirme: «nous avons été élus en Lui, dès avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour»; «imitez Dieu comme des enfants bien-aimés, suivez la voie de l’amour, à l’exemple de Jésus-Christ qui vous a aimés et s’est livré pour vous» (Ep.1, 4; 5,1). «Nés pour aimer»[2] : serait-ce notre ultime vocation commune? 

Nous venons de voir, d’entendre l’amour danser spontanément en public. Avec déclarations, confessions, promesses, réprimandes, rêves affichés! La mort, de nouveau, a ouvert des brèches à l’humain! Plus de pécheurs, païens, ennemis! Seulement des êtres humains un peu ‘ivres’ qui se laissent aller à pleurer, à marcher ensemble. Des larmes en liberté ont laissé deviner des cœurs d’enfant! Ensemble sur les photos: fils, filles du même Dieu, tous blottis sous Sa neige, Sa lune, Son soleil! Une note de «presque parfait!»

Trop beau pour être vrai? Non! Assez beau pour reconnaître que l’originelle semence d’un juste vivre-ensemble donne ses fruits et pour croire mordicus qu’elle en donnera encore, encore!  La mort injuste de quelques-uns a tisonné un feu inextinguible! Mort de l’unique Fils qui se continue; même victoire de l’Amour! Dans l’unique Corps de Dieu en gestation! 

Après tragédie et St-Valentin, au-delà clochers, étoiles, minarets, indifférence, incroyance, que s’insinue partout cette grave question: «Crois-tu qu’on s’aime encore?»[1]! Suffirait-il d’aimer, d’aimer malgré tout, pour entendre, au terme, le Dieu unique, fier  des personnes créées à son image,  appeler chacune par son nom, l’embrasser et lui donner la note-surprise: «Parfait»!

1) Tout le monde est occupé, p. 17

2) Richard Desjardins, La maison est ouverte

3) Louis-Jean Cormier, La seule question

Auvidec Média/Rita Gagné, ursuline

 

Réflexion sur Matthieu 5, 38-48

Agression et autodéfense

Le Christ m’ouvre à vivre en disciple de la réconciliation ;

tendre l’autre joue, c’est renoncer à venger l’humiliation,

essayer de créer un dialogue avec l’offenseur ;

si sa violence continue, j’ai le droit d’être mon défenseur.

Devenir humble et saint

J’effleure l’absolu si je récolte les profits de l’amour ;

je désire en faire bien davantage sans me trouver parfait ;

en Dieu, je récolte la raison et le courage d’un bienfait

pour, selon mon possible, devenir des Cieux un troubadour.

 

 

PERSÉVÉRER ENVERS ET CONTRE TOUT

Luc 21,5-19

Ce texte évangélique nous livre des paroles de Jésus, de prime abord, déconcertantes : faux prophètes, cataclysmes, guerres, persécutions, tous de soi-disant signes précurseurs de la fin des temps. À en juger par les bulletins de nouvelles quotidiens, on serait porté à croire que l’on est en train de vivre ces moments de la fin. Pourtant, rien de nouveau sous le soleil ; l’histoire est tissée de ce genre d’évènements, qui se répètent de génération en génération.

Il serait, en effet, hasardeux de prendre ces paroles au pied de la lettre, alors que Jésus ne fait que recourir à un style qui, s’il nous est peu familier aujourd’hui, était bien en vogue à son époque, en l’occurrence, le langage apocalyptique. Un langage qui invite à dépasser la brutale matérialité des mots pour chercher plutôt comment en appliquer le message de vie qu’il véhicule.

Il s’agit effectivement d’un langage qui exhorte à une conversion personnelle aux véritables valeurs qui perdurent plutôt que de s’attacher à l’éphémère. Ainsi, les paroles de Jésus concernant le Temple et ses belles pierres en témoignent-elles avec éloquence : tout cela sera éventuellement détruit. Le texte entraine ensuite dans une sorte d’entonnoir qui renvoie à soi-même : «Mettez-vous dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer votre défense, car moi je vous donnerai un langage et une sagesse que ne pourront contrarier ni contredire aucun de ceux qui seront contre vous.»

Autrement dit, adhérons aux paroles de Jésus; observons comment, lui, il a agi dans différents contextes et différentes situations. Regardons qui il a fréquenté, de qui il a pris la défense et quels combats il a menés. Écoutons ce qu’il a répliqué à ceux qui se pensaient autorisés à lui faire la morale. Admirons encore la liberté dont il a fait preuve face aux traditions dépassées et aux sermons hypocrites. Bref, demandons-nous en tout temps et en tout lieu, ce que Jésus dirait et ferait à notre place.

Oui, réfléchissons sincèrement à ce que serait l’attitude de Jésus face aux décisions et aux options quotidiennes qui s’offrent à nous. Si nous développons ce réflexe, nos choix de chaque instant ne pourront être autrement que générateurs de vie et de croissance. Des choix toutefois jamais déterminés à l’avance, toujours en quête de discernement; des choix qui requièrent une grande autonomie, une grande liberté personnelle. Une liberté difficile à assumer, certes, car elle marginalise souvent et prive parfois du confort de simplement se fondre dans la masse; de se laisser dicter sa conduite. Une liberté qui, cependant, génère la vie. N’est-ce pas exactement ce que dit la dernière phrase de cet évangile : «C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie»?

Être à l’écoute de ses convictions, propres à bâtir un monde meilleur, et les assumer avec persévérance, c’est bel et bien mouler son existence sur celle de Jésus; c’est marcher dans ses traces. C’est continuer d’espérer et de croire, en dépit des fléaux qui affligent l’humanité, que mon implication peut encore faire la différence. C’est mener ce combat jour après jour, avec la confiance qu’il ouvre sur la VIE. Car, en effet, Dieu n’a-t-il pas ramené Jésus d’entre les morts pour avoir ainsi vécu?

Alors? …

Auvidec Média/Odette Mainville, bibliste, professeure honoraire de la Faculté de théologie et de sciences des religion/Université de Montréal

 

Réflexion sur Luc 21,5-19

L’Église, l’athée et moi

Je me désole des églises fermées, du peu d’ouailles à la messe ;

je reste confiant, accueille joyeux de nouvelles formes de mission ;

en Temple de chair, je cherche à être pour toi, un cœur en fission,

afin de te faire rencontrer, et connaître Dieu, Sa Promesse.

 

Ma foi m’offre la vie

Mes prières, l’Amitié du Christ, m’offrent une morale de vie ;

dans le sillage des saints, elles sont ma force, mon espérance ;

j’affronte des violences extérieures, et un intime mal servi ;

l’Esprit me porte à rester amour, à être une délivrance.

 

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Jean 20, 19-23

            La Pentecôte est, avec Noël et Pâques l’une des trois grandes fêtes  chrétiennes.

            À Noël, nous célébrons la naissance de Jésus.

            À Pâques, nous commémorons sa résurrection.

            Et à Pentecôte, nous célébrons la venue de l’Esprit Saint.

Il faut se redire que, comme Pâques, Pentecôte était une fête juive avant d’être une fête chrétienne. Pentecôte vient d’un mot hébreu qui veut dire « cinquantième ». Pentecôte, c’est le cinquantième jour après Pâques; 50 étant un chiffre symbolique : entre Pâques et Pentecôte, on compte sept fois sept jours, sept semaines, ce qui égale 49 jours, et le cinquantième jour, c’était la Pentecôte.

La Pentecôte juive, c’était la célébration du jour où Moïse avait reçu de Dieu la Loi, les Dix Commandements sur le Mont-Sinaï. Mais il faut redire aussi qu’avant d’être la célébration du don de la Loi, la Pentecôte était une fête agricole, tout comme l’avait été Pâques et comme le sera plus tard, l’Action de Grâces. La Pentecôte, c’était la fête des premières récoltes, la récolte de l’orge. Les familles d’agriculteurs du monde entier savent se réjouir des premières récoltes, après la morte saison, n’est-ce pas, promesses de vie nouvelle ?

Pour les chrétiens, la Pentecôte, c’est la venue fracassante du Saint-Esprit sur les disciples. Pourtant Jean escamote les phénomènes spectaculaires rapportés dans les chapitres qui ouvrent le livre des Actes de Apôtres. Chez Jean pas de grand vent, ni bruit de tonnerre, ni tremblement de terre, de ni langues de feu, ni témoignages incendiaires; que le souffle de Jésus sur les apôtres tourmentés, inquiets, paralysés par la peur, confus par l’apparition du Ressuscité au milieu d’eux. Mais quel souffle ! Un souffle brûlant et vif, secret et révélateur, étrange et intime… et qui, ultimement est le même que le premier souffle de Dieu sur le premier être humain pour le donner vie.

Rendons à la Pentecôte ce qui revient à la Pentecôte. Pour Jean, il s’agit, encore plus que le don d’une Loi entièrement nouvelle, il s’agit bel et bien d’une nouvelle création; il s’agit de LA véritable résurrection, celle de la terre toute entière; point final.

Et pour ces apôtres renouvelés, projetés dans une autre dimension soupçonnée de la vie, la mission ce sera une moisson d’un genre qu’on a jamais, non jamais, vu auparavant.

Auvidec Média/David Fines, Pasteur de l'Église Unie du Canada

Réflexion sur Jean 20, 19-31

Le Christ, un frère et mon amour

Un jour, j’ai cru au Christ Ressuscité, ai reçu Sa Paix ;

je t’ouvre à être plus humain, à t’ajuster à Dieu, aux autres ;

je quitte un ego malsain, crée de l’amour, du respect ;

je bâtis avec Jésus un monde nouveau, en apôtre.

Une foi adulte ouvre à la Trinité

Jésus m’incite à une confiance emplie de sagacité ;

elle éclaire mon visage, m’ouvre les yeux de l’âme, et les engage

à interpréter tout signe de Dieu -en ma vie un langage- ;

l’Esprit-Saint m’aide à y voir la Présence du Ressuscité.

Auvidec Média/Franck Widro, Paris

Matthieu 5,17-37

C’est juste une question de justice

Quelle longue série de recommandations Matthieu a-t-il regroupée dans ce cinquième chapitre ! Et sur des sujets si diversifiés et pas des moindres, non plus : le rapport à la Loi, ce que doit être votre justice, le meurtre et la réconciliation, les relations entre frères, l’adultère et le scandale, la répudiation, le serment… et il poursuit dans les versets suivants en traitant de la loi du talion, de l’amour des ennemis, de l’aumône, de la prière… n’en jetez plus la cour est pleine ! Une véritable somme théologique en miniature.

Nul doute que les foules venues écouter Jésus ont dû avoir du mal à assimiler autant de matière, tant d’enseignement, et surtout autant de nouveauté : nouvelles définitions, nouveaux concepts, nouvelle forme de pensée, nouvelle conception de Dieu.

À partir de matériel provenant de diverses sources, Matthieu a regroupé des sentences prononcées selon par Jésus en un seul discours très bien structuré qui présente essentiellement la (nouvelle) justice chrétienne. La justice parfaite, c’est la fidélité absolue des disciples de Jésus, ce que nous disons que nous sommes à la loi de Dieu : une fidélité nouvelle, inaugurée et rendue possible et impérative, par l’interprétation nouvelle, très originale que Jésus donne ce cette loi.

Une justice qui, en définitive, se doit de « surpasser » celle des autres. Suivre Jésus est exigeant : nous devons faire plus que les autres, nous devons faire mieux. Nous devons accomplir davantage aux yeux de Dieu, au-delà de ce qui est bien, attendu, légal. En ce 500e anniversaire de la Réforme, il est bon de se rappeler que ce ne sont pas les bonnes œuvres qui assurent le salut, car celui est gratuitement offert par Dieu dans sa grâce, mais il est tout autant bon de se rappeler que les bonnes œuvres doivent résulter de ce salut; elles doivent être sont la démonstration, la preuve, le signe concret, visible et affirmé que ce salut a produit chez nous, a fait germé et murir cette nouvelle justice.

Auvidec Média/David Fines, Pasteur de l'Église Unie du Canada

 

Réflexion sur Matthieu 5, 17-37

Loi de Dieu et lois des hommes

Un jour, je suis allé chercher la Loi d’Amour, en l’intime ;

je La savoure, veux me défaire d’une contrainte illégitime :

m’enfermer en de fausses vertus, en des lois d’homme immoraux ;

l’Édit de Dieu m’ouvre à m’accomplir et à être un héraut.

 

Dieu, l’autre et moi

L’Esprit-Saint m’aide à vaincre mes préjugés, à les reconnaître ;

je Lui exprime en mes actes, mon amour et ma compassion ;

Sa Sagesse me féconde, me conduit vers une pleine ascension ;

Sa Justice me fait voir en toi, la Bonté de Dieu à naître.

Auvidec Média/Franck Widro, Paris

Luc 17, 7-10 : simples serviteurs; mais de qui parle Jésus ?

Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. Telle est l’ambition et la satisfaction de nombreux chrétiens, et aussi la culpabilité de beaucoup d’autres…simples serviteurs, nous n’avons fait que notre devoir. Quelle tristesse que de faire seulement notre devoir! 

Cette parabole nous est peu sympathique. Pour bien nous faire comprendre que nous ne sommes que de simples serviteurs ou, dit autrement, que nous ne valons pas beaucoup, Jésus nous compare à un esclave qui après une journée de travail continue à servir à la table de son maître avant de pouvoir respirer un peu. Pas valorisant, et aussi frustrant, si nous entendons que Jésus s’adresse à nous qui sommes ici ce matin, pour l’eucharistie.

Jésus ne parle pas de la manière dont il nous considère et nous traite. Aux yeux de Dieu, nous sommes ses fils bien-aimés. Souvent, nous nous comportons en fils d’homme, en fils de ténèbres et non de lumière (cf. Ep 5, 8). 

Si nous ne perçons pas la profondeur de cette parabole, nous aurons du mal à saisir que Jésus, avec réalisme,  parle plutôt de la manière dont nous devons nous voir, intérieurement, dans notre relation à Dieu. À cet égard, nous nous sentons bien petits devant lui. Pour le dire dans les mots du lectionnaire, nous nous sentons de simples serviteurs. L’ancienne version parlait de  serviteurs inutiles ou quelconques.  

Questions: En présence de Dieu y a-t-il en nous un autre sentiment que de se sentir tout petit ? Simple ?  Quand suis-je devant Dieu autre chose qu’un serviteur ? Tout priant éprouve son néant en présence de Dieu. Prier nous met à nu devant Dieu. Impossible dans un tel état de nous gonfler d’orgueil d’avoir été choisis, élus pour le suivre.

Mais observons un petit détail. Le texte ne dit pas: vous êtes de simples serviteurs, mais bien nous sommes de simples serviteurs, nous n’avons fait que notre devoir. Et si c’était Jésus le premier des simples serviteurs dont il s’agit ?

Jésus fut le premier à s’habiller volontairement du vêtement de simple serviteur. Il ne revendiqua pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu en raison de sa condition divine, mais s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave, devant semblable aux hommes (Ph 2, 6-7). 

Jésus s’est présenté à l’humanité contre toute logique humaine, comme « sans valeur », le « rejeté », l’« esclave » pour que l’humanité retrouve toute sa grandeur. Pour nous transformer en son image de fils de Dieu, il s’est fait fils d’homme. C’est de lui dont il parle quand il déclare heureux ces serviteurs que le maître à son retour trouvera fidèles à veiller ! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira (Lc 12, 35-37).

Comme simples serviteurs, ne comprenons pas que nous ne valons rien, mais sachons que nous n’avons aucun droit à faire valeur devant Dieu. Et Jésus est le modèle d’un fils qui ne revendiquait aucun droit sur son Père. Lui, le maître véritable, le Fils parfait, s’est fait serviteur : serviteur du dessein d’amour de son Père, serviteur de notre guérison et de notre relèvement.

Réjouissons-nous. Être simple serviteur est le chemin incontournable pour nous élever jusqu’à Dieu. Thérèse de Lisieux avait bien compris cela, elle qui disait : Au soir de ma vie je me présenterai devant le Seigneur les mains vides,  vide de toutes prétentions, mais lourde d’une immense confiance.

Entrons dans ces mots du psaume: le salut des justes vient du Seigneur...il comblera les désirs de ton cœur.  AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield/http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean (17, 1b-11a)

Kairos

Il arrive dans le temps, mais s’en distingue par sa qualité, par sa force, par sa vivacité; il surprend, bouleverse, transforme; il ouvre sur le temps de la relation en vérité, celle de l’intimité qui est saisie par la lumière de Dieu; il permet l’expérience de sa gloire qui transfigure le regard et de le cœur de l’orant, de celui ou de celle qui connaît Dieu dans le Fils.

Il est le temps de la prière, des yeux levés au ciel et des yeux scrutant les entrailles du cœur, le temps de la relation avec Celui qui habite au plus profond de soi, qui est plus près que je ne puis l’être moi-même; il est le temps de la naissance à la vie éternelle, à la vie de Dieu, à la co-naissance, à un naître avec Dieu, à cette vie portée par Lui, avec Lui et en Lui; il est le temps de la seconde naissance, de la trace laissée par Dieu au creux de la chair. Re-con-naître, c’est naître avec Dieu à nouveau de cette qualité de Dieu, qui crée, sauve et sanctifie.

Le Jésus de Jean est en transit, de notre monde à celui du Père et sa prière déménage! Elle nous rappelle que l’écoute fidèle de la Parole et que sa réception conduisent à la foi en une présence glorieuse et en une vie éternelle, en une vie pleine de Dieu, saturée et gorgée de son Amour! Que la prière de Jésus pénètre au plus profond de nos existences pour que ces dernières deviennent des traces de la Gloire de Dieu, vie éternelle!

Il arrive dans le temps, aujourd’hui et maintenant, mais s’en distingue…

Auvidec Média/Marc Dumas, théologien et professeur titulaire à l’Université de Sherbrooke

Réflexion sur Jean 17, 1b-11a

La prière est amour

Le Christ agenouillé a attendu ma réponse, longtemps ;

depuis, en Église, ma vie écrit un cinquième évangile ;

prier pour moi est le réflexe naturel d’un être fragile,

le faire, comme Lui, pour toi est un instinct béni, militant.

La Cité impie et ma foi

Ce monde, sa bonne conscience a peur, me met en examen ;

mon être s’oppose au nihilisme de l’argent, de l’ego ;

en nos villes, ils sont négation de l’homme, de l’alter ego ;

ma foi clame : « L’amour est seul et vrai devenir de l’humain ».

7e Dimanche de Pâques

Vivre glorieux

Où est dans nos vies cette étrange gloire dont Jésus parle si souvent dans ce passage de l’Évangile selon Jean ? Il me semble que sa caractéristique principale est d’exister dans une proximité : « glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe ». Ce n’est pas une aura de lumière qui maintiendrait une personne à l’écart, mais une gloire partagée, échangée. C’est pourquoi elle est liée au fait de « donner », le seul verbe qui apparaisse ici encore plus souvent que « glorifier » : « Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. » La gloire du Fils va vers le Père ; la gloire du Père va vers le Fils : « Moi je t’ai glorifié sur la terre… glorifie-moi auprès de toi. » Et c’est dans une telle gloire vécue comme échange, partage et relation que nous avons une place : « je suis glorifié en eux », déclare Jésus, à propos de nous. Sa gloire existe dans un lien intime avec nous et notre gloire est intimement liée à lui.

Tout cela reste encore très abstrait. Où est, dans nos vies, cette gloire vécue avec le Fils ? Au début de la prière de Jésus, sa façon de glorifier le Père, c’est de « donner la vie éternelle ». Si je lis d’autres passages du même Évangile selon Jean, je découvre que, paradoxalement, cette vie éternelle est liée à un renoncement à la vie : «  Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » (12, 25) Une telle vie éternelle, une telle gloire, Jésus les a concrètement connues dans son arrestation et sa mise à mort : « Quand il [Judas] fut sorti, Jésus déclara : "Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui." » (13, 31) Je crois que notre vie éternelle à nous, ce sont tous les moments où nous donnons de nous-mêmes, un peu ou beaucoup. Quand nous donnons de notre temps, de notre énergie, à nos amis, notre famille, à des inconnus, parfois. Ce n’est pas toujours agréable : nous pouvons avoir le sentiment d’être ensevelis sous les besoins et demandes des uns et des autres, comme le grain de blé est enseveli dans la terre. Jésus nous dit pourtant qu’en donnant ainsi notre vie, on la reçoit de nouveau (cf. 10, 18). Lui-même, après sa mort offerte, est revenu à la vie.

Et cette idée me permet de comprendre un autre élément de ces versets : « ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés ». Cela veut-il dire que nous devrions abandonner le « monde », tout ce qui fait notre vie immédiate – les papiers administratifs à remplir, les courses à faire, et tous les gens que nous rencontrons au hasard de nos journées ? Ce serait contradictoire avec beaucoup d’autres paroles de Jésus : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (3, 16) ; « je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver » (12, 47). Je crois que cet évangile ne doit pas nous inciter à nous isoler du monde, mais à y trouver le lieu où vivre cette gloire étrange, faite de dons mutuels de nos vies, dans toutes les petites et grandes choses du quotidien.

Je n’ai pas apporté beaucoup de réponses dans ces quelques lignes ; seulement proposé des pistes. Les réponses, je crois qu’elles viendront dans nos vies quand, en donnant de nous-mêmes, nous nous rendrons compte que nous sommes plus vivants que jamais. Alors, nous sentirons ce qu’est la gloire.

Auvidec Média/Antoine Paris, étudiant (Université de Montréal /Université Paris-Sorbonne)

Marc 7, 1-13 : il est interdit d’interdire

Le discernement est l’un des piliers de l’attitude de Jésus devant ses détracteurs. Aujourd’hui, dans ses réactions face à ses disciples qui ne se lavent pas les mains, Jésus nous éclaire sur une manière de se comporter. Jésus ne cesse de revendiquer le droit de ne pas condamner les autres. En filigrane de tous les comportements de Jésus, il apparait qu’il est interdit d’interdire.  On le constate aujourd’hui, les sanctions ne règlent pas le problème d’un comportement inadéquat. Observer matériellement ce qui est prescrit sans y mettre tout son cœur ne règle pas le problème.

Jésus ne veut pas qu’on impose un carcan, qu’on multiplie les détails de prescriptions et d’interdictions parce que cela maintient le peuple dans une attitude de soumission puérile. Jésus ne conteste pas que se laver les mains avant de manger est une question hygiénique; il ne favorise pas la pratique minimale de la loi, uniquement pour s’éviter une punition ou pour obtenir des avantages. Jésus vise plus haut que cela.

Il opte pour une maison à ère ouverte plutôt que d’ériger des murs inutiles.  Il aime les vastes horizons. Son attitude infiltre du sang neuf dans les veines, du sang qui donne de la dignité aux personnes.

Le sang neuf: Jésus vise à ramener à l’essentiel, s’ouvrir aux autres qui, pour utiliser une expression favorite du page François, est la carte de l’identité chrétienne. En s’occupant d’observer jusque dans les détails de prescriptions et interdictions, on ne pense qu’à soi. L’essentiel est de vivre transfigurés au plus profond de nous-mêmes et de mettre en pratique ce conseil de saint Jacques: venir en aide aux orphelins et aux veuves.  

Cet essentiel s'est retrouvé récemment quand une jeune universitaire, à l’entrée d’un Dunkin' Donuts, a vu sur le trottoir un sans-abri qui ramassait des sous pour s’acheter un café. Elle s’est approchée, s’est assise près de lui et lui a offert un café et un beignet. Il lui a raconté sa souffrance de voir les gens qui ne le voyaient pas. Il supportait mal la personne qu’il était. Avant de se quitter, cet homme, Chris, lui a remis un chiffon sur lequel il a écrit: je voulais me suicider aujourd’hui. Mais grâce à toi, merveilleuse jeune fille, ce n’est plus le cas. Merci    (Aleteia.org, 2017/01/15).

On ne réalise pas comment un simple café peut sauver une vie. Comment il est important de faire attention aux autres et de se rappeler que nous sommes tous des êtres humains. Nous avons tous besoin d’attention, peu importe notre situation matérielle. Notre bonté les uns envers les autres peut faire la différence, elle peut tout changer.  Et c’est cette bonté qui se dégage de la réaction de Jésus face au lavage de mains.

Voilà une invitation, ce matin, à faire nôtre la logique de Dieu qui est de nous mettre en chemin vers les autres.  À toutes les pages de l’évangile, la bonté est sa priorité.  Il ne passe pas son temps, il ne perd pas son temps à tout centrer sur une pratique sans cœur. Il favorise la logique de la rencontre, de la proximité, la logique de l’inclusion et non de l’exclusion des « pas corrects». 

Dans notre cœur, il n’y a pas que des points d’ombre, il y a ce que saint Jacques décrit dans son épitre les dons les meilleurs, les présents merveilleux. Ces dons les meilleurs, ces présents merveilleux, ce sont les dons du Saint-Esprit : amour, joie, paix, patience, serviabilité, bonté, douceur, maîtrise de soi (Gal 5).  Il faut parfois combattre vigoureusement en nous la tendance à ne voir que soi, pour les mettre en pratique.

Formalisme, légalisme, ritualisme, ce sont là autant de fausses perfections, autant de fausses religions que Jésus démasque par son refus de condamner l’oubli de se laver les mains pour privilégier la rencontre des autres non en théorie, mais en pratique. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

« L’amour en héritage »

Luc 20, 27-38

Voilà un beau chant de Nana Mouskouri que ma mère Reine-Marie chantait avec cœur et sourire. Les paroles et la musique sont porteuses d’espoir et traversent les générations. Elles sont à la fois intemporelles et ancrées dans un présent bien réel. Cet héritage d’amour, il se traduit par des gestes concrets dans le quotidien et il se perpétue dans nos lendemains pour que les générations à venir y trouvent force et espoir.  

Il en va de même pour le Royaume de Dieu, il se réalise ici et maintenant et l’amour est la réponse pour rendre visible ce message de Jésus pour notre monde d’aujourd’hui. L’Évangile de Luc de ce dimanche se termine en affirmant que Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants et tous et toutes vivent pour lui. Le Dieu de l’éternité n’est pas inaccessible. En fait, la réponse de Jésus aux Sadducéens qui ont peine à comprendre la résurrection se retrouve dans l’invitation qu’il leur adresse pour qu’ils changent leur regard et en arrivent à voir que Dieu réalise le ciel de chacun et chacune en le débutant ici même et maintenant.

La réalisation du Royaume est comme une œuvre collective. Il se construit également avec ce que nous pouvons faire et dire de bien là où nous vivons, au cœur de notre famille, de notre travail, de notre quartier et de notre collectivité. L’amour est la réponse, sur la terre et au ciel, et nous n’avons pas à nous inquiéter. Récemment, lors d’une journée de prière pour la paix en Syrie, le pape François affirmait : « en retournant dans nos maisons, emmenons avec nous l’engagement de réaliser chaque jour un geste de paix et de réconciliation ».

Voilà un bel héritage que nous sommes invités à construire et à vivre au quotidien de notre vie. L’amour en héritage est à accueillir, à partager et à transmettre. 

Auvidec Média/René Laprise, diacre permanent

Gatineau

Réflexion sur Luc 20, 27-38

La Vie, c’est notre résurrection

J’ai foi en une Vie après la vie, hors temps et espace;

Dieu y comblera mes vœux ; en ce monde, ils vivent une impasse;

cette Existence, éloge de l’Amour, s’inscrit dans l’Alliance;

Sa Fidélité envers l’homme, est Patience et Bienveillance.

Les Cieux et notre couple

Notre mariage sur terre, aux Cieux deviendra une nouvelle Histoire;

toutes nos défaillances aurons disparu, grâce au purgatoire;

nos Corps cosmiques seront guéris, en parfaite affinité;

on formera « une seule chair » à l’image de la Trinité.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Jésus dit : «Je prierai le Père, et il vous donnera au autre Défenseur qui sera  toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. » (Jn 14,16)

Le terme « Défenseur » traduit le grec para-kleo, ou le latin ad-vocatus ou le français a-vocat : littéralement « appelé auprès de quelqu’un » pour le défendre. C’est là une autre expression d’un message réconfortant qui traverse toute la Bible : « Ne crains pas, je suis avec toi ».  

Cette certitude de la présence de l’Esprit Saint réchauffe le cœur. Il est l’hôte intérieur qui répand son Amour dans notre cœur. Il demeure auprès de vous,  Il sera en vous », dit Jésus. Mystère que nous n’aurons jamais fini de contempler, source de notre joie.

Mais l’Esprit est aussi un Souffle qui pousse à l’action. Jésus l’appelle « Esprit de vérité » qui mène à la vérité tout entière. Et la vérité tout entière, c’est Jésus : « Je suis la vérité » Mais l’Esprit ne nous mène pas à Jésus sans nous provoquer à faire la vérité dans notre propre vie.

Rappelons-nous la question de Pilate à Jésus : « Qu’est-ce que la vérité ? ». C’est seulement quelques heures plus tard qu’il répond : la vérité est de l’ordre du don de soi, voire du don de sa vie.

Faire la vérité commence donc par une certaine décentration de soi, une remise en question du superficiel, de l’attachement aux biens matériels, du souci des apparences, etc. Plus positivement, c’est acquérir peu à peu l’esprit des béatitudes et apprendre à aimer un peu à la manière de Jésus.   

Pour cela, nous avons besoin d’un Défenseur. Rappelons-nous Athénagoras qui disait : « Il faut mener la guerre la plus dure qui soit, qui est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais maintenant, je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’Amour chasse la peur ». Le Défenseur a chassé la peur parce qu’il a apporté l’Amour.

Beaucoup de parents agissent de même. Ils défendent leurs enfants contre certains penchants mauvais : fermeture sur soi, suffisance, plaisir à tout prix, égoïsme… Comme l’Esprit Saint, ils défrichent avec leurs enfants le chemin qui fait entrer peu à peu dans le monde de l’amour.

Quand l’Esprit nous mène à la vérité de notre être, il nous recentre sur notre véritable identité d’enfants de Dieu. C’est d’ailleurs Lui qui, en nous greffant sur le grand Corps de Jésus, fait de nous les enfants d’un Dieu Père. Lui qui, comme une eau vive au plus profond de notre être, murmure : « Viens vers le Père ». Cela aussi est source de notre joie.

Auvidec Média/Mgr Bertrand Blanchet, Archevêque émérite de Rimouski

Matthieu, 5, 13-16

Être sel et lumière !

Pour connaître les hivers québécois, nous savons bien que le sel répandu sur nos routes agit comme dégivrant, qu’il fait rouiller nos voitures et qu’il gruge le cuir de nos bottes. Et pourtant, le sel rehausse le goût de nos aliments et nous permet de réussir nos petits plats cuisinés. Le sel purifie et nettoie. Il permettait autrefois et permet toujours de conserver les aliments… Si la métaphore du sel peut être ambivalente, elle est toute positive chez Matthieu, car elle rappelle comment l’Amour de Dieu transfigure le croyant et l’appelle à devenir lumineux de Dieu au cœur du monde. Pas besoin d’une grande quantité pour faire une différence. Une pincée suffit pour tout changer ! La métaphore de la lumière est directement en lien avec la présence agissante et créatrice de Dieu. La lumière chasse les ténèbres ; elle fait la vérité et rend libre ; elle ne doit pas être caché, mais bien exposé (souvent sur une montagne dans les textes bibliques, lieu de la manifestation de Dieu) pour que nous puissions être attirés, transformés et porteurs et porteuses de cette lumière au cœur de nos existences et de nos communautés.  Jésus est Lumière du monde et nous invite à vivre, comme Lui, de cette présence de Dieu.

Le court texte de Matthieu s’inscrit directement dans le souffle du texte des Béatitudes. Là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne et assis, entouré de ses disciples, il proclame un message d’espérance à ceux et celles qui sont pauvres ou affligés, affamés, persécutés et traités injustement, il leur annonce le bonheur du Royaume, le bonheur de Dieu. Les doux, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix recevront en partage cette tendresse et cette miséricorde, cette joie et cette paix des cieux, c’est-à-dire d’un bonheur marqué par la vie divine.

Ici, Jésus interpelle ceux et celles qui sont sujets de la bénédiction de Dieu pour leur signifier que comme Lui, ils et elles doivent se réjouir de cette Bonne Nouvelle et agir comme le sel de la terre et la lumière du monde. Devenir sel et lumière, c’est être transformé parce qu’accueillant la Parole et la Présence de Jésus dans sa vie. C’est aussi devenir transparent de Dieu, rayonnant de Dieu, sel de la terre qui donne le goût de Dieu au sein de la pâte humaine… pour rendre témoignage devant les humains de la Gloire de Dieu et de la Lumière du Vivant…

Face aux pouvoirs destructeurs, aux violences mortifères et aux murs qui divisent, devant ceux et celles qui sont traités comme des sous-humains, qui sont exploités comme simple rouage d’une mécanique économique ou qui vivent dans l’angoisse d’une rafle au petit matin, rappelons-nous la Parole de Jésus sur la montagne qui annonce encore aujourd’hui le Bonheur et la Joie de Dieu. Être sel et lumière…

Auvidec Média/Marc Dumas/théologien, professeur titulaire à l’Université de Sherbrooke

Réflexion sur Mt 5 13-16

La Cité et ma foi

Ma foi, Sel et lumière du monde, lui donne de la saveur ;

mon âme d’apôtre, face à la Cité, est une subversion ;

mes actes d’amour y rayonnent, y festoient, sont joie et ferveur ;

ils te font voir un humble Visage des Cieux, t’offrent une conversion.

Mes frères paganistes et moi

J’ai à irradier grâce à mes acte d’amour, ancrés en Christ ;

notre Cité rejette Dieu ; je L’annonce à un frère, le côtoie ;

l’Eucharistie m’aide à entrer en terre impie ; j’y festoie,

veux y devenir une lueur des Cieux, du Verbe, en choriste.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Un riche atterrit parmi le vrai monde !

Jésus arrive à Jéricho en route pour Jérusalem où il sera bafoué, insulté, torturé et exécuté. Les disciples ne saisissent rien à une telle annonce. (18, 31)  Ils atteignent là l’ultime étape avant la montée vers la grande Ville. Jésus y croise Zachée, un riche personnage, fonctionnaire juif au service des impôts de Rome. Celui-ci occupe un poste basé sur des exactions et de la répression; il s’appuie sur l’armée pour réclamer la part de l’empire. Cet homme est un traitre détesté par toute la population qui le redoute. Avec humour, Luc nous rappelle que Zachée, qui se trouve au faîte de la société locale, est petit de taille et qu’il ne peut voir Jésus. Le sycomore qui lui sert de tour d’observation est l’arbre le plus imposant en Israël; il est le symbole du pouvoir indestructible.

Or Jésus invite cet homme puissant à redescendre au niveau du peuple, à réintégrer la société. « Descend de ta hauteur, je vais loger chez toi. » Le geste est provocateur : « Quoi! Il va chez ce sacripant qui vole, extorque, emprisonne, ce pécheur public impur! Mais pourtant, Zachée le pécheur redevient un vrai fils d’Abraham. Comme son ancêtre, il se hâte de donner l’hospitalité à l’envoyé de Dieu et il se dépouille de tout ce qu’il a volé et extorqué. Sa conversion est réelle : il prend au sérieux les paroles de la Torah : « Quand un de vos compatriotes tombé dans la misère ne pourra plus tenir ses engagements à votre égard, vous devrez lui venir en aide, afin qu'il puisse continuer à vivre à vos côtés… Vous ne lui demanderez pas d'intérêts, sous quelque forme que ce soit. Montrez par votre comportement que vous me respectez, et permettez-lui ainsi de vivre à vos côtés. Si vous lui prêtez de l'argent, n'exigez pas d'intérêts ; si vous lui fournissez de la nourriture, ne lui demandez pas de vous en rendre avec un supplément. » (Lv 25, 25) Il restitue ce qu’il a volé et répare le mal qu’il a fait à tant de gens. C’est un vrai miracle!

Quelques jours plus tard, Jésus entrera dans le Temple, renversera les tables des banquiers qui y font du commerce; il accusera publiquement les grands prêtres et les scribes d’avoir fait de la maison de Dieu une caverne de bandits; il reprochera à la banque centrale du Sanctuaire d’exploiter les veuves.

Rappelons-nous qu’après avoir raconté l’histoire de Lazare et du riche, Luc affirme que celui qui fait trébucher un pauvre, mérite d’être jeté à la mer avec une meule au cou. Les apôtres demandent alors à Jésus d’augmenter leur foi. « Si vous aviez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez à ce sycomore : « Déracine-toi et jette-toi dans la mer »; et il vous obéirait. » (17, 3-4) Il annonce ainsi la destruction de ce système de mort qui fait trébucher les petits.

Dans le contexte actuel où la richesse est concentrée dans les poches de quelques milliardaires, où l’on exploite les pauvres, les femmes, les immigrants, où la corruption s’infiltre partout, il faut inviter les possédants à descendre de leur piédestal et à redevenir des serviteurs du bien commun. L’annonce d’une bonne nouvelle aux pauvres, à la manière de Jésus, comporte une condamnation sans équivoque du système capitaliste et du tout-à-l’argent qui condamne des millions d’humains à la misère, détruit la création et compromet la survie des générations futures. Pourquoi cette mission fondamentale ne fait-elle pas partie des planifications pastorales de nos communautés? Aurions-nous oublié l’essentiel du message de Jésus?

Auvidec Média/Claude Lacaille, P.M.É.

Jn 14,15-21 : «Entrer dans la vie véritable demande se disposer à recevoir le travail de l’Esprit en nous.»

Ce commentaire prend appui fortement sur celui du  dimanche précédent. Rappelons que l’effort du temps pascal consiste pour chacun de nous à revenir à l’intelligence de ce qui nous rend chrétiens. Il s’agit, pour nous, de relier, de manière renouvelée, nos existences au Passage du Seigneur. Cela demande, comme nous le propose souvent Saint Ignace, d’user de notre mémoire (celle consignée dans l’Écriture Sainte, celle de nos propres existences) de notre intelligence (cette capacité que nous avons de faire des liens) et de notre volonté (cette capacité en nous d’être affectés). Il est bon de procéder selon cet ordre. C’est l’intelligence, préparée par la mémoire, qui nous donne de pouvoir nous situer autrement et, par-là, d’entrer pleinement, avec tout nous-mêmes et notamment notre affectivité, dans la Promesse qui nous est faite depuis l’origine.

« L'Esprit de vérité sera pour toujours avec vous » Dimanche dernier, une progression nous était donnée, celle du chemin, de la vérité et de la vie. La vérité apparaissait comme ce qui ressaisissait nos diverses expériences pour qu’elles puissent nous donner de nous tourner librement vers la vie (en nous et entre nous). Le principe de vérité, les Chrétiens l’éprouvent et le confessent comme étant la Mort et la Résurrection du Seigneur. C’est le Passage du Seigneur qui nous donne d’entrer dans la vie. Il est la Porte des Brebis. Aujourd’hui, dans ce temps liturgique pascal, nous réentendons la promesse qui nous est faite depuis le jour de la Mort et de la Résurrection du Seigneur : l’Esprit de Vérité sera toujours avec nous. L’Esprit est donc Celui qui dans le temps et l’espace nous ramène au passage du Seigneur. L’Esprit est celui du Seigneur. Mais c’est Esprit est aussi en nous, proche de nous, de nos vies, de nos expériences…

« Il demeure auprès de vous, et [qu'] il est en vous ». Ce qui nous est proposé est donc de nous rendre attentifs à la présence de l’Esprit dans le quotidien de nos vies, dans nos diverses expériences, dans ce qui coule, se passe en nous… L’Esprit peut donc nous conduire, nous aider à discerner. Il est avec nous mais il ne cesse aussi de nous indiquer le lieu du passage, du retournement. Il est ce qui permet de recevoir le pli véritable de l’histoire humaine. Selon que nous découvrons, vivons de ce pli, le Passage du Seigneur, ou non nous devenons du Père et du Fils ou nous restons du monde… le monde est ce qui est loin, car il ne voit pas, il n’a pas l’intelligence pour saisir ce qui se donne… Il se construit donc autrement, sur la chair fermée sur elle-même.

« Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi ». Il y a donc ce dynamisme qui atteint le croyant, lui donne de dire « oui » au pli. C’est cela qui le conduit jusqu’à la vie, celle de l’Esprit qui relie et au Passage et aux autres, tous les autres. Il y a ainsi ceux qui restent figés en eux-mêmes, en leur puissance sans visée. Ils constituent le monde, ce monde qui ne voit pas. La vie qui nous est promise, est celle même de Dieu, celle qui s’échange entre le Père, le Fils et l’Esprit… Vienne l’Esprit en ma chair ! Accueillons-le. Offrons lui patiemment notre mémoire, notre intelligence, notre volonté…

Auvidec Média/Père Jean-Luc Fabre, s.j., Église catholique de France

Réflexion sur Jean 14,15-21

Être le monde ou être en Dieu

Je suis le monde, si mes joies sont faites d’avoir me courtisant ;

j’habite ce monde, si en témoin de ma foi, je m’enflamme ;

ma vie est prières ; j’accueille le Salut, lui offre mon âme ;

le Royaume est donné et espéré, Don déjà présent.

La Trinité en ma vie

Je m’aime, si j’adore Dieu, et accueille l’autre, son âme carentielle ;

ma liberté me fait vivre une amitié avec les Cieux ;

l’Esprit m’ouvre à recevoir la Parole, mes actes audacieux ;

le Christ par les Commandements, me recentre sur l’essentiel.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Marc 5, 21-43 : se lamenter à Jésus

Qu'ont en commun, dans la foule, cette femme en perte de sang qui, arrivée à l'extrémité de sa vie, joue du coude pour toucher [le] vêtement de Jésus, et ce chef de la synagogue, nommé Zaïre, qui souhaite voir Jésus venir imposer les mains à sa fille mourante ? Ils ont exploré sans succès toutes les ressources de la médecine du temps.  

Tous les deux arrivent à ce constat qu'ils sont impuissants devant ce qui leur arrive.  Ils sont unis par une sorte de mort. Ils vont à Jésus pour être sauvés et pour vivre.  Pour utiliser une expression surprenante du pape François (audience, 28 /16/16), ils se lamentent à Jésus. En sa présence, ils se mettent à rêver ce qui n'est même pas imaginable.  Marc rapporte cette scène parce  qu'elle représente la trajectoire de l'ensemble de l'humanité. Vivre et se voir sauvé. Deux mots clés qui photographient toute vie et qui transforment toute vie.

 Cet homme de Zaïre et cette femme  vivaient tous les deux dans une grande détresse. Ils font ressortir deux attitudes incontournables pour que la puissance de Dieu (Rm 1, 16) se manifeste. Leur trajectoire suggère un chemin, celui que nos vies peuvent prendre un tournant heureux, celui de ressentir dans notre corps et dans notre cœur le besoin d'aller à Jésus et d'avoir une grande confiance en lui.  Deux attitudes qui aident à vivre et donnent sens à notre existence. Deux attitudes qui nous font éviter les fausses espérances de notre monde.

La manière de vivre de cet homme de Zaïre et de cette femme nous invite  à toucher Jésus qui marche au milieu de nous. Ils nous appellent à faire confiance, à croire à sa Parole. Si je pouvais seulement toucher la frange de son manteau. Sois sans crainte, crois seulement. Ils ont mis leur espoir en Jésus. Ils sont pour nous, aujourd'hui, une bonne nouvelle si nous savons, comme eux, vraiment rencontrer Jésus. Toucher Jésus.

Cette femme a plus que touché Jésus. Elle l'a regardé en face, dénudée qu'elle était par sa question : qui m'a touché. Elle a parlé avec Jésus, est entrée en relation de personne à personne avec lui. Son geste anonyme est devenu rencontre de foi. Ta foi t’a sauvée. De son côté, l'homme de Zaïre a plus que rencontré Jésus. Il s'est ouvert à sa parole: crois seulement. Il a fait route avec lui jusqu'à chez lui. Il a entendu Jésus dire à sa fille: lève-toi.

Aujourd'hui, leur attitude pose  des questions à notre vie de foi.  Ressentons-nous ce besoin d'aller à Jésus ? Avons-nous leur confiance ?  Avons-nous des mains qui ne touchent pas Jésus, des pieds qui ne marchent pas vers Jésus, des bouches qui ne peuvent s'exprimer avec foi ? 

Savoir Jésus présent sur nos routes pour marcher avec nous, nous accompagner aux heures de grandes détresses, comme à celles de grandes joies, réveille dans nos cœurs le désir de rencontrer sa miséricorde, son regard miséricordieux, qui ne sera jamais une parenthèse dans sa vie. Lui, homme nouveau,  demeure le seul en mesure de parler à l'humanité parce qu’il n’offre pas les fausses espérances des tireuses de cartes, des marchands d'un bonheur éphémère que sont les idolâtres de l’argent.  

Relisons et prions cette rencontre d'un homme et d'une femme qui ont rencontré Jésus sur la route de leur vie. Il leur a dit le prix et la beauté du mystère unique, personnel, de chacun de nous. Et c'est à nous maintenant, aujourd'hui, qu'il désire redire notre beauté à ses yeux. Si nous nous laissions surprendre par son visage, son regard de miséricorde qu'il pose sur nous!

Méditons cette très belle réflexion qu'écrivait saint Jean Chrysostome, au IVe siècle : Nous, malheureux que nous sommes, chaque jour nous touchons et nous prenons le corps du Seigneur, et pourtant tes blessures ne guérissent pas. Si nous sommes faibles, ce n’est pas le Christ qui nous manque, c’est la foi. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

Les « justes » ne sont pas toujours ceux qu’on pense : Luc 18, 9-14

La parabole du pharisien et du publicain qui prient au Temple est bien connue. Elle est avant tout un enseignement : un pécheur repentent est plus agréable à Dieu qu’un juste – plus exactement un prétendu juste – orgueilleux.

Le pharisien et le publicain ou collecteur d’impôts constituent deux types de personnes bien connus dans la société où vit Jésus. Le premier représente la piété officielle et il est considéré en principe comme quelqu’un de bon. L’autre apparaît au contraire comme un pécheur public et il est mal vu par ses compatriotes. Il  travaille en effet à la solde des occupants romains et les gens qui pratiquent son métier ont la réputation d’être malhonnêtes.

Dans sa prière, le pharisien commence par remercier Dieu, comme c’est la coutume chez les Juifs. Mais il ne le remercie pas pour ses « merveilles », conne la Vierge Marie dans le Magnificat. Il remercie plutôt pour la scrupuleuse observance de la Loi qui le caractérise, lui, et qui fait que Dieu est son débiteur. Il est autosuffisant et sûr de lui, et il méprise les autres qui ne sont pas aussi « vertueux » que lui.

La prière du publicain est bien différente. Il se sent tout-à-fait indigent devant Dieu. Conscient de ses péchés, il implore la miséricorde et la bonté de celui-ci. Convaincu de sa propre misère morale, il ne lui vient même pas à l’esprit de dénoncer les défauts des autres. Il est sincère et humble face à Dieu et aux autres.

En quittant le Temple, le publicain rentre chez lui « justifié ». Le pharisien n’obtient pas cette justification, pas parce que Dieu la lui refuse, mais parce qu’il n’en sent pas le besoin et qu’il ne la demande pas. On ne sait même pas si le publicain va changer de métier ou s’il va réparer le mal qu’il a fait aux autres, mais, par son humilité et son repentir, il est déjà devenu juste aux yeux de Dieu. Cette parabole met en valeur l’amour et le pardon inconditionnels du Dieu de Jésus Christ.

Le Dimanche mondial missionnaire que nous célébrons ce 23 octobre nous rappelle la joie et la responsabilité de l’annonce de l’Évangile. En tant que disciples missionnaires du Christ nous devons faire connaître à toute l’humanité le visage miséricordieux de Dieu. Il ne suffit pas de parler ou d’écrire pour rendre ce témoignage, il faut surtout apprendre à pardonner comme le Père lui-même, « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » (Mt 5,45).

Auvidec Média/Claude Dubois, prêtre des Missions-Étrangères

 

Réflexion sur Luc 18, 9-14

Écouter Dieu et changer

L’orgueil m’aveugle, rend ma prière, toute relation, stérile ;

les jours où j’entends Dieu, je suis un cœur chaste et repentant ;

mon être reconnaît ses faiblesses, et bien des fautes d’antan ;

J’accepte de recevoir de Lui mes conversions, heures fébriles.

Être Pharisien et Publicain

Oui, en Pharisien, à la Parole, même si Elle me bouscule ;

Non, en Publicain, à l’illusion d’avoir la vérité ;

le Salut, don de Dieu, m’ouvre à fuir mon ego, ses calculs,

à être une réponse d’amour offerte à ton intégrité.

Auvidec Média/Franck Widro, Paris

En communion intime avec Celui qui est Chemin, Vérité, Vie.

Vous entendez quelqu'un affirmer: «Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, personne ne va vers le Père sans passer par moi».  Quoi? Une personne dit être un passage obligé si on veut trouver Dieu. Elle dit qu'elle détient ce qui est propre à Dieu, d'être Vie, Vérité.  Vous sentez le besoin que la personne s'explique, qu'elle justifie une affirmation aussi radicale. Vous vous demandez: qu'est-ce qui l'a poussée à s'identifier ainsi?  L'évangéliste saint Jean a placé ces mots, à couper le souffle, sur les lèvres de Jésus lors de son discours d'adieux avant sa passion, sa mort et sa résurrection.

Auparavant, Jésus avait annoncé aux siens son départ prochain. Eux voulaient des précisions: départ pour un temps limité ou départ définitif?  Départ pour aller où?  Et eux, que deviendront-ils? Son départ, dit Jésus, n'a rien d'un abandon de ceux qui ont marché avec Lui.  Il s'en va leur préparer une place dans la maison du Père. Puis, il dit qu'il reviendra les prendre avec lui et donc qu'ils seront là où lui sera. Le départ de Jésus ne doit donc pas les bouleverser s'ils gardent en mémoire ce qu'il n'a pas cessé de leur répéter, à savoir que le Père est en lui et que lui est dans le Père.

Philippe semble bien parler au nom de tous lorsqu'il lance sa demande: «Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit».  La réplique de Jésus donne à penser que les disciples n'ont rien compris de son enseignement: «Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe?»  Es-tu en train de me dire que vous n'avez pas encore saisi que je suis dans le Père et que le Père est en moi?  Que lorsque je vous parle, c'est le message du Père qui vous est donné?  Que ce sont ses œuvres que je fais?

Vous avez été émerveillés par mes œuvres; eh bien, mois je vous promets que si vous croyez en moi, vous allez faire les mêmes œuvres que moi et vous en ferez même de plus grandes.

En ce 5e dimanche de Pâques 2017, qu'elle soit bien vibrante notre confession de foi en Jésus, Chemin, Vérité, Vie; qu'elle soit indéfectible notre confiance que Jésus ressuscité peut et veut faire en nous et par nous de grandes choses.

Auvidec Média/Lorraine Caza, CND

Réflexion sur Jean 14,1-12

Je suis un porte-Christ

Ma foi est une sensation, elle s’écrit dans mes œuvres d’amour ;

en baptisé, je deviens un porte-Christ, une âme recousue ;

dans mes actes de charité, ma médiation, tu vois Jésus,

Son Chemin ; à ton tour de Le prendre, d’en offrir le parcours.

L’Église, la prière et moi

En des lieux, des heures d’amour, j’entre en prière avec le Christ ;

je vais vers Dieu, me délivre d’idoles, quitte mes forces de mort ;

j’ose choisir d’être apôtre, d’accueillir l’impie, ses remords,

et de lui offrir la Parole, d’en devenir un choriste.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Quand Aristote réfléchit sur l’éthique (ou la morale), il commence par identifier les grandes aspirations de l’être humain. Sans surprise, il en conclut que son aspiration ultime est celle du bonheur. Il en fait le point de départ et la clef de toute sa réflexion éthique.

Plus que tous, Jésus sait ce qu’il y a dans l’être humain. Au moment de présenter le cœur de son évangile, il parle aussi de bonheur : « Heureux… heureux… ». Plus que tous aussi, il veut notre bonheur. Il énonce alors les attitudes caractérisant le bonheur dans son Royaume. Il rejoint et dépasse la philosophie d’Aristote.    

- Si nous y regardons de plus près, de qui Jésus parle t-il quand il répète « heureux… heureux… »

   . En un premier sens, il parle de lui. En effet qui, plus que lui, possède un cœur de pauvre, pleure sur toute souffrance, est habité par la douceur, la faim et soif de la justice, la miséricorde, la pureté du coeur, est artisan de paix et persécuté pour la justice ?

Lui-même d’ailleurs affirme qu’il est doux et humble de cœur. Il pleure sur Lazare et sur Jérusalem. Son visage reflète la miséricorde du Père : « Père, pardonne-leur… ». Il ne supporte pas l’injustice, surtout à l’endroit des  petits et des pauvres, etc.

- Énoncer les béatitudes c’est d’abord brosser le portrait de Jésus.

   . En un deuxième sens, il parle aussi de ses disciples. Tout à fait normal puisque le disciple est invité à imiter son maître.

Et alors, si nous voulons pénétrer l’esprit des béatitudes, feuilletons notre album de famille et regardons ceux et celles qui se sont mis à la suite de Jésus. Nous y voyons, par exemple, la pauvreté de cœur de François d’Assise, la compassion de Mère Teresa, la douceur de Jean XXIII, la soif de justice d’Helder Camara, la miséricorde de Vincent de Paul, le cœur pur de Thérèse de l’Enfant Jésus, l’engagement pour la paix de Bernard, les Apôtres persécutés, etc

- La pratique des béatitudes a conféré une grande beauté à quantité de saints et saintes. En retour, ceux-ci illustrent à merveille la beauté du message de l’Évangile.   

   . De qui Jésus parle-t-il encore quand il prononce ses béatitudes ? Sans doute aussi de son Église. Il l’a rêvée pénétrée de l’esprit des béatitudes. D’ailleurs, comment imaginer que des disciples vivant les béatitudes n’en viennent pas à former une Église des béatitudes !

Le Concile Vatican II a proposé l’idéal d’une Église « servante et pauvre ». Le Seigneur n’est-il pas en train d’exaucer son désir, d’une façon que les Pères du Concile n’avaient pas imaginé. N’est-ce pas aussi le programme du pape François dans Evangelii gaudium ? Ses paroles et ses gestes en témoignent amplement.

Un humble refrain d’autrefois résume bien l’esprit des béatitudes : « O Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ».

Auvidec Média/Mgr Bertrand Blanchet, Archevêque émérite de Rimouski

 

Réflexion sur Matthieu 5,1-12a

Heureux les miséricordieux

Les jours où je parviens à être un cœur miséricordieux,

Dieu me fait découvrir, accepter, et aimer mes faiblesses ;

Il m’aide à pardonner les affronts subis avec noblesse ;

je me donne en secours aux malheureux comme aux hommes odieux.

Heureux une âme pauvre

(sur Matthieu 5, 1-12a)

Quand j’ai reçu, accepté d’être un jour, l’histoire d’un cœur saint,

j’ai su voir en mes faiblesse une naissance à la charité ;

si elle échappe à ma foi, elle est parfois un vœu malsain ;

l’amour construit mon identité, vient de la Vérité.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Luc 10 1-9 : désignés pour sortir

Dans une lettre au contenu très fort, et qui est malheureusement passé un peu inaperçu, le pape François affirme que le premier sacrement, celui qui scelle à jamais notre identité [...] est le baptême. Il ajoute: nous entrons dans l’Église en laïcs [...]. Personne n’a été baptisé prêtre ou évêque. On nous a baptisés en tant que laïcs et ce signe est indélébile (Lettre du 19 mars 2016).

Le baptême est premier dans l’Église. Dans la joie de l’évangile, le pape écrit qu’en vertu du baptême reçu, chaque membre du peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire. Chaque baptisé, quel que soit [...] le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation [...].Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu [...]. Saint Paul, à partir de sa rencontre avec Jésus, se mit aussitôt à prêcher Jésus (Ac 9, 20).

Luc, le seul a évoquer ce passage, mentionne que Jésus en désigna encore soixante-douze. Ceci laisse sous-entendre que d’autres l’ont été avant eux. Si seulement douze accompagnaient Jésus, une multitude fut par Jésus lui-même, désignée pour l’annoncer.  Désignée pour aller en toute ville et localité. Non pas pour aller vers les croyants, les nouveaux chrétiens, mais vers les nations païennes. L’évangile n’est pas réservé à un petit groupe de privilégiés. 

Le baptême nous désigne diffuseurs officiels de la bonne nouvelle. D’une bonne nouvelle. On le dit depuis des décades, mais le tournant missionnaire confirme que nos vieilles souches chrétiennes qui font reposer l’annonce de l’évangile sur des personnes ordonnées et religieuses pèsent encore lourd dans nos mémoires.  Trop souvent, en pratique, notre éducation fait encore reposer l’annonce de l’évangile sur les ministres ordonnés.

Récemment, un père de famille à qui je demandais s’il éveillait son jeune enfant à la foi me répondit: « c’est ta job ». Il était mal à l’aise de parler de Jésus à son enfant. Le cléricalisme est toujours omniprésent chez nous.

Désigné pour sortir. Chaque baptisé a le pouvoir et le devoir de créer des ponts, de favoriser, selon une expression favorite du pape François, la rencontre et l’inclusion. Comme il est beau de voir des baptisés jeter des ponts là où surgissent des conflits dans les familles ! Comme il est beau de voir des baptisés capables de joie jusqu’à promouvoir des gestes qui éloignent des coeurs un esprit de vengeance et de haine ! 

Nous sommes des désignés pour cultiver la joie de l’évangile.  La joie de la miséricorde en ouvrant des chemins de rencontre à des relations déchirées, à de vieilles blessures qui empoisonnent l’existence. Quelle belle mission que de se savoir humblement désignés  pour dire une parole salutaire. Personne n’est exclu de cette mission si magnifique. Si belle et indispensable.

À votre contemplation : le baptisé est un envoyé pour annoncer la Parole de Dieu où qu’il soit, sans égard à son éducation. Sa force ne repose pas sur des prodiges pour impressionner ni sur des arguments d’autorité, mais seulement sur la pertinence de ce qu’il dit. Le baptisé est le seul signe que Dieu donne à notre monde (Cf Mt 12, 38). Avec l’évangélise saint Luc, soyons, deux par deux, cette Église en sortie pour que tes fidèles, Seigneur, disent ta gloire et ton règne (Acclamation). AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

ÉCOUTER OU NON LA VOIX DU BERGER   (Jn 10,1-10)

Je ne sais pas comment ça se passe dans l’Au-delà, j’ignore comment les humains y  peuvent communiquer entre eux.  Mais je sais qu’après la famille, les amis et le trio de Jésus, Marie et Joseph, il y en a deux que je vais chercher des yeux, à savoir les auteurs des évangiles de Marc et de Jean.  Je n’arrive pas à comprendre comment ils ont pu oser écrire comme ils l’ont fait, ni comment ils ont réussi à se faire publier.  Pour vous faire partager mon étonnement, je vous présente quelques versets du second.  C’est un scribe anonyme, qui, à la suite de ses rencontres avec des partisans de Jésus, a décidé de mettre par écrit ce qu’il avait compris de ce dernier.  Il écrit à une époque où, de Rome, la grande Église est en train de devenir une organisation en bonne et due forme, et d’imposer sa structure et sa pensée à la grandeur de l’Empire.  Aussi adresse-t-il, à sa fragile petite communauté,  des paroles de résistances et de liberté qui vont traverser l’Histoire.  Elles méritent d’être lues et relues.

Au chapitre 10 de son évangile, Jean parle de Jésus comme d’un berger.  Ce mot dit tout.  Un berger est un être qui vit en marge de la société, dans la solitude des pâturages, avec ses propres normes de conduite, n’ayant qu’une chose en tête : la protection et le bien-être de son troupeau.  Dans le monde ambiant, les bergers sont craints et méprisés, parce qu’indomptés et indomptables.  Par là, ce que Jean dit à sa communauté,  c’est qu’elle n’est pas sous la gouverne d’un prêtre au service de son temple, d’un scribe au service de son organisation, d’un politicien au service des intérêts des puissants, mais d’un berger au service de son seul troupeau, contre tous ceux qui lui veulent du mal.  Écoutons-le. 

                Jn 10,3 Les moutons écoutent la voix du berger quand il les appelle par leur nom, puisqu’ils lui appartiennent, et il les fait sortir [de l’enclos].  4 Quand il les a tous fait sortir, les siens, il va devant eux, et les moutons le suivent parce qu’ils connaissent sa voix.

Il faut lire et relire ce texte, pour se convaincre qu’il dit bien ce qu’il dit.  Le berger appelle ses moutons pour les faire sortir de l’enclos.  Ce que Jean dit là est terriblement subversif.  La tâche du berger, c’est de faire sortir ses moutons des systèmes, de tous les systèmes, de toutes les organisations dans lesquelles les humains s’enferment les uns les autres.  Parce que la vie est ailleurs.  L’évangéliste sait fort bien que c’est là chose très difficile à accepter pour les pauvres humains que nous sommes.  Aussi explicite-t-il la condition nécessaire à sa réalisation : s’être fait appeler par son nom.  En effet, pour être capable de s’engager sereinement sur le chemin tracé par Jésus, il faut avoir été interpellé par lui, s’être fait tracer dans le cœur l’orientation à donner à sa vie, et savoir qu’il marche devant, entraînant les siens à sa suite.

Le chemin n’est pas facile, mais c’est le seul qui conduise à la liberté :

            Jn 10,7 La porte des moutons, c’est moi.  9 Qui entre par moi sera libéré.  Il pourra entrer, sortir et trouver à manger.  10 Moi, je suis venu pour la vie, et la vie en abondance.

Quand on accepte de passer par la porte ouverte par Jésus, on est libre vis-à-vis des systèmes et des organisations.  On entre, on sort à volonté.  On n’est l’obligé de rien ni de personne.  L’important, la seule chose importante, c’est de vivre, et de trouver en soi la nourriture qui fait vivre.  Elle ne peut venir d’ailleurs, quelle que soit l’autorité de ceux qui prétendent le contraire.  Là-dessus, Jean a cette phrase dévastatrice :

                Jn 10,8 Tous ceux qui sont venus avant moi, ce sont des voleurs et des bandits.  Cette déclaration ne souffre pas d’exception.  Elle vise tous les rois d’Israël et de Juda, ou d’ailleurs, tous les chefs d’État, pharaons ou césars, de quelque nationalité que ce soit, tous les grands prêtres, tous les gouvernements avec l’ensemble des systèmes qu’ils ont montés à leur profit et à celui de leur nation.  Tous des voleurs et des bandits, parce qu’ils ont dépouillé les gens de leur liberté en les rendant esclaves de leurs systèmes.

Mais il y a plus.  Jean parle au passé, parce qu’il s’adresse à sa communauté qu’il juge libérée de toute cette racaille.  Il espère, cependant, qu’elle le restera, parce que les pressions sont fortes pour qu’elle rentre dans l’enclos, y rester à demeure, sans jamais en sortir par la porte de la liberté qui conduit à la nourriture de vie.  C’est l’enjeu de la foi, qui se pose à tous les croyants et croyantes de l’Histoire, à la grandeur du monde, à travers les cultures. 

Selon Jean, il m’est donné de durer dans la vie pour que j’aie le temps de prendre la seule grande décision qui compte, soit de croire la voix du berger qui m’appelle,  ou d’écouter celle des voleurs et des bandits.  Le berger est là, au cœur de moi, qui m’interpelle, les autres, je les vois chaque jour à la télé.                    

Auvidec Média/André Myre, bibliste, auteur, professeur honoraire de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal

 

Réflexion sur Jean 10, 1-10

Mon Baptême, un Appel

En baptisé, un jour, j’ai entendu la Voix du Christ,

j’ai choisi de franchir la porte d’une radicale conversion ;

mon être ivre de vie éternelle, en est l’un des choriste ;

l’amour fou s’inscrit dans mon âme, est en ce monde immersion.

L’Amour, le frère et moi

Jésus, merci du don de m’ajuster à l’Amour ultime ;

ainsi j’évite d’être une entrave à ton Salut, un besoin,

et accueille ma vie au service d’un frère confié à mes soins ;

le nommer par son nom, c’est atteindre le cœur de son intime.

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Marc 3, 31-35 : s’ouvrir à l’imprévu de Dieu     

Marc souligne par deux fois (v. 31 et 32) que sa mère et ses frères sont dehors. Dehors, non pas au sens extérieur, mais dehors au sens qu’à leurs yeux, Jésus est fou (Mc 3, 21). Les gens de chez lui (v.21) ne reconnaissent plus Jésus tant il déroge à l’éducation qu’il a reçue. Son comportement est déraisonnable, inconcevable, anormal. Pour ses parents, Jésus a tellement changé qu’il a besoin d’être saisi (v.21), d’être ramené à l’ordre.  Voilà le message central de ce passage. Jésus est tellement hors-norme que sa famille, les gens de chez lui veulent le ramener à la raison. 

Au terme de ce passage, un renversement complet de situation se produit. Les siens  (Mc 3, 21), la famille de sang de Jésus, ont plutôt été saisis par Jésus (Mc 3, 21), eux qui voulaient pourtant le saisir. Ils ont entendu Jésus les inviter à entrer dans sa famille et ils ont réalisé que Jésus ne  retournait pas dans la sienne. Au lieu de saisir Jésus de l’extérieur, eux qui étaient dehors, ils l’ont saisi de l’intérieur. Par en dedans. Au lieu de s’emparer du Jésus physique, ses proches ont été saisis, impressionnés, par le Jésus «projet nouveau», Parole neuve.

Jésus ramène «à l’ordre» les gens de sa famille. Celle-ci observe que Jésus refuse de replâtrer le message religieux de son temps; elle perçoit, comme la foule assise à ses pieds, qu’il n’est pas si désorienté qu’il en a l’air. Les gens commencent à réaliser que le langage nouveau de Jésus éloigne la foule d’un athéisme religieux qui surgit d’une formulation morte de la foi, pour citer Jean Sullivan. Le pape Paul VI s’interroge sur le bien fondé de bien dire les choses de la foi si les gens n’y comprennent rien.

Devant la foule, Jésus tient un langage plein de sens. Qui fait sens. La foule s’ouvre avec fébrilité à la parole faite chair. Elle pressent que la bonne nouvelle de celui qui a perdu la tête ne se retrouve pas dans la mémorisation de toutes les lois, dans la récitation d’un rigoureux catéchisme au langage incompréhensible ou encore dans la défense d’une institution. C’est dans la désinstallation de ses sécurités qui nait d’une rencontre vraie assise aux pieds de Jésus, que se trouve la bonne nouvelle.

La foule vit son annonce de la bonne nouvelle. Son annonciation. Assise aux pieds de Jésus,  elle vit la surprise de Dieu. Elle vit avec une émotion palpable l’inattendu, l’imprévu, celui d’être visitée par Dieu. Et si c’était ça faire la volonté de Dieu ?

Dans sa question qui est ma mère, Jésus donne lui-même une réponse : ce sont ceux et celles qui s’ouvrent à ce qui leur arrive, à l’imprévu de Dieu. Dieu n’annonce pas son arrivée à la samaritaine. Il n’a pas prévenu Paul qu’il va tomber de son cheval. Il n’a pas informé Charles de Foucauld qu’il passerait sa vie dans un désert. Il n’a pas annoncé à Marie qu’un ange la visiterait. Il n’a pas annoncé à un journaliste septique qu’il allait se convertir en enquêtant sur la foi, rapporte le site Aleteia du 26/12/16. 

Pour Marie, cette surprise de Dieu s’ouvre sur un magnificat, un OUI à sa volonté, jusque dans les détails et non un OUI en général. Pour nous, elle nous pousse, comme réponse à l’imprévu de ce qui nous arrive, à clamer que ta volonté soit faite.

Toute vraie rencontre avec Dieu repose sur cette certitude de ne pas prévoir ce que Dieu va faire. L’agir de Dieu, sa volonté,  est impossible à prévoir, impossible à cerner, impossible à enfermer dans nos schèmes de pensée. Pour Marie, comme pour nous, la seule chose que nous pouvons nous dire, que nous pouvons prévoir, c’est que Dieu nous attend encore au tournant, et que cet imprévu est la plus belle chose qui puisse nous arriver. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Prier sans se décourager

L’évangéliste Luc rapporte deux paraboles où Jésus montre qu’il faut toujours prier sans se décourager. Il y a d’abord la parabole de l’ami importuné. En pleine nuit, un ami demande trois pains. L’autre refuse; la porte est fermée et ses enfants sont couchés. Jésus affirme : « Même s’il ne se lève pas pour lui en donner parce qu’il est son ami, eh bien, parce que l’autre est sans vergogne, il se lèvera pour lui donner tout ce qu’il lui faut » (Luc 11, 8).

Foi et ténacité

Dans la parabole de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus insiste de nouveau sur l’importance de persévérer dans la prière. Un juge ne respecte pas Dieu et se moque des hommes. Or, une veuve lui demande justice contre ses adversaires. Le juge refuse, mais cède finalement à cause de la persévérance de la femme. « Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit? Et il les fait attendre! Je vous le déclare : il leur fera justice bien vite » (Luc 18, 7-8).

Pour Jésus, la prière est liée à la foi faite de confiance, de fidélité et de persévérance. Il rend grâce à Dieu lorsqu’il rencontre sur son chemin quelqu’un qui prie avec foi. Aucune prière ne se perd dans le néant et ne porte pas de fruit, mais elle reste cachée dans le mystère de Dieu. Il faut accepter d’attendre en silence, confiant en la parole de Jésus : « Quiconque demande reçoit; qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira (Luc 11, 9-10).

Dieu exauce ceux et celles qui crient vers lui jour et nuit. Pourtant, qui d’entre nous n’a pas été confronté à son éprouvant silence. Jésus lui-même sur la croix a lancé ce cri de détresse qu’il emprunte au psaume 21 (22) : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » (Matthieu 27, 46)? Face aux conflits, injustices, maladies, violences, on dirait qu’il ne nous entend pas, qu’il ne nous exauce pas. La Bible nous montre pourtant que la présence aimante de Dieu est bien plus forte que son absence, qu’il finit toujours par nous libérer, comme il l’a fait pour Jésus en le ressuscitant d’entre les morts. Pâques aura toujours le dernier mot sur le désespoir.

S’imprégner de l’Écriture

Pour soutenir la foi et la prière, rien de mieux que de s’imprégner de la parole de Dieu qui nous aide à tenir bon dans le combat spirituel. La richesse spirituelle des Saintes Écritures est sans fond. Saint Paul le rappelle à son compagnon Timothée, responsable de communauté : «Depuis ton plus jeune âge, tu connais les textes sacrés : ils ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus Christ» (2 Timothée 3, 15).

Dieu se communique à nous par la médiation de sa parole qui nous fait communier à sa vie. La Parole nous travaille plus que nous la travaillons, nous provoque et nous convoque à l’amour de Dieu, à prier sans se décourager. « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre? » (Luc 18, 8).

Auvidec Média/Jacques Gauthier, théologien et auteur

www.jacquesgauthier.com

Réflexion sur Luc 18,1-8

Parler à Dieu, être Vivant

Mon appel empli de patience, de confiance, est fondateur

d’un sincère dialogue intime avec Dieu ; Sa Parole m’entoure,

je découvre le Christ, doux Visage à l’agir Libérateur ;

Il m’entend, j’attends Sa Réponse : m’ouvrir à être pur amour.

Prier, c’est être et agir

La prière m’aide à défier les dangers avec courage ;

j’y trouve les bonnes réponses grâce à un nouvel éclairage ;

l’oraison me mène à aller vers mon Père, Le glorifier ;

ce dialogue m’ajuste à Dieu, me fait être un Je unifié.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Notre cœur n’est-il pas tout brûlant ?

Le récit de l’apparition de Jésus ressuscité aux disciples d’Emmaüs est toujours  émouvant. Il nous rejoint au cœur, alors que nous sommes en chemin nous aussi pour vivre notre foi et trouver réponse aux questions que cette foi nous pose.  On a souvent considéré ce parcours  comme un modèle de pédagogie évangélique. Il vient nourrir chez nous une spiritualité de cheminement et de route. Il dépasse en effet les limites d’une simple anecdote pour nous interpeler au niveau de nos démarches croyantes et spirituelles.

Car il nous faut vivre nous aussi un passage : celui de nos rêves à la réalité; celui de nos attentes si souvent déçues, brisées, endeuillées, à la découverte de ce qui nous apporte la vraie joie : la certitude que le Christ est vivant à jamais, mystérieusement présent auprès de celui ou celle qui l’accueille et se tourne vers lui.

Le déroulement de la rencontre rapportée en S. Luc est très simple. L’évènement s’étire cependant pour prendre tout le temps nécessaire qui permettra aux deux voyageurs de vivre en eux-mêmes un véritable voyage intérieur. Notre cheminement spirituel se situe lui aussi dans le cadre d’une longue marche où nous ne sommes pas seuls. Chacun de nous voyageant bien souvent avec un certain Cléophas, un compagnon, une compagne, une communauté, un groupe de réflexion, quelqu’un avec qui il partage ses rêves, ses attentes et aussi ses limites, ses constats d’échecs, ses rébellions, ses déceptions.

Ce compagnon de route ou cette communauté de vie risquent eux aussi de s’enliser dans la déception et le découragement. Heureusement qu’il y a cet autre personnage, le troisième, qui les rejoint, imprévu, mystérieux, venu de nulle part ou plutôt venu de Dieu lui-même. Ce personnage mystérieux c’est à la fois l’Esprit-Saint, la voix du Père, le Ressuscité en personne, et pourquoi pas tel intermédiaire que le Seigneur suscite près de nous, un témoin de la foi, un témoin du spirituel? 

Cette présence discrète introduit entre nous une remise en question salutaire, un éveil, pour une relecture éclairée de nos histoires de vie. Et nous voilà remis d’à plomb dans les plus justes perspectives de l’Évangile et de la foi. Ce rappel et cet éveil, ils passent par les Écritures : la Parole de Dieu entendue à la messe, fréquentée personnellement; les mots de Dieu nous reviennent; telle parole d’Évangile fait son chemin en nous. Précieuse lumière! Pour une mise au point de notre regard, de nos pensées.

Il nous est alors donné de prolonger dans l’Eucharistie ce temps d’éveil et de reconnaissance. Les gestes de la fraction du pain et du partage de la coupe, accomplis en mémoire du Christ comme il nous a dit de le faire, nous donnent une saisie étonnante sur le Ressuscité. Nous pouvons intimement le reconnaître. Nous savons qu’il  est avec nous pour la portion de route qu’il nous reste à parcourir.

Il n’y a rien de magique dans ces rites accomplis à la fin du parcours. Il y a simplement de suggéré l’humble sacrement de la foi, par où nous sommes mis en présence du Ressuscité, quand paroles et silences se conjuguent avec nos gestes, pour le garder avec nous et reconnaître le Seigneur avec les yeux de la foi, avec un cœur tout brûlant.

Voici qu’il nous a chauffé le cœur, qu’il nous illumine, qu’il nous donne énergie, élan et courage pour repartir vers quelqu’un d’autre à qui le dire, quelqu’un avec qui partager notre Joie, notre Amour et notre Paix puisqu’il reste avec nous.

Auvidec Média/Fr Jacques Marcotte, OP, Québec

 

Réflexion sur Luc 24,13-35

Ma foi est joie et vie

En mes doutes, Jésus brise mes pensées d’homme déçu, déprimé ;

hier, Il a pansé mes plaies, et m’a permis d’être joyeux.

En cette journée d’Emmaüs, une messe y est exprimée ;

j’y saisis le sens de ma vie, le Christ m’y ouvre les yeux.

Le Christ m’ouvre à Son Amour

La foi m’a fait voir Jésus, et laissé mes fausses certitudes ;

Sa Parole m’a mis debout, ouvert à un monde fraternel ;

j’accueille, dans le Pain rompu, partagé, le Christ, l’Éternel,

mon évangile à écrire par mes actes, des béatitudes.

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Lorsque l'évangéliste Matthieu présente la prédication de Jean le Baptiste en Mt 3: 2, il le fait dans une formulation identique à celle qu'il utilise pour introduire le contenu de la prédication de Jésus: «Repentez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche» (Mt 4: 17). Notons aussi que lorsqu'il parle de l'emprisonnement de Jean au tout début de la lecture évangélique d'aujourd'hui, Matthieu a recours au verbe «être livré» comme au moment où il se réfère à la passion et à la mort de Jésus (Mt 20: 18s ; 26:2). Rapprochement de Jean et de Jésus dans leur mission; rapprochement des deux dans leur destin de souffrance et de mort.

En ce dimanche, nous est donc présenté le début de la prédication de Jésus à l'heure où celle de Jean prend fin. Jésus, nous dit-on, se rend en Galilée et Matthieu sera le seul à situer le domicile de Jésus à Capharnaüm, au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.

Pourquoi cette référence à ces territoires, pouvons-nous penser?  La citation d'Isaïe (Is 8: 23 - 9:2) vient nous éclairer: Au 8e siècle avant Jésus-Christ, les territoires de Zabulon et Nephtali ont vécu une période d'humiliation et voilà que, de la bouche du prophète Isaïe, ils ont entendu qu'un avenir lumineux leur était promis: «le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière».  Dire de Jésus qu'il habite Capharnaüm dans cette «Galilée des nations», n'est-ce pas laisser percevoir que le Messie fait se lever une lumière dans le pays de l'ombre de la mort, qu'il vient dans ce coin du pays où habitent beaucoup de non-juifs, beaucoup de gens assez indépendants par rapport aux coutumes et aux traditions religieuses de la Judée.  Au fond, la proclamation de Jésus est située, en son commencement, dans un climat d'ouverture qui rejoint l'épisode des mages d'orient (Mt 2: 1-2).

Étonnants aussi ces appels adressés aux 4 pêcheurs du lac de Galilée, appels qui suivent immédiatement la proposition-synthèse de la prédication de Jésus.  Deux frères: Pierre et André sont surpris alors qu'ils jettent leurs filets dans le lac; deux autres frères: Jacques et Jean avec leur père Zébédée sont à préparer leurs filets. Dans les deux situations, les frères répondent immédiatement à l'appel de Jésus, comme s'ils s'engageaient dans une vie nouvelle. C'était donc si urgent pour Jésus d'associer des êtres humains à sa proclamation du Règne ! Jésus ? Oui.  L'Église?  Oui.

Auvidec Média/Lorraine Caza, sœur de la Congrégation de Notre-Dame

 

Réflexion sur Matthieu 4,12-23        

Le Christ et l’homme perdu

Le Christ m’incite à être apôtre, un cœur toujours en quête ;

en terre de mission, je me lève, avance en amour gracieux ;

aller vers l’autre, c’est sortir de soi, être un reflet des Cieux ;

le Royaume s’approche, d’un frère égaré fait la conquête.

Être cueilleur d’âme

L’Église m’ajuste à mon Père, m’invite à suivre le Christ chéri,

à Lui offrir mes souffrances et mes peurs, à en être guéri ;

j’accueille le Royaume, je Le laisse enfin me transfigurer ;

redevenu amour, je pêche des hommes à l’âme emmurée.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Luc 11, 37-41 : notre pratique religieuse est-elle cosmétique ?

Une lecture rapide et distraite fait ressortir l’impolitesse de Jésus qui se permet de donner à celui qui le reçoit à sa table une bonne leçon de conduite. En observant que son hôte est décontenancé et étonné devant le non-respect de sa part des obligations religieuses de se laver les mains avant le repas, Jésus pose les jalons d’une pratique religieuse plus intérieure qu’extérieure. Avec lui, les rites de purification extérieurs, lavage de mains, de coupes, de carafes, sont périmés. Pour Jésus, la vraie purification est intérieure. La religion n’est pas une affaire de « look ». Notre cœur a besoin d’être transfiguré.  

Jésus a une manière bien à lui de regarder son hôte. Il voit beaucoup plus que son empressement à bien l’accueillir. Il voit ses intentions profondes incluant toutes ces mauvaises choses [qui] sortent du dedans et souillent l’homme (Mc 7, 18-23). 

À plusieurs endroits dans l’évangile, Jésus donne l’impression aux scribes et pharisiens qu’il est l’ennemi de la religion. On souhaite le crucifier au nom de la religion, de le sacrifier pour sauver la religion. En pratique, Jésus ne s’oppose pas à la religion. Il est lui-même très religieux. Il ne se voyait pas comme un réformateur religieux. Jésus privilégie une démarche de rencontre personnelle, intime avec, Dieu plus intérieure qu'extérieure.

Jésus dit au pharisien qui l’accueille à sa table, je connais ton cœur, je le sonde et voici que j’y trouve un cœur qui manque de détachement, de profondeur. Ce n’est pas avec une pratique superficielle et bercée par des chants agréables à l’oreille qu’on arrive à bâtir une solide rencontre avec Dieu.

Dès que nous cessons d’être en mode relation avec Dieu, la pratique de la religion risque de se réduire à des gestes sans intimité. Il est antiévangélique de vivre d’une pratique religieuse « façade », sans intériorité, sans profondeur.

Dans la joie de l’évangile, le pape appelle l’Église à entrer dans un processus de discernement et de purification (no 30) d’une religion qui nous asservit à une pratique tout extérieure. Il dénonce les maladies de la « parure », de la « vaine gloire », du « paraître ». J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ (no3). Au siècle dernier, Maurice Zundel affirme que Dieu ne peut établir son règne qu’au-dedans de l’intimité secrète avec chacun de nous.

Dans la première lecture, Paul, avec une grande délicatesse, s’adressant à travers les Galates à chacun d’entre nous, demande de ne pas nous mettre de nouveau sous le joug de l’esclavage du paraître qui voile les intentions des pensées du cœur (Acclamation).

Le joug a le nom d’une religion superficielle. C’est un joug pesant que de paraître beau et bon. Jésus privilégie le joug léger, celui d’habiter nos fragilités, de ne pas les cacher et de nous en remettre à la grande miséricorde de Dieu.  Ce dont notre Église a le plus besoin actuellement, ce sont des chrétiens crédibles qui s’efforcent de vivre avec cohérence malgré leur fragilité, leur foi. Le passage d’une religion façade à celle d’une religion intériorisée est la grande urgence de notre temps.

Que saint Jean XXXIII fasse resplendir sur chacun de nous un visage de cette grande simplicité qui a tellement fasciné Jésus. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Nous voici dans le temps pascal, un temps long, cinquante jours ! Un temps offert pour que, cette année encore, nous nous ouvrions davantage au mystère qui nous fait vivre, être croyant : l’Eglise. Dans cette apparition, celle du Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la miséricorde, nous redécouvrons l’action du Seigneur Ressuscité, cette action nous dit que ce qui relie le Seigneur à chacun des croyants, c’est un lien unique, irremplaçable.

« La paix soit avec vous ! » Le Seigneur revient à nous, fort de sa vie qui ne meurt plus, fort d’une vie qu’il peut transmettre par son Esprit, une vie qui n’a de cesse de se répandre, d’animer le corps de toute l’humanité, de la ramener au Père. Une vie qui porte avec elle, joie, pardon, énergie, espérance, foi, charité... Cette vie a traversé la mort, l’abandon, elle a vaincu en elle toute résistance, tout péché, toute peur, toute contradiction... Elle appelle à vivre selon son esprit, elle arrache de son enfermement, entraine pour une nouvelle existence...

« Si je ne vois pas... » Thomas n’était pas avec eux, et il ne se sent pas de dire comme les autres, il respecte la situation, il ne fera pas comme eux, si comme eux il ne vit pas la même expérience, un appel comparable. Il demande de faire lui aussi l’expérience du Ressuscité, il veut ce contact direct, immédiat avec Son Seigneur... Il laisse la question ouverte, aussi bien envers ses compagnons qu’envers le Seigneur... Le temps passe et le Seigneur lui répond, Il vient à lui, Il le reconnaît.

« Mon Seigneur et mon Dieu ! » Thomas dès qu’il perçoit la présence du Ressuscité proclame sa foi... Son attitude est-elle déraisonnable à vrai dire... Notre foi ne nous relie-t-elle pas directement à Notre Seigneur, les signes ne font pas nombre avec la présence du Seigneur qui vient à nous, réellement, à travers eux. Heureux Thomas qui nous aide à être dans la juste position. Le Seigneur ressuscité établit avec chacun des croyants une relation personnelle, une relation d’amour et c’est à partir de cet ensemble de relations que l’Eglise se constitue. Durant ce temps pascal, Il apparaît aux uns et aux autres... Cherchons le Seigneur qui se laisse trouver... Et ouvrons-nous, de là, à nos frères... Le Corps de l’Eglise est le peuple des croyants.

Auvidec Média/Père Jean-Luc Fabre, s.j., Église catholique de France

Réflexion sur Jean 20,19-31

Le Christ, un frère et mon amour

Un jour, j’ai cru au Christ Ressuscité, ai reçu Sa Paix ;

je t’ouvre à être plus humain, à t’ajuster à Dieu, aux autres ;

je quitte un ego malsain, crée de l’amour, du respect ;

je bâtis avec Jésus un monde nouveau, en apôtre.

Une foi adulte ouvre à la Trinité

Jésus m’incite à une confiance emplie de sagacité ;

elle éclaire mon visage, m’ouvre les yeux de l’âme, et les engage

à interpréter tout signe de Dieu -en ma vie un langage- ;

l’Esprit-Saint m’aide à y voir la Présence du Ressuscité.

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Marc 2, 23-28 : Jésus apporte la nouveauté  

Dans cette homélie que nous offre l’auteur de l’épitre aux Hébreux, on vient d’y lire que Dieu s’est engagé de façon irrévocable ...à nous combler de bénédictions. Pour l’auteur de l’épitre, Dieu est une vraie bénédiction. Il est une vraie bénédiction quand il ne s’empresse pas à condamner des disciples arrachant des épis un jour de sabbat. C’est une incroyable largesse de considération qu’il fait à ses disciples.

Jésus ne les accuse pas pour leur geste.  Ne les défends pas. Même quand leur geste fait mal à sa réputation de maître, Jésus maintient son regard plein de gros bon sens. Ce gros bon sens remonte à David qui se permettait de manger lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim (v. 25). 

Jésus ne fait pas seulement les choses différemment des autres. Il est différent. C’est la nouveauté que Marc souligne dans toutes les pages de son évangile. Jésus, en bon connaisseur et plein de sagesse, sait que ses disciples ont besoin d’un regard neuf sur eux. Il sait qu’ils ont besoin d’être soutenus, encouragés malgré leurs failles. Cette «spécialité» inédite pour un maître de l’époque, choque beaucoup de monde. Il se met à dos beaucoup de monde. Il froisse surtout les gens «corrects». Mais Jésus, dans les mots du mystique maître Eckhart, c’est l’arrivée de ce qui est toujours neuf.  

Dans la joie de l’évangile, le pape François parle de l’éternelle nouveauté de Dieu. Citant saint Irénée, il dit que   dans sa venue [le Christ] a porté avec lui toute nouveauté (no 11). Il positionne l’Église sur cette même attitude: ce n’est pas parce que ça s’est toujours fait qu’il faut le faire (no 32).

Marc présente un Jésus qui ouvre une brèche de nouveauté, celle de ne brandir aucune menace ni de se cacher derrière une loi sans âme, une religion sans âme. Le maître Jésus, c’est toute une nouveauté, ne donne aucun conseil. Il ne fait qu’ouvrir des portes, des chemins. Cette attitude-là, nouvelle et provocante à la fois, porte en elle-même des jalons de changement. En responsabilisant plutôt qu’en accusant, Jésus fait grandir.

La lumière qui a brillé sur la terre dérange les yeux de ceux qui préfèrent le statu quo. Tellement dérangeante qu’on essaie par tous les moyens de la neutraliser. Aucun pouvoir ne peut masquer cette nouveauté. Rien ne peut arrêter la lumière Jésus.

Jésus n’est pas venu nous supplier de lever nos yeux vers le ciel pour ensuite ne plus rien voir des comportements humains inacceptables. Il refuse une religion et des comportements religieux qui ont toutes les allures d’une évasion des réalités d’en bas. Dans l’épisode du blé arraché un jour de sabbat, Jésus redirige toute l’attention sur l’humain. C’est humain d’avoir faim et même de travailler un jour de sabbat, pour s’approvisionner d’un peu de pain. 

C’est rassurant pour certains. C’est insécurisant pour d’autres. Ce chemin requiert des attitudes neuves, des vêtements neufs (Mc 2, 21), un regard décapant plutôt que figé sous un amoncellement de lois. Pour utiliser le langage d’aujourd’hui, Jésus n’est en rien un fondamentalisme du religieux. Son regard sur les événements le fait voir comme extrêmement «dangereux». On le soupçonne même de connivence avec le diable (cf. Mt 12, 27). 

À votre  contemplation : montrons le visage de Dieu. Offrons une parole, celle qui nous fait vivre au plus profond de nous-mêmes,  celle qui montre la voie d’une vraie rencontre avec Jésus.  AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield

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OÙ SONT ALLÉS LES AUTRES?

Dix hommes identifiés à «leur lèpre»! Comme un seul lépreux, ils s’approchent de Jésus, s’arrêtent à même distance, élèvent la voix,  remplacent l’habituel «Impur! Éloignez-vous!» par un cri nouveau: «Aie pitié de nous!»  Libre, Jésus les regarde. Humain, il leur parle! Une relation est créée. Tout devient possible. Jésus leur dit simplement d’aller se montrer aux prêtres pour obtenir le ticket attestant leur guérison et espérer ainsi devenir libres. Les dix le croient sur parole. En route, ils sont guéris ensemble. Mais l’un d’eux fait volte-face.

D’où vient qu’un homme se détache ainsi des autres? Sa rencontre de proximité avec Jésus, une fois enlevé son vêtement de lèpre, nous révèle un premier trait identitaire qui pourrait expliquer son «U turn» : il n’est plus un lépreux parmi d’autres lépreux, mais un Samaritain mêlé aux Juifs! Plus profond que cette différence, qu’est-ce qui soude ensemble neuf Juifs et un Samaritain et qu’est-ce qui les différencie pour que, de dix qu’ils étaient, ils deviennent un sur neuf, comme le remarque Jésus?

Ce qui tient ensemble ces êtres humains, identifiés à leur mal, n’est-ce pas exprimé par le cri de leurs entrailles? Leur SOS, une fois décodé, est l’écho amplifié du même désir qui les habite et qui en appelle de leur dignité. Comme toute personne exclue, ils sentent ensemble leur cri exaucé quand un être de bonté les entend, les voit et s’arrête pour eux. Jésus parlait de cela dans l’histoire du Samaritain prenant soin d’un blessé sur la route. Aujourd’hui, il nous présente un autre Samaritain qui, seul, revient en sa présence! Où sont les neuf autres, demande Jésus? Ils sont en route, présents à la consigne reçue!

Le Samaritain, se «voyant» guéri et sentant «du Bon Dieu là-dedans», revient  sur ses pas en louant Dieu pour remercier l’homme nommé Jésus. Seraient-ils trop Juifs pour faire cela, les neuf autres? Lors d’une rencontre, une femme a réalisé que plusieurs prescriptions, dites «religieuses», la coupaient de l’élan naturel de son cœur. Elle s’écria : « Je suis vraiment trop catholique pour être chrétienne!». Ce qui nous sépare les uns des autres, ce sont peut-être toutes ces soi-disant raisons qui nous coupent de notre propre cœur quand il faudrait, comme Jésus, écouter les cris et nous arrêter en route ou, le cœur content, faire demi-tour, comme fait le Samaritain, pour remercier quiconque par qui nous arrive quelque chose de bon...

Être vraiment chrétiens, serait-ce,  avec Jésus, nous laisser embrasser par Dieu,  épouser sa passion pour chaque être humain et pour ce monde dont il fait sa demeure de choix? Quelqu’un a dit que l’Église qui traverserait le 21è siècle serait celle qui serait la plus humaine! Car «nous sommes dépositaires d’un bien qui humanise» et «nous avons tous été créés pour ce que nous propose l’Évangile : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel», rappelle Pape François. Au fond, la rencontre de Jésus ferait-elle la différence? N’est-il pas «lumière pour tout être humain venant en ce monde»!

Auvidec Média/Rita Gagné, ursuline

Réflexion sur Luc 17,11-19

Ma foi est joie

Le mystère de la conversion m’offre de me désattrister ;

la foi libère ; j’ai vécu un miracle, mon couronnement :

j’étais enfin heureux, sorti de mes emprisonnements ;

hier, je me suis ouvert au désir de vivre, d’exister.

Vivre et louer Dieu

Les neuf lépreux refusent de dépendre d’un frère, et même de Dieu ;

des urgentistes me soignent, mais seul Jésus est mon Sauveur ;

en l’intime guéri, je reçois l’Eucharistie, ses faveurs,

puis dis merci au Christ, agenouillé sur le prie-Dieu.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Tôt le matin alors qu’il faisait encore nuit, Marie de Magdala se rendit au tombeau. Jean 20#1

Depuis la mi-mars, les apiculteurs québécois  peuvent  observer    la vie de leur ruche. Qui sortira vivant de six mois d’hivernage et de dormition ? Après plusieurs essais, la grande explosion des abeilles se fait  vers le temps de Pâques. Elles sortent en essaim festif, joyeux, unique à voir, une vraie explosion de vie ! Toutes fraiches sorties de l’hiver, elles  sont très applaudies. Et elles  donneront du miel si Dieu le veut dit le croyant.  Cette année,  les toutes nouvelles créatures ont été pondues par la reine au moment de la tempête malheureuse de la mi-mars.

Le mystère unique de la vie  et de son éternité suggérée avec la nature  a sa pleine dimension  en version cosmique   à l’aube du matin de Pâques. Nos premiers témoins ne le croient pas, même si la vie que Dieu donne est toute là.  Ainsi le récit de la résurrection est à écouter, attendre et voir,  même applaudir  dans les temps durs

Le retour à la vie du bien-aimé du Père sera la pierre angulaire de notre Seigneur. Notre   créateur devient maintenant libérateur et passeur de la mort à la vie. Et Il faudra aux disciples  quelques générations pour en saisir  la portée. Passeur à la vie et ce matin une rose est posée à l’aube sur le tombeau encore froid. Jésus est ressuscité. Un seul mot qui prend toute une vie pour découvrir un peu plus. Ainsi  Dieu a le premier et le  dernier mot qu’il nous donne quand nous ouvrons nos yeux et notre cœur. L’espérance nait au cœur de la mort  en ouvrant cette petite lueur  d’horizon au premier jour nouveau. Et encore là dans nos grisailles persistantes aujourd’hui. Frère Roger de Taizé persistait fortement, nous pouvons être désespéré mais jamais inespéré. Rien ne peut nous l’enlever.

La brève séquence de la résurrection selon Jean est d’autant intense qu’elle est riche d’infini. A l’aube du jour nouveau, Marie va au tombeau. Elle voit la pierre roulée et court avertir Pierre, Jean et le disciple que Jésus aimait. Pour croire au possible et dépasser le désarroi de la nuit, il faudra  voir  et connaitre le doute de  Thomas,  revisiter le reniement de Pierre au moment fort de son arrestation et laisser la lumière prendre place en nous.

Les bandelettes  du suaire ont été soigneusement pliées et seront alors les témoins du passé. Ce sont maintenant   aux premiers témoins Marie-Madeleine, Pierre et le disciple bien-aimé à être les témoins et les relais de cette nouveauté jamais éteignable.

Le retour des grandes incertitudes se conjugue à une fragilité de notre crédibilité. Vieillissement  des témoins, mais l’âge peut aussi dire sagesse.  Diversité des orientations personnelles, mais les chemins moins fréquentés ont de beaux paysages encore vierges. Choix de vie dans la durée, Dieu aime les longs parcours réorientables. Sommes-nous encore crédible ? Comme Jésus le disait déjà, pouvons-nous mettre du vin nouveau dans de vielles outres.

A la fin du sermon sur la montagne, il continue  simplement à affirmer, ‘’vous êtes le sel de la terre et la lumière.’’ L’écouter, en vivre  pour vrai ouvre les portes du matin de Pâques comme le miel de la vie nouvelle. Encore un choix possible répétait mon maitre Ricœur et  Maurice Zundel de faire échos en nous ‘’ l’important est d’être vivant avant de mourir’’   

Auvidec Média/Jean Porret, pasteur de l’Église presbytérienne au Canada

 

Réflexion sur Jean 20, 1-9

Je quitte la mort, entre dans la Vie

Je surgis de la tombe de mes égoïsmes très calmement,

roule la pierre du désespoir, puis m’échappe d’un enfermement,

enfin j’avance, t’offre pardon et bienveillance, mes jours fervents ;

ma façon d’exister, te présente la Face d’un Christ Vivant.

 

Dimanche, le Christ et moi

Dimanche est le premier jour de la semaine, un temps nouveau ;

il évoque le Ressuscité, ma naissance en charité,

mais aussi la Lumière, une sortie de l’intime écheveau

du passé, et enfin une insertion dans la Vérité.

 

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Le lendemain, il voit Jésus venir à lui et dit : Voici l’agneau  qui enlève le pêché du monde.

Cette nouvelle année commence avec  des questions longues et difficiles, parfois insolubles. Comment Jésus peut-il être à la fois  homme, fils de Dieu et Dieu lui-même comme nous le répéterons dans nos liturgies. Dieu au quotidien et horizon fait problème dans les jours intenables. De plus il enlève le pêché du monde. Dans la violence et l’insécurité montante, il est difficile à comprendre.

Les rencontres que nous faisons sont souvent simples et uniques. Un psychologue américain aimait dire que tout se passe dans les premiers mots  échangés entre deux personnes. Nous ne nous en rendons compte que plus tard quand les événements nous amènent à retourner vers la première fois où nous en avons fait la connaissance. Le plus souvent c’est bien bien plus tard. J’ai eu le grand plaisir d’accompagner intensivement  une personne pour quelques jours à Montréal. Don Helder Camara restera une pierre d’angle toute ma vie. Il avait une telle intensité et nature de vie que vous pouviez  lui poser toutes les questions les plus secrètes. Il avait un deuxième et troisième regard immédiat qui vous restera. Du plus simple au plus profond et au-delà !

Ce matin Jésus vient à Jean-Baptiste non pour être baptisé comme dans les autres Évangiles, mais être reconnu dans la plus grande intimité;  l’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Nous connaissons fort bien l’expression chaque fois qu’elle est reprise dans la prière eucharistique. Si elle rejoint la personne et la communauté qui le dit, elle va beaucoup plus loin dans l’histoire de Dieu avec nous. N’est-ce pas l’agneau qui était préparé à la veille du grand départ au pays de la mort en Égypte puis le serviteur souffrant et repris à la veille de la Pâques de Jésus lui-même. L’agneau qui donne la vie

La voix  le nomme et insiste pour dire que cet Esprit va demeurer en nous. L’Évangile de Jean a le don de tout dire dès les premiers mots, comme la passion de St-Jean chez Bach. En deux minutes de son prologue, il  nous donne tout ce qu’il faut croire et espérer dans la vie nouvelle  donnée en Christ.

Les temps nouveaux commencent avec l’année dite ordinaire. Mais l’extraordinaire y est déjà caché et promis. Comme les premiers mots échangés, ils donnent  le poids et la vie qui peut faire du sens aujourd’hui. Souhaitons-nous une année profonde et nourries. Dieu nous parle-t-il directement par le Christ demeurant toujours en nous sans le reconnaitre comme Jean-le-Baptiste le fait pour nous ce matin ? 

Auvidec Média/Jean Porret, pasteur de l’Église presbytérienne au Canada

Réflexion sur Jean 1,29-34

Je tombe, Il me relève

Jésus, l’Agneau des Cieux, a Libéré mon âme, S’est Offert ;

parfois par des actes méchants, je Le trahis, crée mon enfer ;

grâce à l’Esprit, je donne au Christ, mon être, son intégrité ;

Il y établit une Présence, Son Amour, la Vérité.

Être un récolteur d’âme

En bâtisseur de Paix, je sers Jésus-Christ, l’aime à toute heure ;

Il m’emplit l’intime et me sauve, je deviens un pêcheur d’homme ;

ma renaissance libère ton être emmuré, blasphémateur ;

je suis témoin de l’Amour du Père ; Il t’offre Sa main, Te nomme.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Luc 10, 38-42 : notre meilleure part c’est ...

Quand nous recevons quelqu’un d’important, quelqu’un qui a du prestige et dont la notoriété est bien connue, deux attitudes nous habitent. Nous voulons bien le recevoir, mais en même temps nous désirons l’écouter, l’interroger sur divers aspects de la société.

Quand Jésus se présente chez son ami Lazare, ses deux soeurs Marthe et Marie, veulent tout faire pour bien le recevoir. Comment ? Marthe s’empresse de lui préparer une bonne table. Elle s’active à lui offrir des mets succulents, débordant de fraicheur, exprimant ainsi sa joie de le recevoir. Marie préfère l’écouter et se fait toute écoute. Tout silence.

Marthe et Marie débordent de joie, mais leur manière de l’exprimer repose sur leur personnalité différente. L’une est, dirions-nous aujourd’hui, hyperactive, l’autre très lente. Ces deux attitudes d’hospitalité ne s’opposent pas. Elles convergent vers un seul but : bien accueillir le visiteur.

Mais l’unique nécessaire, c’est d’apprécier. Songeons ici aux dix lépreux qui ont tous été guéris, mais qu’un seul a pris le temps de revenir dire à Jésus sa reconnaissance (cf. Lc 17, 11-19). Beaucoup de gens prient, font des demandes, supplient, élèvent la voix pour crier: Seigneur, aie pitié de moi, écoute-moi; mais ils leur manquent une chose : l’action de grâce, voilà ce qui plait au Seigneur (1 Tm 2, 1, 3). François d’Assise précisait: nous te rendons grâces à cause de toi-même [...] parce que tu as fait naître ton Fils, vrai Dieu et vrai homme, et parce que ce même Fils reviendra dans la gloire de Sa Majesté.

L’unique nécessaire n’est pas de demander santé, argent, amis, mais plutôt d’apprendre à apprécier la vie qui est nôtre malgré les bobos, malgré des amis dont les imperfections nous fatiguent, malgré des nouvelles toujours plus horrifiantes les unes que les autres. 

C'est merveilleux de prendre conscience de tout ce que nous avons plutôt que de faire la liste de tout ce qui nous manque. C'est merveilleux de voir Dieu dans tout ce qui vit autour de nous, de voir sa présence dans sa maison commune et d’en rendre grâce. C'est merveilleux de s’arrêter pour exprimer notre merci pour la vie, pour nos amis, pour les gens qui donnent beaucoup de temps aux autres. Admirons tous ces bénévoles et volontaires des agences internationales qui au risque de leur vie, vont vers les victimes des guerres et des catastrophes naturelles.

Pour Paul, la seule chose qui lui manquait malgré tous les titres qu’il détenait, c’est de saisir le Christ, le but de sa vie (Phi 3, 14). La seule chose qui manquait au jeune homme riche était cette capacité de prendre une distance devant ces biens qui ne le rendait pas heureux ( Lc 18,22).

La seule chose qui nous manque aujourd’hui est d’apprécier, de nous émerveiller devant la beauté de la terre, de l’automne. Devant la beauté de tous ces gestes de compassion posés autour de nous. Dieu continue de nous surprendre, répète souvent le pape François. La meilleure part est de garder les yeux fixés sur Jésus. C’est de mener une vie de louange en toutes nos activités. C’est de ne jamais perdre de vue que Dieu est avec nous, qu’il s’arrête dans nos maisons pour nous exprimer sa joie et pour simplement converser avec nous.

Ne choisissons pas entre Marthe ou Marie. Marthe est incomplète sans Marie et Marie est incomplète sans Marthe. Les deux sont inséparables, mais les deux, par différents chemins, avaient les yeux fixés sur Jésus. Ouvrons chacune de nos journées en reprenant l’antienne d’ouverture des Laudes : Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange. Voilà l’unique nécessaire. Voilà notre meilleure part. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

L’entre-deux qui fait toute la différence

Trop souvent malheureusement, nous cherchons à prendre le contrôle de tout autour de nous, avec les meilleures ou les moins bonnes intentions. Nos projets et nos solutions s’avèrent gestionnaires; nos questionnements et nos réponses ne sont que techniques; nos comportements et nos esprits (je veux dire : notre mentalité et nos positions) restent binaires. On « prend en main » les gens et les situations, en se défendant bien d’être idéologique.

C’est notre lot, mais notre rançon aussi bien. Nulle grâce ne permet d’y échapper parfaitement ou d’en être exempté. Le danger serait de prétendre le contraire – et c’est pourquoi il faut tant craindre les idéologues, qui ignorent toujours les angles morts de leurs position et mentalité.

Mais la grâce peut nous guérir, même dans les situations les plus équivoques ou les plus « coinçantes ». Elle nous aide à (re-)trouver un fonctionnement sain; elle nous maintient en une ouverture salvifique; elle configure en nous une posture ternaire.

Cette grâce, concrètement mise en scène dans le texte mathéen de ce jour, c’est (la figure de) ce Jésus : monté sur deux ânes et s’absentant d’une « procession » où il n’est plus que l’objet de nos besoins.

Parce qu’à l’évidence, on ne s’assoit jamais littéralement sur deux montures à la fois, Jésus est présenté dans l’entre-deux où il décide lui-même de se situer. Comme ces ânes, Jésus doit être trouvé en un lieu autre et méconnu, au-devant de soi. Il doit être délié et prévenu de la moindre prétention à dire quelque chose de sa situation véritable. Il doit relever d’une parole autre que la sienne (une prophétie, qu’il ne fait pas lui-même!) et où il peut s’inscrire.

Il n’est donc ni réduit au « destin », qui lui échapperait, de sa route vers Jérusalem ni gonflé de la « pleine conscience » de celui qui sait tout, devine tout et contrôle tout. Certes, comme maître et Seigneur (quel maître? quel Seigneur?), il semble coincé, comme pris à parti, s’il doit simplement prédire cela même qu’il va commander de faire à ses deux disciples, ou s’il instrumentalise ces deux disciples aussi bien que ces ânes pour ses fins propres, ou encore s’il lui suffit de contrecarrer toute possible opposition à sa demande par une justification au nom du « Seigneur [qui] en a besoin »  (quel genre de « Seigneur » en aurait nécessairement besoin?)

La posture de Jésus, cet entre-deux où il se tient, n’a rien de l’indécision. Elle ne repose pas davantage sur une soi-disant humilité de Jésus, même « au service de la cause »; ça ne change rien à ce contexte idéologique. Sa posture prévient l’idéologisation et ça fait toute la différence : si tant est qu’on lui reconnaisse cette posture…

Mais parce que rien n’est moins sûr, il s’efface. Une fois assis (au non-lieu où il choisit de prendre place), on perd de vue Jésus. On n’a d’yeux que pour ces deux disciples couvrant de leur manteau les ânes qui sont amenés. On n’a d’yeux que pour cette foule ajoutant à son tour aux manteaux personnels de quoi couvrir la route. Tout se trouve pavé, sans plus aucune allusion à Jésus se déplaçant.

Enserré dans cette double foule, qui le précède et qui le suit, il est totalement éclipsé. Être là jeté dans la masse… ou ne pas être : quelle différence? Être là, sans place visible, ne participant à rien de ce qui se déroule visiblement : quelle absence!

Ce qu’acclament alors les masses avec ce « Fils de David » venant « au nom du Seigneur », est-ce plus qu’une réclamation en leur faveur, une reconnaissance fort intéressée, puisqu’elle prend toute la place? Aussi haut dans les cieux que puisse se rendre l’acclamation, il n’en restera, lorsque Jésus entre finalement dans la ville de Jérusalem elle aussi en proie à l’agitation, il n’en restera qu’une identification « prophète » ramenée à… n’instruisant que de son origine géographique (« Jésus, de Nazareth en Galilée »). Comme quoi, c’est « tout un » ou bien « tout l’autre » qui déciderait encore de son identité, quand on perd de vue l’entre-deux…

L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem est le reflet de notre esprit binaire contrôlant, de notre besoin d’« avoir tout entre nos mains » –  quelle que soit la cause… quelle que soit la crise identitaire que l’on mène. L’issue ne consiste pas à s’abstraire de ces conditions : chose ô combien impossible et leurre ô combien difficilement inavouable. Il s’agit plutôt  de traverser et d’habiter autrement notre situation ambiguë et complexe, à la manière de Jésus.

Tel serait alors l’art, la possibilité, l’exigence de se déplacer assis dans l’entre-deux que crée la parole, que constitue la béance de la foi, que met en place l’absence à même la présence.

Auvidec Média/Étienne Pouliot, chargé d’enseignement/Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval

 

 

Marc 1, 21-28 : la beauté de l’effacement  

Quelle étonnante demande de la part de Jésus? Ne parle pas de moi, lui demande-t-il. Ne me fais pas de publicité, car tu risques de mal me faire connaître. Jésus est sorti de son Père, est venu vers nous pour des motifs de charité et non pour promouvoir un culte à sa personne. Dans son être profond, dans sa nature profonde, le premier réflexe de Jésus est de ne pas se faire admirer, de ne pas se faire dire qu’il est beau, gentil et fin. 

C’est en imposant le silence que Jésus inaugure chez Marc, un jour de sabbat et dans la synagogue, sa prise de parole. Plutôt que de parler de lui, Jésus invite à se taire parce qu’il se méfie des contrefaçons qui le représentent. Dans cet ordre donné à Satan de taire son identité, Jésus refuse d’être publicisé à bon marché. Il questionne la connaissance de celui qui prétend le connaître. Sa logique n’est pas de se promouvoir, de détenir les premiers rangs. Il renverse la logique mondaine, celle du pouvoir, du commandement. Il appelle a un renversement de perspective,  très différent de ces intellectuels de la religion  où tout est résolu par la loi.

L’essentiel de ce tais-toi ouvre sur une autre vie que celle de l’extérieur, que celle du visible. Alors que les chefs religieux fondent tout sur le visible, Jésus s’intéresse à notre terre intérieure pour éviter qu’elle se dessèche. Tais-toi pour mieux me contempler. Me regarder.

Jésus ne cherche aucunement à impressionner, à se donner une grande notoriété, ni à être au premier rang du palmarès des gens les plus importants ou riches. Il ne désire même pas faire bonne impression chez les auditeurs de la synagogue en leur disant ce qu’ils veulent savoir. Il souhaite seulement que son enseignement, sa parole, rejoigne le fond des cœurs. En ouverture de son évangile, Marc propose le plus beau des voyages qui retentira tout au long de son bref évangile : contempler le mystère Jésus.

À nos yeux humains, cette demande, tais-toi, est incompréhensible. C’est une belle occasion manquée de publiciser son projet de société qu’il appelle son royaume. Mais, dans cette demande, se cache toute la spiritualité de Jésus, tout son projet évangélique. Il ne recherche pas des effets spéciaux, spectaculaires pour attirer des admirateurs de sa personne.

Il veut des contemplatifs des petites choses du quotidien. C’est là, dans ce «lieu» des petites choses, des petits gestes anodins que se cachent de grandes choses, une richesse insoupçonnée. La logique de Noël [ de l’évangile] est le renversement de la logique mondaine, de la logique du pouvoir, de la logique du commandement, de la logique pharisienne (François, discours à la curie, 22/12/16).

Cette demande de Jésus, tais-toi, ramène à notre réflexion que le plus merveilleux se vit hors de toutes actions d’éclat. Dévoiler ce qui est merveilleux enlève tout l’éclat et la beauté du geste posé. Marie atteste cela, elle dont la vie fut effacement, et vécut dans l’accomplissement de tâches les plus banales de tous les jours : s’occuper de la maisonnée, être présence et vie en rendant de petits services aux autres, etc. Sa vie ne fut pas une recherche de gestes d’éclat ni de merveilleux. Pourtant, elle demeure dans l’histoire la femme la plus accomplie après son fils.

Tais-toi. Étonnant ! Mais aussi étonnante est la réaction des leaders religieux quand Jésus s’exprime clairement sur ses origines divines. Tu n’es qu’un homme (Cf. Jn 10,33). Tu n’es que le fils de Joseph (Mc 4, 22). Refuser de se taire soulève un tollé d’opposition, d’incrédulité.

Tais-toi, est un appel à une réforme d’une Église axée sur le paraître. Jésus n’apparaît pas dans la salle noble d’un palais royal, mais dans la pauvreté d’une étable ; non dans les fastes de l’apparence, mais dans la simplicité de la vie ; non dans le pouvoir, mais dans une petitesse qui surprend. Et pour le rencontrer, il faut aller là, où il se tient; il faut s’incliner, s’abaisser, se faire petits (homélie de Noël 2016). Se faire effacement. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Luc 17,5-10 : Le serviteur qui ne fait que son devoir

Dans cette parabole propre à Luc, l’accent est mis sur le fait que personne n’est indispensable.

Notons tout d’abord que l’adjectif « quelconques » signifie littéralement « bons à rien »; c’est un peu exagéré, certes, mais conforme aux procédés pédagogiques de Jésus. La même expression de « bon à rien » est utilisée par Matthieu pour décrire, dans la parabole des Talents, le serviteur qui a enterré l’argent qui lui avait été confié, avant d’être « jeté dans les ténèbres du dehors » (Mt 25,30).

Notons aussi que le « serviteur » de la parabole est ici celui qui « laboure et garde les bêtes », qui « revient des champs » où il a passé toute la journée; c’est donc quelqu’un proche de la nature, qui est chargé d’en prendre soin.

Le fait de ne pas être indispensables, quelconques, ne signifie pas être inutiles. Nous devons être conscients que si nous n’avons fait que notre devoir, ce que nous avons fait tout notre devoir. Ainsi, le soin de la terre n’est pas juste une réponse à la crise environnementale actuelle : la sauvegarde le Création est véritable un impératif chrétien.

Nous pouvons commencer par nous émerveiller de la Création, de sa beauté, de sa richesse, de la complexité de la vie, de voir comme tout cela est bon, ainsi que de faire nôtre et d’aimer le métier de serviteur qui nous est attribué.

La deuxième étape serait de se repentir, se convertir, de revenir en soi : « Produisez donc du bon fruit qui témoigne de votre conversion » proclamait Jean-Baptiste (Mt 3,8).

L’étape suivante est de mettre en pratique dans le quotidien, non seulement de nos vies personnelles mais de celles de nos communautés, cet impératif biblique de prendre soin de la création en commençant par la consommation responsable.

La consommation responsable, c’est combattre l’omniprésent « Je veux, j’achète ; je ne veux plus, je jette ». Cette parabole pose un fondement au rejet du modèle de développement du monde occidental néolibéral qui, depuis un siècle, encourage la surexploitation, la surconsommation, le gaspillage et l’indifférence. En fin de compte, ce n’est là qu’obéissance et amour au Père de la parabole, ce n’est là qu’effectuer les tâches de « serviteurs inutiles ».

La parabole de Luc nous appelle à être serviteurs quelconques mais fidèles de la Terre, qui n’attendent aucun remerciement, pour la seule gloire de Dieu.

Auvidec Média/David Fines, pasteur de l’Église Unie

 

Réflexion sur Luc 17, 5-10

L’écologie humaine et moi

J’ai du Christ, les moyens de toucher aux lois de la nature;

je cours à ma perte, si au désir d’être dieu, je m’asservis;

obéir au Père, c’est vivre en frère sur terre, une aventure,

avoir une action sur le monde, mise au service de la Vie.

Vivre, c’est croire

Ma foi, elle vient de Dieu ; je la protège, en ai la gérance ;

elle m’offre mon Je, un sens à ma vie ; j’entends la Cité ;

cette force des Cieux me permet d’affronter l’adversité,

c’est le Christ à mes côtés ; mon être est paix et espérance.

Auvidec Média/Franck Widro, Paris

Jean 8, 21-30 : en nous, un désir d’autre chose

Il y a quelque chose de très beau et  de fascinant dans cette réponse de Jésus précisant (enfin!) son identité. Il y a aussi quelque chose d’effrayant. C’est par la croix qu’il nous montre le mieux qui il est. C’est par ce scandale et cette folie (1 Co 22, 24), c’est par cette scène horrible que beaucoup crurent en lui (v. 30).

Jésus ne se contente pas de bien parler, il parle bien. À comprendre, Jésus parle bien parce qu’il agit selon ce qu’il dit. Il prend au sérieux ce qu’il dit, alors que d’autres, les beaux parlants, se contentent de seulement bien parler. De faire de beaux discours qui ne mènent nulle part. Ce matin, Jésus nous apprend à parler bien. Il nous apprend à être ce qu’on dit. Je dis ce que le Père m’a enseigné. 

Au lieu d’entrer dans une logique de vengeance envers ceux qui refusent de le reconnaître ou mieux qui ont de la difficulté (et elle est de tous les temps) à percevoir même de loin son «je suis», Jésus assume jusqu’au bout la logique de l’incarnation. La logique de la finitude. La logique du parler bien qui le conduira à la croix alors que celle de bien parler aurait pu susciter admiration et adhésion des leaders religieux et politiques. Jésus refuse la logique de seulement bien parler. Saint Jean emploie un mot qui est au coeur de son évangile: Jésus s’est fait chair (Jn 1, 14) pour parler bien plutôt que d’être un beau parleur.

Dans ce mot incarnation, chair, il y a un mouvement qui va de la naissance à la mort, de la mort à la vie. Ce mot englobe le commencement d’une vie divine en nous. Grandir, mûrir en responsabilité, apprendre, chercher, observer, s’interroger, s’émerveiller, se diviniser, ce sont toutes des étapes qui jaillissent du mot incarnation. Jésus n’a pas esquivé ces étapes, même les plus sombres et les plus amères de la vie. Dans ce mot, il y a un devenir divin. Nous sommes d’en haut. Nous sommes aussi de sa race (Ac 17, 28).

En nous, la loi d’airain de l’intérêt (Bruno Latour, dans Enquête sur les modes d’existence, 2012), cette loi qui nous incarne aux choses d’en bas, celle du pouvoir, de la consommation, d’avoir plus, est bien plus robuste que celle d’une vie incarnée dans le monde de Dieu, le monde d’en haut.

La question demeure : comment en est-on arrivé à une telle disproportion entre les choses d’en bas et celle d’en haut?  Comment est-on arrivé à une telle opposition qui affecte notre être profond? En ouvrant les conférences du carême à Notre-Dame de Paris, le philosophe chrétien Olivier Boulnois  affirmait que la culture ne permet plus à l’homme d’accéder à son essence [...]; elle est [devenue] un bien de consommation au service du divertissement et de la satisfaction immédiate de nos désirs (http://www.paris.catholique.fr/texte-de-la-conference-de-careme-a-40271.html).

En nous, en chaque être humain, il y a un désir d’autre chose. Que nous le voulions ou non, le reconnaissions ou non, Jésus est le représentant de cette autre chose. Il a annoncé cette autre chose dans un environnement qui lui a été hostile et qui le demeure aujourd’hui. Cette autre chose, sa bonne nouvelle,  paraissait tellement une folie pour son époque qu’on l’a conduit à la mort.

Dans les Actes des apôtres (chapitre 17), Paul s’emploie à démontrer que cette autre chose offre un nouveau regard: comment vivre non écartelé entre «l’en bas» et «l’en haut», entre une vie matérialiste et spirituelle. Au dieu inconnu, il leur fait connaître ce Dieu qu’ils ne connaissent pas. Nous avons en lui la vie, le mouvement et l’être (Ac 17, 28).

En nous préparant à entrer dans cette semaine sainte, ne récriminons pas contre cette autre chose que nous propose Jésus. Cette autre chose nous vient d’en haut et passe par Jésus, ce «je suis», un homme ordinaire, unique. Que ces jours saints nous fassent passer du jardin d’Éden à un sol maudit (Gn 3,17) à celui plus sublime, du jardin d'une terre neuve, inédite, toujours en construction, qu’est cette autre chose que nous offre la Croix de Jésus. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

Bonne nouvelle pour tous!

Il est étonnant qu’à Noël les bergers soient les premiers informés de la naissance de Jésus. Ils sont les premiers à venir adorer l’enfant. Il me semble que Dieu aurait pu choisir mieux que ces pauvres hommes dont la réputation était douteuse à l’époque. Pourquoi ont-ils ce privilège d’une première annonce alors que tant de gens plus respectables, plus instruits auraient dû passer avant eux? Des prêtres, par exemple, des lévites, des scribes, des pharisiens? C’est vrai que les bergers étaient déjà debout. Veillant dans la nuit, ils étaient là quand les anges sont passés. Les autres habitants, eux, ils dormaient bien tranquilles, ou ils faisaient peut-être la fête. Au fond c’était bien normal que les anges se portent d’abord vers ceux qui, pécheurs ou pas, étaient là sur le qui-vive, prêts à recevoir l’annonce de cette bonne nouvelle : Aujourd’hui vous est né un Sauveur.

On pourrait penser qu’à l’Épiphanie aussi les choses auraient dû se passer autrement. Les Mages étaient des gens de prestige, membres d’une caste sacerdotale, et peut-être même royale, en Perses ou ailleurs en Orient. Ils avaient sans doute un grand équipage. Puis ils avaient de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Des gens à la hauteur de notre Seigneur, dirions-nous. Mais voilà, il y a là aussi quelque chose qui cloche : ces messieurs ne sont pas des juifs. Les bergers, eux au moins, ils étaient membres du peuple élu. Or les Mages étaient des étrangers, des païens! N’était-ce pas scandaleux? On comprend l’étonnement des sages d’Israël et du Roi Hérode devant ces visiteurs qui les dérangeaient avec leur question « indiscrète » sur le lieu où devait naître le roi des juifs!

Saint Matthieu a retenu cet événement pour bien montrer, dès le début de son évangile, que la Bonne Nouvelle est offerte à toute l’humanité, qu’elle n’est pas réservée au peuple juif. L’évangéliste montre ainsi son émerveillement comme Paul le fait dans la 2e lecture : « Frères et sœurs, vous avez appris en quoi consiste la grâce que Dieu m'a donnée pour vous : il m'a fait connaître le mystère du Christ, à savoir que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus.

Cette annonce de la Bonne Nouvelle au monde païen ne rend pas pour autant inutile la première alliance avec le peuple juif. C’est dans la révélation biblique que les prêtres et les scribes apprennent que le Messie va naître à Bethléem. Mais l’Écriture seule ne suffit pas. Il a fallu l’Étoile, comme il a fallu les anges dans la nuit; l’étoile qui, bien plus qu’un corps céleste, suggère l’action de l’Esprit dans le cœur des Mages. D’où la grande joie qu’ils éprouvent à retrouver l’étoile en quittant Jérusalem après leur consultation.

Si les Mages sont les seuls à voir l’étoile, c’est sans doute parce qu’Hérode était trop distrait par le faste de sa cours; c’est peut-être que les prêtres et les scribes étaient trop convaincus d’avoir la vérité pour eux. Tout ce beau monde n’était pas disponible pour la nouveauté que Dieu lui offrait.

Pour discerner une étoile, il faut la nuit. Pour nous laisser instruire par l’Esprit, il faut d’abord reconnaître notre ignorance, laisser les questions monter en nous. Ne pas croire aux seules forces de l’intelligence. Il faut laisser venir en nous la lumière surnaturelle de la foi et nous laisser illuminer par l’Étoile, par le Saint Esprit. Et alors nous pouvons rencontrer l’enfant de Bethléem, le Christ Sauveur et l’adorer en vérité. Et nous voyons qu’Il nous faut aussitôt repartir par un autre chemin, celui de l’Évangile, chemin d’amour véritable, de lumière et de paix.

Auvidec Média/Jacques Marcotte, op, Québec

 

Réflexion sur Matthieu 2, 1-12

L’Amour et ma conversion

Hier, j’ignorais Dieu, Le tuais ; j’avais de fausses raisons d’être ;

je cherchais sans cesse la Vérité, comme les mages, mes ancêtres ;

quand j’ai touché Jésus, ma vie a changé, s’est aplanie ;

je t’offre Son Amour ; toutes mes journées sont une épiphanie.

Être converti, être amour

Dès le jour béni où je me suis converti, grâce au Christ,

j’ai pu devenir un témoin de Son Amour, un choriste ;

ma vie depuis est une épiphanie, une vraie plus-value,

un signe de la guérison de tes blessures, de ton Salut.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Luc 9, 51-56 : la violence n’est pas le plan de Dieu

Mais Jésus les réprimanda. Arrivé à un moment décisif de son ministère, montant à Jérusalem, Jésus refusa d’approuver le geste de destruction entrevue par les non moindres des apôtres, Jacques et Jean, qu’il avait envoyé en avant de lui.

Ces derniers, se sentant offusqués de ne pouvoir réaliser le mandat explicite de préparer le passage de Jésus en Samarie, leur animosité monte d’un cran. Ils réagissent immédiatement au refus des Samaritains. Ils y voient un manque d’égards outrageant à l’endroit de Jésus.  Très enthousiastes, ils appellent sur eux la foudre.   Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ?

Tout autre est l’attitude de Jésus. La violence, leur dit-il, est d’une autre époque. Et, dit Luc, ils partirent pour un autre village. La réponse de Jésus aux fils de Zébédée (cf. Mc 10, 35), les fils du tonnerre (cf. Mc 3, 17), prêts à maudire, est sans appel. Il leur donne une bonne leçon de sa manière d’agir. Il n’est pas venu habiter chez nous pour agir comme les fils de ce monde (cf. Luc 16,8) en supprimant opposants et adversaires.

Jésus refuse leur attitude d’hostilité et de vengeance. Il refuse d’être un semeur de division. Plutôt que d’accroître les oppositions à sa personne, Jésus préfère prendre un autre chemin. Il recherche non pas la guerre, mais la paix. Plutôt que d’accélérer l’enfermement des samaritains sur eux-mêmes, Jésus préfère les en sortir. Ce que je désire, n’est-ce pas, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive (Éz 18, 23).

En refusant d’approuver ses disciples, Jésus indique un chemin d’évangélisation. Il réclame pour les samaritains la liberté de l’accueillir ou de le rejeter. Il refuse à ses disciples de le présenter sous une fausse image, celle d’un messie tout puissant venu restaurer un peuple en perte d’autonomie. Il refuse qu’on utilise son nom, son saint nom, pour justifier la violence, la haine ou son intérêt personnel (Zénith, 7/8/16). Il souhaite être perçu comme un simple habitant de Nazareth payant ses dîmes à César. 

L’attitude de Jésus est toujours actuelle. Que de fausses images  avons-nous de Dieu ! Certains veulent le cantonner à l’espace limité de leurs désirs et de leurs propres convictions. D’autres le réduisent à une fausse idole et utilisent son nom pour justifier et promouvoir la violence.  Pour d’autres, Dieu est un refuge psychologique, rassurant dans les moments difficiles. D’autres préfèrent une foi repliée sur elle-même, imperméable à la force de l’amour miséricordieux du Père. Certains, enfin, se complaisent dans un rapport purement intimiste avec Jésus, refusant l’élan missionnaire capable de changer le monde et l’Histoire. 

Devant l’insouciance et la grande ignorance de Dieu, Vincent de Paul, dont nous faisons mémoire aujourd’hui, a inauguré un grand mouvement qui dure encore aujourd’hui, celui des prêtres de saint Vincent de Paul et des filles de la Charité. Il a voulu aider Dieu en aidant les plus démunis. Pour lui, on ne quitte pas Dieu quand on œuvre près des pauvres.

Dans ce monde qui rejette Dieu ou plus exactement une image de Dieu, qu’il est difficile pour tout évangélisateur de garder cette attitude de compassion et de bienveillance. Que de retenue il faut pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu des conflits, voire des violences au nom de Dieu.

Puisse Jésus ce matin, nous reprendre vivement lorsque nous souhaitons, comme Jacques et Jean, punir ceux qui rejettent Jésus. Devant les détracteurs de la foi, que Monsieur Vincent nous indique son chemin, celui de la charité. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Jean 11, 1-45 : Jésus à l’enterrement de Lazare

Qu’il est étrange, ce récit ! On pourrait le raconter comme un conte de fées : « Il y avait une fois un homme qui était malade, et il avait deux sœurs. » D’ailleurs, il se termine bien, d’une façon qui met des étoiles dans les yeux : Lazare sort du tombeau, encore tout encombré de son linceul – aujourd’hui, il sortirait de sa tombe, en secouant la terre de ses cheveux. Et pourtant, entre ce début et cette fin heureuse, il y a ce que nous avons tous connu à la mort de quelqu’un qu’on aime. La famille se réunit, les amis viennent soutenir. On ne sait pas quoi dire : on pleure ensemble, et c’est déjà ça. Même nommer ce qui se passe, c’est difficile. Il est si dur, si définitif, le mot « mort ». Alors on dit qu’il est parti, qu’il n’est plus, ou, comme Jésus le dit ici : « Lazare, notre ami, s’est endormi. » Pourtant la réalité est là, et c’est vers elle que le récit se dirige, avec un regard de plus en plus direct, cru : Jésus « leur dit ouvertement : "Lazare est mort" ». Puis, avec lui, nous nous approchons de la tombe, où il y a la réalité biologique, la pire : « Seigneur, il sent déjà ». Dans l’église, autour du cercueil, on a entendu le prêtre parler du « seuil de la maison du Père » et de la résurrection au dernier jour. Mais, surtout pour une mort prématurée, une mort d’accident, une mort de maladie, cela ne suffit pas à nous consoler. Ce qu’on voudrait, du fond du cœur, c’est que rien ne soit arrivé, que notre frère sorte du cercueil, là, maintenant, qu’on puisse le serrer dans nos bras et que tout soit comme avant.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus fait le chemin bouleversant de nous rejoindre jusque dans cette tristesse inconsolable et jusque dans ce rêve impossible. Au début du récit, il est si confiant en Dieu qu’il nous paraît presque sévère. Mais, quand Marie vient près de lui, entouré de tous ses amis en deuil, c’est comme si leur tristesse débordait en lui : « Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé ». « Alors », avec eux « Jésus se mit à pleurer. » Et, au milieu de ses larmes, il ressent ce désir secret qui est le nôtre, et il le réalise : alors que Jésus lui-même avait annoncé une résurrection au dernier jour, au chapitre 6 du même Évangile selon Jean, soudain, Lazare sort du tombeau, dès maintenant ; de nouveau, il est là. 

Nous n’avons jamais vu quelqu’un sortir de son cercueil : dans notre monde, les journées continuent à faire douze heures, la nuit reste la nuit et le deuil une douleur. Où est Jésus à nos enterrements ? Eh bien, il pleure avec nous ; il est avec notre amour blessé, avec notre amour qui tremble d’un désir impossible. La voilà, l’étrange « gloire de Dieu » par laquelle « le Fils de Dieu est glorifié ».

Auvidec Média/Antoine Paris, étudiant (Université de Montréal / Université Paris-Sorbonne)

Réflexion sur Jean 11,1-45

Lazare, l’absence et ma vie

L’absence de Jésus près de Lazare, c’est ma vie, ses carences,

et mes souhaits inaccomplis ; c’est aussi mes vides, mes errances

mises à jour lorsque j’accepte de faire, et de vivre le silence ;

en cette ressuscitation, la Présence de Dieu, s’élance.

La Christ, Lazare et moi

Ô Jésus-Christ, Tu m’aimes, comme hier Lazare, Ton ami,

malgré une âme dormante, nécrosée, des jours d’infamie ;

Tu m’as réveillé, libéré ; enfin j’existe, suis dans l’Arche ;

ma sainteté est Celle du Père, un frère redressé, en marche.

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Jn 1, 29-34 ; I Jn 2, 29 -3,6 : on n’en finit pas de reconnaître Jésus 

Le «lieu» de la naissance de Jean est le sein de sa mère. Là, il s’est réjoui de l’arrivée de Jésus. Le «lieu» de l’engendrement de Jésus est dans les entrailles de Dieu.  Au commencement, le Verbe était Dieu. C’est ce secret que Jean nous fait découvrir quand il déclare ceci: je ne suis pas le Messie.  Je ne suis pas né de Dieu. Je ne suis pas celui par qui tout a été fait (Jn 1,3). Je ne suis pas la vraie lumière.

Cette déclaration de Jean nous place en face du plus grand scandale de tous les temps, inexplicable, par la raison humaine, celui d’un Dieu qui a planté sa tente au cœur de l’humanité, au milieu de nos chemins les plus douloureux. Arrêtons-nous, ce jour, en silence, devant cet abîme de générosité et de miséricorde. Prenons conscience que Jésus est né de Dieu. Et puis entrons dans le mystère que Jean nous propose de vivre, celui de se laisser baptiser par l'Esprit saint.

Comme l’exprimait hier la première lecture, dans une nouvelle version du lectionnaire, à plusieurs égards, plus parlante que l’ancienne, que demeure en vous ce que vous entendez (1 Jn 2, 24). Dans sa déclaration, Jean nous fait entendre  que Jésus n’est pas venu faire œuvre de simple maquillage. À celui qui le reconnaît, Jésus propulse sa vie dans une transformation en profondeur en venant demeurer en lui. À ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu (Jn 1, 12). Voici l'agneau de Dieu qui apporte toute une nouvelle : nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est (1 Jn 3, 2).

Avec Jean, nous sommes très loin de l’imagerie de Noël. Avec des mots humains, de notre quotidien, Jean nous dit cette chose impensable : Dieu s’est fait notre compatriote pour que nous devenions compatriotes du ciel. En peu de mots, il résume toute l’histoire humaine. Que serions-nous sans cette naissance ? Contrairement aux barrières que les grands de ce monde, nos dirigeants, érigent entre eux et nous, Jésus n’a aucune protection. Il est sorti de son Éden pour nous proposer de faire de nos intérieurs, de nos cœurs, son Éden.

Comment ? En frappant à notre porte. Si nous lui ouvrons nos portes, si nous lui laissons l’accès, Dieu, par tous nos pores, toutes nos failles, va s’engouffrer en nous. Il va venir poser son baume consolateur là où sont marquées au fer rouge toutes nos blessures. Il s’infiltre là où ça fait mal, là où ça saigne, au plus douloureux. Il se penche sur toutes nos faiblesses, nos bassesses, pour nous relever et nous caresser de son amour. Il va transformer notre cœur de pierre en cœur de chair. Nous devenons alors de vrais enfants de Dieu.

Nous ne devenons pas automatiquement par naissance enfants de Dieu. C’est en l'accueillant, le reconnaissant, en faisant l’expérience de Dieu qu’on le devient. C’est en disant à Dieu d’entrer en nous qu’on le devient. Nous lui avons dit cela ou nos parents ont dit cela pour nous lors de notre baptême, mais on n’en finit pas d’être baptisé. De renoncer aux beautés éphémères de ce monde que l'évangile appelle les œuvres de Satan.   On n’en finit jamais d’entrer en Dieu ou de laisser Dieu nous transformer en fils.

Jésus nous offre, par grâce, de le reconnaître comme il l’a permis à Jean-Baptiste de le reconnaître caché sous ce visage humain. Quelqu’un a écrit: même si nous savons que Jésus est présent en toutes choses [si nous n’en faisons pas l’expérience] c’est comme si nous ne le savions pas (Jean-Baptiste Saint Jure, XXVIIe, cité dans Avent pour les Cancres, 2016, p.23)

En lui ouvrant nos portes, Jésus nous transforme. Le pape François l’exprime dans une belle image: ce n’est pas une histoire de faire beau, ce n’est pas un problème de maquillage : il a changé tout, de l’intérieur ! Il a changé avec une recréation : Dieu avait créé le monde ; l’homme est tombé dans le péché ; Jésus vient pour recréer le monde.

Répétons avec le psalmiste : je tends les mains vers toi, me voici devant toi comme une terre assoiffée (Ps 142, 6). AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield

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(Lc 16,19-31)

Écoute! Aime!

Le texte proposé par la liturgie de ce dimanche peut sembler difficile pour plusieurs. On y parle d’un riche et d’un pauvre qui, au-delà de la mort, expérimentent une inversion radicale : du bonheur à la souffrance et de la pauvreté à la consolation! Est-ce cela la justice de Dieu? Que ce qui est malade et pauvre soit mis en présence de l’Amour et que celui qui vivait confortablement se retrouve en proie à la torture? Mais cette inversion n’invite-t-elle pas à la conversion, conversion du cœur, conversion de la relation, conversion de l’amour?

Cette parabole de Luc s’inscrit dans une suite de paraboles et de sentences qui nous invitent à un recadrage radical en faveur de la vie en Dieu. Les remontrances de Jésus cherchent à faire prendre conscience aux pharisiens, aux disciples et aux croyants des premières communautés de Luc que le Royaume, le bonheur en Dieu, est déjà parmi eux et que cela exige une conversion du cœur.

Un homme riche bien vêtu festoie quotidiennement et ne voit pas le pauvre Lazare, dont les ulcères sont léchés par les chiens. Cette indifférence envers l’autre, ce repli sur soi, combien de fois le vivons-nous encore aujourd’hui? L’autre angoisse et terrorise; il effraie au point où, même au seuil de notre porte, celle-ci demeure fermée à la détresse humaine… et à la tendresse de Dieu.

Abraham, le père des croyants, rappelle à celui qui s’est replié sur lui-même et qui a choisi de vivre les yeux rivés sur ses biens et ses plaisirs le cœur de la foi pour un juif : « Écoute Israël! L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel.… » (Dt 6,4) Cette prière récitée matin et soir par les juifs croyants les invite à demeurer fidèle aux commandements de Dieu et à vivre en conséquence.  Aux demandes du riche pour qu’un peu d’eau lui soit apporté, afin de lui rafraîchir la langue ou pour que Lazare soit renvoyé sur terre afin d’avertir ses frères de se convertir, Abraham insiste : qu’ils écoutent Moïse et les prophètes! Même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts, ils ne seraient pas convaincus! Voilà une invitation à convertir la relation aux autres et à Dieu.

S’il est essentiel d’écouter et de vivre selon la Loi, la parabole désire frayer un chemin dans la pensée des lecteurs de Luc pour casser leurs habitudes et les ouvrir à l’autre, pour leur permettre d’imaginer une vie où circule la présence de l’Amour de Dieu en eux et entre eux!

Écouter (être attentif à, obéir à, se laisser pénétrer par) la Parole, c’est toucher l’horizon du Royaume, auquel Jésus nous invite. Ce toucher transforme le cœur de pierre en cœur de chair; il rend perméable à l’amour.

Aimer (prendre soin, se soucier, soutenir, partager, faire don de soi-même sans réserve), c’est donner chair ici et maintenant au bonheur de Dieu.

Auvidec Média/Marc Dumas, théologien et professeur à l’Université de Sherbrooke

 

Réflexion sur Luc 16, 19-31

Je suis un Lazare riche

Ma foi en Dieu me fait voir Ses œuvres en mes jours audacieux ;

mon âme insatisfaite des idoles, offre son amour au Christ ;

ma joie est paix intime ; je repose avec et dans les Cieux ;

Jésus essuie mes larmes, même celles dues à un agir bien triste.

Dieu, le riche et moi

Mes avoirs peuvent me rendre aveugle, être en l’âme une moisissure ;

cela crée un abîme entre ma vie et celle du miséreux.

Un jour, j’ai cru au miracle, vécu la foi en amoureux ;

mon écoute de Dieu est regard charitable sur tes blessures.

Auvidec Média/Franck Widro, Paris

Jean 5, 1-16 : où est passée notre humanité ?

Je n’ai personne pour me plonger dans la piscine.  C’est la réponse du paralysé à la question de Jésus: veux-tu être guéri ?  À travers le paralysé, c’est à nous que Jésus pose une question d’une envergure sociale; cette question sera insoluble si chacun de nous et notre société dans son ensemble passent outre sans arrêter près des chassés de leur terre et pays dévastés, des sans-abris de nos villes qui se déclarent des sanctuaires de l’accueil.

Devant cette scène de Jean, je revois cette publicité récente d’un sans-abri assis le long de la route tendant la main avec sa casquette. Des pieds défilent devant lui. Personne ne s’arrête. Après quelques secondes, le sans-abri disparait, mais les pieds continuent avec l’inscription d’un appel à l’aide pour l’œuvre de l’accueil Bonneau qui leur offre repas et présence réconfortante.

Le paralysé, c’est ce migrant, cet enfant-soldat en attente de quelqu’un qui leur tendra la main, ce sans-abri, ce demandeur d’asile,  tous ceux-là qui n’ont personne pour les pousser dans la piscine de l’encouragement, de l’espoir. Qui nous guérira de cette maladie où l’autre est devenu objet de méfiance, de rejet, voire de non-reconnaissance sociale ? On se bâtit des murs pour s'empêcher de voir ces horreurs humaines. Jésus s’est refusé de passer outre sans voir, sans s’arrêter (cf. 10, 25-37). Ce matin, Jésus nous invite à un projet de société. Il nous demande où est passée notre humanité ?

Jésus a vu, s’est arrêté. Et nous ?  Sommes-nous indignés quand l’accès aux soins est entravé par l’absence de spécialiste qui requiert davantage en émoluments ? Sommes-nous ébranlés de voir quelqu’un dont le revenu l’empêche de vivre dignement ? Sommes-nous inquiets des effets pervers de la mondialisation qui enrichit les uns et appauvrit les plus pauvres? Devant ce smog que nous respirons, qui plongera ces « sans-papiers», ces « sans-droits », ces « sans-logis », ces « sans-travail », tous ceux qui vivent un fort sentiment d’insécurité, de déclassement, d’injustice sociale dans la piscine de l’espoir ?

Ne perdons pas la mémoire de l’action de Jésus près de la belle porte. Ne perdons pas aussi la mémoire que Jésus s’est identifié à eux (cf. Mt 25). En fait, dans le « code génétique » de tout baptisé, se retrouve l’identité divine selon ce qu’un croyant chrétien affirmait : nonobstant les nombreuses difficultés, la bonté et la sagesse divine commencent et accomplissent ce qu’elles veulent, même quand nos moyens, selon le jugement humain, sont inadaptés. 

Ce geste de Jésus de conduire à la piscine de Siloé, la piscine de l’espoir est une commande spécifique de Jésus qui nous rend humains. L’une des caractéristiques du peuple croyant est sa capacité à voir, à contempler au sein de ses ‘‘obscurités’’ la lumière que le Christ apporte (homélie du pape à Washington en 2016).

Souvent, nous nous sentons démunis devant des situations à vue humaine insoluble, mais nous pouvons sortir vers eux, les écouter, leur offrir l’apostolat de l’oreille (pape François). Le pape ajoute : quand quelqu’un nous demande de l’aide, cette personne est Jésus.  Voyons-nous cela ? Goûtons-nous que nos rencontres, notre accueil, notre écoute peuvent devenir un instant de pure prière aussi intense que nos temps de prière seul à seul avec lui dans le silence de notre chambre ?

Poussons notre regard plus loin. Chaque personne, bonne ou pas bonne, qui a besoin d’aide, c’est Jésus qui frappe à la porte de mon cœur. Ces demandeurs d’asile, ces migrants, ces sans-travail sont des «Jésus». Nous le savons, mais le voyons-nous ? L’une des plus grandes souffrances, et Jésus en a fait le premier l’expérience, c’est d’être rejeté.

Paraphrasons le prophète Ézéchiel : nous sommes cette eau qui coule, descend dans la vallée [...] en tout lieu ; [grâce à nous] parviendra le torrent [...] ; toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront. Une terre neuve jaillira. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

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Luc 2,16-21

L’Enfant qui nous enfante

Nous faisons bien plus qu’apprendre et grandir grâce aux autres, à nos enfants et surtout par nos enfants. Nous accédons à nous-mêmes avec eux et eux avec nous, tel un enfantement réciproque où nous nous (re-)joignons par-delà nous-mêmes.

Le texte de ce jour nous ouvre au mystère ou au miracle de ce que nous faisons de nous-mêmes en toute vérité. Il raconte cette chance ou cette occasion de l’enfantement au-delà l’enfance.

***

Voici des bergers qui ne voient rien de ce qu’ils disent à ceux qui les entourent. Ce qu’ils constatent de leurs yeux, ce n’est qu’un enfant, dans une mangeoire couché, et à ses côtés une femme sa mère et un homme-père. Il en va peut-être de circonstances guère souhaitables pour cette famille-là, mais qu’en savent-ils? Moins que rien! Il n’y a là  d’ailleurs rien d’extraordinaire pour eux; les familles de pasteurs et bergers y sont tellement accoutumées.

C’est pourquoi le plus étonnant en ce lieu-là, c’est la parole même des bergers. Voilà que ces bergers-là ajoutent une parole à leur voir. Parole vraie et véritable parole puisqu’ils associent leur propre parole à une parole d’abord reçue, au dehors, et venant de plus loin qu’eux, à vrai dire (si on ne chosifie pas outrancièrement ces anges!) en l’au-delà au-dedans d’eux. Leur parole constitue ni plus ni moins un regard inattendu pour quiconque se trouve sur place. Elle ne vérifie pas ni ne valide ou ne certifie quoi que ce soit. Elle répond. Elle est réponse, leur réponse à une annonce de l’invisible (sur l’invisible et venant de l’invisible). Elle rend signifiant cet avènement concret de l’invisible.

Concret, c’est-à-dire « qui croît avec, en même temps »… Ainsi, comme ces bergers faits et se faisant méditants, eux en leur parole, voici la mère faite et se faisant méditante, elle en gardant en son cœur, comme pour l’envelopper de son être, cette parole qu’elle reçoit à son tour. Mais cette parole, reprise et accueillie, c’est une parole sur cet enfant-là emmailloté : lui, l’« enveloppé » de secrète grandeur.

C’est ainsi qu’on s’approche, toujours concrètement, de l’enfanté enfantant.

Alors pas seulement femme-mère ni simplement mère (idéale), mais Mère de Dieu parce qu’également, parce que précisément Fille de son Fils. Telle est la Maternité, qui n’est pas qu’affaire de femme mais condition de spiritualité pour l’humain, au nom de l’humain et en faveur de l’humain.

(De même, la paternité n’est pas qu’affaire de mâles, origine toute-puissante, mais, en déplaçant tout cela à la manière de Joseph, Paternité comme effacement-commencement, ce qui revient encore à parler de condition de spiritualité de l’humain, pour faire l’humain et le faire advenir de la sorte.)

Et puis ces bergers, à leur tour, ils ne sont pas moins, comme la Mère, fils et filles de l’Enfant. Tout aussi responsables du verbe en eux, ils deviennent pasteurs, donnés pour enfanter non sans être enfantés du dedans.

***

L’enfance n’est qu’un pâle reflet de l’ampleur, de la profondeur, de la vérité de l’enfantement.

Que chacun de nos gestes, que chacune de nos paroles fasse de nous un ami, un berger, une mère, un père « enfanteur » et enfanté! Car le Verbe se fait chair. Car il est Dieu l’Enfant qui nous enfante.

Auvidec Média/Étienne Pouliot, chargé d’enseignement à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval

 

Réflexion sur Luc 2,16-21

Dieu, la Nativité et moi

Grâce à Marie, le Verbe a un Visage ; sans peur, je Le vois ;

avec Elle, je contemple Jésus-Christ ; Il est ma croissance ;

lorsque je célèbre la Crèche, je fête en Dieu, ma naissance ;

Sa Gloire, c’est quand je tisse une paix avec toi, suis Son porte-voix.

L’apôtre ouvre à l’amour

Je vais, vois et annonce l’Espérance, notre vraie délivrance ;

j’agis, suis un visage de Dieu ; mon sourire est déférence ;

je contemple, médite en l’intime, l’Amour du Christ, mon chemin ;

je bénis, invite en parrain, l’autre à être plus humain.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Luc 8, 19-21 ;  Pr 21, 1-6, 10-13 : élargir ton regard

Jésus connaît bien sa mère. Il sait qu'elle écoute la Parole de Dieu avec un cœur noble et généreux (Lc 8, 15). Il sait qu'elle la garde fidèlement (cf. Lc 2, 51) dans son cœur (cf. Lc 2, 19) et réfléchit sur son sens (cf. Lc 1, 29). Il sait que sa mère disparait tant elle est dans la Parole de Dieu (Benoît XVI). Tant  elle n'est qu'écoute de Dieu qu'elle médite de tout son être dans l'obéissance de la foi.

Pour Jésus, sa mère n'est pas seulement celle qui l'a enfanté, mais aussi celle qui va nous permettre aussi de l'enfanter. Sans hésiter, et  comprenant ce réflexe maternel et magnifique de trouver heureuse la mère qui l'a portée, Jésus rectifie les paroles de cette femme dans la foule certainement pleine d’un enthousiasme et qui soupçonne sans doute la grandeur de ce rabbi : heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent  (Lc 11, 27-28).

Diplomate, Jésus dit à cette femme qu'elle a tort de réserver la béatitude à sa mère. Il l'invite à entrer dans une autre béatitude, accessible à tous,  celle de reconnaître en lui l'envoyé du Père. Jésus ouvre une perspective nouvelle, une perspective inconcevable à notre entendement, mais que la foi nous révèle avec force : nous sommes, nous aussi, appelés à enfanter le Christ dans nos vies.

Jésus appelle cette femme à élargir son regard.  Jésus ne rend pas heureuses seulement deux ou trois personnes choisies sur le volet, mais il veut rendre heureux tout le monde. Tous, tous, nous sommes appelés à connaître Jésus, notre béatitude, même dans les moments d'épreuves ou de souffrances insupportables et quand tout semble dégringoler autour de nous et en nous. La seule manière de vivre heureux, d'entendre Jésus nous déclarer heureux, c'est de vivre comme lui, tourner en permanence vers son Père et d'aimer tout le monde comme lui.

Écouter la parole de Dieu ne signifie pas suivre une série de règles arbitraires ni se soumettre à des ordres qui peuvent aller contre notre volonté. Il s’agit plutôt d’une dynamique de confiance. Si nous commencions à comprendre, même timidement, que Dieu nous aime, alors peu à peu nous saisirions que sa volonté n’est pas autre chose que de nous aimer follement et sans condition.

Écouter la parole de Dieu, la mettre en pratique, c'est ce que Jésus a fait toute sa vie. Il a écouté son Père même dans les heures de grandes solitudes et de grandes souffrances. C'est ce qui caractérise la vie de Marie qui a écouté son Fils jusqu'au pied de la croix. C'est ce qui est accessible à tous les humains sans aucune exception quand nous entrons à fond dans la parole de Dieu. C'est ce qui rend heureux. Le sommes-nous vraiment en écoutant cet évangile ?

Le psaume déclarait heureux ceux qui ont choisi la voie de la fidélité. Traduit dans nos mots d'aujourd'hui, le psaume déclare heureux ceux qui n'écoutent pas à moitié, qui ne s'engagent pas à moitié, qui ne sont pas des croyants à temps partiel. Il déclare heureux, et Jésus confirme cela dans sa réponse, ceux qui contemplent en profondeur la parole de Dieu pour en vivre entièrement.

Pour vous, ce matin,  une question: où en suis-je dans mon écoute de Jésus ? Plus précis encore, où en suis-je dans mon devenir disciple comme Marie l'a été ? Comme les apôtres l'ont été ?  Celui qui renonce à s'écouter, et c'est une croix que de renoncer à cela, peut être mon disciple ( Cf Lc. 14, 25-33). Commençons à écouter avec enthousiasme la Parole de Dieu. AMEN. 

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, diocèse de Valleyfield

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L’AVEUGLE-NÉ

Jn 9,1-41

Ce magnifique récit tiré de l’Évangile de Jean, dont le personnage central est un aveugle de naissance, est l’occasion d’un enseignement important sur le juste rapport qu’il doit y avoir entre pratique religieuse et la pratique humanitaire.

Jésus guérit un aveugle, que l’on est habitué de voir mendier chaque jour. Or, il accomplit ce geste de compassion le jour du sabbat, alors qu’il est interdit de guérir ce jour-là. Les autorités religieuses représentées, dans ce texte, par les Pharisiens s’insurgent alors contre Jésus. Il ne peut être un homme de Dieu, prétendent-ils, puisqu’il enfreint la règle du sabbat.

Cet épisode offre un exemple éloquent de ce qui se produit quand la pratique religieuse perd son sens initial et que l’obligation cultuelle prend le pas sur la pratique humanitaire. Quand le culte a préséance sur la charité fraternelle; quand il devient une fin en soi.

Il suffit pourtant de relire attentivement chacun des quatre évangiles pour se rendre compte que ce n’est pas la pratique religieuse qui est l’axe central de la mission de Jésus, mais la pratique humanitaire où il s’emploie toujours à promouvoir la dignité des personnes. Or, les actes de délivrance opérés par Jésus en faveur des hommes et des femmes atteints de maladies sont toujours en vue de leur redonner pleine jouissance de leur vie. Ce, pour tous les hommes, les femmes, les étrangers, les pauvres, les malades et les pécheurs. Oui, même pour les pécheurs. Pour Jésus, se mettre au service de Dieu signifie d’abord et avant tout, se mettre au service du prochain. Pratiquer la justice envers tous. Pour Jésus, servir Dieu, c’est un mode de vie d’abord, qui se célèbre ensuite dans une pratique relligieuse, si on le désire. Mais ce n’est pas une obligation, comme le démontre Matthieu 24 : «J’avais faim… j’étais nu… j’étais en prison…»

Mais jetons encore un coup d’œil au texte de Jean et voyons la finesse qui s’en dégage au fil de son déroulement. Tout se joue sur deux tableaux. Au début, l’homme est physiquement aveugle; les pharisiens, eux, voient clairement. À mesure, qu’on l’interroge, le miraculé voit de plus en plus clair en ce qui a trait à l’identité de Jésus. Quand on lui demande comment les choses se sont passées, il parle de celui qui l’a guéri en ces termes : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue… » (v. 11). Quand on le questionne encore : « Et toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux? Il répondit : C’est un prophète. » (v. 17) Et plus le récit avance, plus la foi du miraculé se précise, jusqu’à ce moment où il se prosterne devant Jésus et professe sa foi en lui : « Je crois, Seigneur ». Jusqu’à ce que, ironiquement, les Pharisiens se questionnent à savoir s’ils ne seraient pas, eux, aveugles du fait de ne pas saisir les paroles de Jésus.

Ainsi, les Pharisiens, ceux-là qui, au début du texte, prétendent détenir la vérité de Dieu, deviennent, au fil du récit, les véritables aveugles puisqu’ils ne savent pas reconnaitre les œuvres de Dieu en Jésus.

Auvidec Média/Odette Mainville, bibliste, professeure honoraire retraitée de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal

Réflexion sur Jean 9,1-41

Dieu aime le pécheur

Quand mes fautes m’enfoncent, j’essaie de rejoindre le Christ, mon Soleil ;

ma liberté accepte, accueille la Miséricorde de Dieu ;

l’Esprit m’offre la force de me confesser, de quitter l’odieux ;

je m’enfouis en l’Océan de Son Pardon ; Il m’ensoleille.

Ma foi et les paganistes

Je dénonce les abus et dérives impies de la Cité ;

elle me fait subir bien des affronts, me met en examen.

Son refus d’écouter l’Église, la Voix du Ressuscité,

la mène à s’éloigner du sens de la vie, du bien commun.

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

(Mt 1,1-25)

Un de mes professeurs juifs, à la fin des années ’60, avait coutume de dire que nous ne lisions pas vraiment nos vieux textes sacrés, nous ne faisions somme toute que projeter sur eux ce que nous savons depuis toujours.  S’il avait raison, nous devrions apprendre certaines choses à lire Matthieu 1,1-19.

L’évangéliste a l’intention, nous dit-il, de nous parler de l’origine de Jésus (v 1).   Aussi, nous présente-t-il sa généalogie, liste de noms à première vue pas très inspirante, mais néanmoins fort instructive, et même intrigante.  En effet, alors que dans ce genre de texte on ne rencontre d’ordinaire que des hommes, ne voilà-t-il pas que Matthieu ose introduire dans la sienne les noms de cinq femmes.  Et pas m’importe lesquelles.

La première se nomme Tamar (v 3).  Cette femme, probablement d’origine cananéenne, vit mourir sans descendance ses deux premiers maris, fils de Juda.  Elle s’en alla donc trouver son beau-père pour qu’il lui accorde un troisième fils comme mari.  Mais il s’y refusa, manquant ainsi à son devoir.  Elle se déguisa donc en prostituée et fit en sorte qu’il la mette enceinte.  Elle put ainsi donner naissance à un ancêtre de David (Gn 38).

La deuxième s’appelle Rahab (v 5a) : c’était une Cananéenne de Jéricho, une prostituée.  Elle accueillit chez elle les espions de Josué qui étaient poursuivis, et elle contribua à les sauver (Jos 2).

La troisième porte le nom  de Ruth (v 5b) : une Moabite, celle-là, une veuve qui décida d’accompagner sa belle-mère Noémie, à son retour au pays natal.  Une fois sur place, cependant, il fallait bien vivre.  Ruth entreprit donc de se trouver mari : voyant un propriétaire terrien à l’aise passer la nuit dans son champ pour protéger ses récoltes, elle alla se glisser à côté de lui sous son manteau.  Or, comme un homme qui entoure une femme de son manteau la prend par le fait même comme épouse, Booz qui s’était couché célibataire se réveilla marié (livre de Ruth).

La quatrième, Bethsabée, vraisemblablement d’origine étrangère, elle aussi, est la femme d’Urie (v 6), un Hittite, un gradé de l’armée du roi David.  Celui-ci, qui la convoitait, la viola et fit tuer son mari pour cacher son crime  (2 Sm 11-12).

La cinquième est Marie (v 16) : la mère de Jésus.

Ces femmes ont beaucoup en commun.  Parlons d’abord des quatre premières qui permettent de comprendre ce que l’évangéliste voulait dire de la cinquième.  Elles sont probablement toutes d’origine étrangère.  En les mentionnant dans la généalogie de Jésus, apprenant ainsi à ses lectrices et lecteurs que Jésus avait eu des ancêtres maternelles d’origine étrangère,  Matthieu voulait les préparer s à l’ouverture vers les païens – ce qui est un des grands objectifs de son évangile. 

Mais il y a plus.  Pour différentes raisons, les quatre premières femmes ont chacune eu, que ce soit par choix ou non, un exercice plus ou moins trouble de la sexualité : prostitution feinte ou réelle, mariage par surprise, viol.  Si Matthieu les a choisies pour les inclure dans sa généalogie, ce devait être parce que, selon lui, elles annonçaient la cinquième.  Or, que dit-il de Marie ?  Précisément ceci :                                                                                                                                                       Mt 1,18 Telle fut l’origine du messie Jésus.  Sa mère Marie, qui était mariée à Joseph, se trouva enceinte […], avant qu’ils aient commencé à cohabiter. Dans un premier temps, Joseph songea à la renvoyer, comme c’était la pratique à l’époque dans un tel cas, mais il changea d’idée et la reçut chez lui.  Cependant, Mt 1,25 … il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle ait mis au monde un fils, auquel il donna le nom de Jésus.                                                                               

Les cinq femmes de la généalogie ont dû, pour une raison ou l’autre, s’écarter du comportement que la société attendait d’elles.  En cela, elles annonçaient la conduite scandaleuse de celui qui serait plus tard condamné à mort par les autorités de son peuple.

Le temps de Noël est par excellence celui de la réflexion sur l’ouverture aux étrangers, sur la vie qui se joue de tous les obstacles, sur les femmes qui la mettent au monde, sur la relativité des normes que se donnent les humains, et sur l’existence d’une Réalité qui n’est pas rebutée par le scandale et aime de préférence se dévoiler au cœur de la détresse humaine, là où on ne l’attend pas. 

Il n’est donc pas surprenant que nous hésitions à lire nos vieux textes sacrés.

Auvidec Média/André Myre, bibliste, auteur, conférencier 

  • L’ « argent trompeur »

La Traduction officielle liturgique parle d’« argent malhonnête ». Permettez que j’utilise l’expression « argent trompeur », préférée par la TOB et que je comprends mieux. L’argent s’avère un maître dans l’art d’être trompeur.

Voyez cette personne qui laisse un héritage à ses enfants en espérant améliorer leur sort… et qui déclenche une chicane de famille. Ou ces institutions financières qui trafiquent leurs états financiers pour stimuler leur valeur à la bourse. Ou l’augmentation des bénéfices d’une exploitation forestière ou agricole qui entraîne une détérioration de l’environnement. Argent trompeur.

  • « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur… »

On connaît la légende du roi Midas. Fasciné par la richesse, il obtient de transformer en or tout ce qu’il touchera. À son insu, une de ses filles vient l’embrasser… et est transformée en statue d’or.

De la même façon, la quête avide de richesse peut couper de la vraie vie. Centrée sur les biens à acquérir, la personne peut s’isoler de ses semblables. Tel le riche de la parabole, seul dans sa bulle, qui ne voit pas Lazare mendiant les miettes de sa table. Ou certains quartiers urbains surprotégés où l’on est inconscient des misères du centre-ville.

À l’inverse, l’argent peut servir à améliorer la vie des siens et à tisser des liens durables jusque dans « les demeures éternelles ». On y apporte, dit-on, seulement ce qu’on a donné.

  • « Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance dans une grande »

Cette affirmation de sagesse naturelle possède un volet négatif : « Qui a triché dans les petites choses, trichera dans de plus grandes ».

Quiconque choisit d’être vrai avec lui-même ne distingue pas entre choses de moindre ou de grande importance. L’important est de garder son intégrité personnelle, de demeurer fidèle à soi-même. Autrement, c’est se renier. Or se renier, c’est abîmer l’image de soi, abîmer l’image de Dieu en soi.

  • « Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière »

Dans un monde où l’argent occupe plus de place que jamais, comment être « fils de la lumière » ? L’institution ecclésiale ne peut taire son rôle prophétique.

Le pape François donne un exemple de la façon dont ce rôle prophétique peut se concrétiser. D’une part, il interpelle vivement les responsables gouvernementaux sur les causes de la pauvreté. À cet égard, l’encyclique Laudato Si est particulièrement éclairante. Elle montre les liens entre technologie, économie, écologie, politique et bien-être humain.

D’autre part, l’ensemble de ses interventions suggère qu’il voit et discerne à partir du regard des pauvres. Ce qu’il fait pour eux, à Rome, ne peut laisser passifs les évêques et les responsables de communautés chrétiennes.

Ghandi désirait vivre simplement afin que d’autres puissent simplement vivre. Comme lui, plusieurs optent pour la simplicité volontaire ou « une austérité joyeuse ». Si c’était une façon de vivre la béatitude « heureux les pauvres ».

Auvidec Média/Mgr Bertrand Blanchet, biologiste et archevêque émérite-Rimouski (La Pocatière)

Matthieu 18, 21-35 : envers qui ai-je une dette?      

La perfection chrétienne ne consiste pas à s’attacher aux biens, mais à s’en détacher.  Comme le démontre cette parabole du serviteur qui reçoit la remise de sa dette colossale, mais qui refuse d’écouter la demande de prolongation d’une somme dérisoire, cela est très difficile. Le détachement de Dieu est plus spontané que le détachement aux biens. Cela a pour conséquence un dérèglement du comportement humain.  Un mot surgit en moi à l’écoute de cette parabole : confusion. Confusion devant la méchanceté du serviteur. Confusion devant la grande bonté du maître. 

Thomas d’Aquin appelait ce comportement déraisonnable de la concupiscence, de l’attrait pour les choses périssables. On devient alors possédé par les biens plutôt qu’en possession de biens. Nous perdons toute notre liberté d’agir. Cette scène très humaine nous choque. Elle se reproduit tous les jours quand de richissimes personnes, par des moyens aux limites de l’acceptabilité sociale, se réjouissent de voir leurs biens «protégés», leur taux de taxation réduit, mais qui pour accroître leurs avoirs, exigent des petites gens des taux d’intérêt faramineux.  C’est choquant. Injuste.

Ce matin,  Jésus, pour réveiller le pharisien, et il y a un peu de nous en lui, prend l’exemple de deux débiteurs. C’est une manière délicate de nous demander : envers qui as-tu une dette ? À cette question, peut-être que spontanément nous disons : envers personne. C’est oublier que notre existence même est fondamentalement inscrite sous le signe de la dette.

Sur le plan humain,  nous ne sommes pas notre propre origine. Le croyant a une dette envers Dieu. Dieu n’est que don. Il fait don de la vie, de SA vie, don d’une communauté de croyants, don de son pardon sans limites. Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs, lit-on dans la version du Notre Père selon Matthieu (6, 12).

Notre Dieu est tellement généreux qu’il s’empresse de nous mettre au doigt l’anneau de la fête (cf. Lc 15, 11s),   de nous relever de nos chutes sans cesse répétées. Ne pas reconnaître cette dette colossale envers Dieu et son empressement à l’effacer, c’est presque se mettre au centre du monde. Ne pas avoir la même attitude envers le prêt que d’autres ont à notre endroit, c’est s’auréoler de la bête du moi, disait le journaliste Scalfari, interviewant le pape. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? 

Notre débiteur, transformé en créancier qui est selon un auteur anonyme, un homme qui a peu de patience et beaucoup de mémoire, a glissé, dès la remise de sa dette, sur la pente de son avoir. Il n’a pas été en mesure de comprendre la bonté de son maître tellement il ne voyait que l’argent qu’il n’a pas à rembourser. Son regard n’était fixé que sur son avoir et ce regard s’est poursuivi sans pitié sur un de ses compagnons. Il était un aveuglé par l’argent. Question : et nous, sur quelle pente glissons-nous ? La réponse est importante si nous ne voulons pas nous y laisser entraîner,  nous laisser anesthésier.

Il arrive trop souvent, parce que fatigué, ennuyé, de toujours glisser sur cette même pente, de confesser les mêmes choses que nous capitulons. À quoi bon reconnaître ma dette, ma faute, c’est toujours la même dette ? Une tristesse s’empare de nous. Nous anesthésions cette dette que les moines du désert appellent l’acédie, cette «maladie» qui fait qu’on n’a plus le goût de rien. Une des différences entre Pierre et Judas pourrait être que Pierre s’effondre (Lc 22, 55-62) tandis que Judas anesthésie sa culpabilité. Pierre accepte d’être pécheur tandis que Judas est emporté par sa tristesse.

Le psaume fait nôtre cette demande persistante: rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours [...] ne m’oublie pas, en raison de ta bonté. Dieu nous dégage de nos dettes envers lui. Il infuse en nos cœurs un vif sentiment de soulagement. Il attend que nous fassions de même. Simple gros bon sens.   Quand on reconnaît le pardon de Dieu et qu’on fait de même, on possède tous les biens. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

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Luc 1, 26-38 : qui est celle-là qui se nomme Marie ?

Au tournant décisif de l’histoire du salut, l’annonce à Marie est un message clair sur la manière dont la bonne nouvelle arrive jusqu’à nous. Elle vient de Dieu. Si chaque naissance constitue une nouveauté ineffable qui apporte la joie aux parents, celle de Jésus est une nouveauté véritable qui n’est pas le produit de notre histoire, mais un don d’en haut. Né de Dieu.

Désormais, Dieu n’est plus prisonnier de son éternité. Il «apparaît» dans un autre paradis, dans une terre vierge qu’est Marie. Adam a vu le jour dans un paradis terrestre, Jésus est né dans un paradis que le monde à peine à entrevoir tant il a les yeux d’un prédateur avide plutôt que ceux d’un donateur prodigue. Le paradis de la possession, de la consommation est plus séduisant que celui de la simplicité émergeant du coeur de Marie. Que de choses grandes et cachées ce Dieu puissant a faites en Marie, femme admirable et qui l’entraîne à jubilé tant le puisant a fait pour moi de grandes choses.

Mon regard, ce matin, est une question qui est celle-là  (Ct 6, 10)? Qui est celle que Dieu tenait cachée, qui passait inaperçue, mais qui a caché son Fils ? Marie n’a connu durant sa vie, d’autres attraits sur terre que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n’être connue que de Dieu seul.

Cachée à elle-même, Dieu a pris plaisir à son tour à cacher Marie écrit Louis-Marie Grignion de Montfort dans son beau traité de dévotion à Marie, dans sa conception, dans sa naissance, dans sa vie, dans ses mystères, dans sa résurrection, dans son assomption, à l’égard de presque toute créature humaine.

Marie, une femme cachée en Dieu. Comme pour nous indiquer comment vivre la naissance de Jésus, comment faire naître Jésus en nous, l’Église nous présente le chemin de Marie, celui de vivre caché à soi-même jusqu’à réduire à néant tous les désirs terrestres. Ce chemin est tout un défi pour notre temps en pâmoison, en évanouissement, en syncope devant son petit moi.

Pour que Dieu puisse naître en elle, Marie ne peut offrir à Dieu que son vide pour qu’il y mette sa plénitude.  Le dialogue de Marie avec l’ange montre une femme inexistante à ses yeux. Émerge de ce dialogue avec l’ange une donnée essentielle à la foi chrétienne, c’est quand je n’existe plus que j’existe en Dieu. Marie en sait quelque chose.

Saint Paul décrit bien ce dialogue entre Marie et l’ange quand il écrit : ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est (1 Co 1, 27-28). 

Noël est dit-on, la fête des petits. Le langage biblique préfère parler de l’humilité. Marie se voit comme  la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. Cette phrase est l’une des plus belles qu’un être humain puisse adresser à Dieu. Pouvons-nous signer nos vies de cette déclaration de Marie ?

Pour laisser Dieu prendre possession de nos vies, pour le porter en nous, l’enfanter, le chemin de la « petite » Marie est une assurance de réussite. Maurice Zundel, citant librement saint Augustin, affirme que je suis aussi grand que Dieu, que Dieu est aussi petit que moi, qu’il ne peut être au-dessus de moi et moi au-dessous de lui (cf. ta parole comme une source pp 73).

Je le répète: ni moi au-dessous de lui. Dieu s’est tellement aligné sur le plus bas qu’il n’y a pas de place pour moi en dessous de lui. Il a pris la dernière place répète Charles de Foucauld dont nous venons de célébrer le centenaire de sa mort. Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? C’est le chemin pour renouveler la face de la terre que chante le viens, Esprit saint. Que la prière d’ouverture se réalise en nous : aide-nous à devenir assez humbles pour faire comme Marie ta volonté. Amen. 

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield/http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Luc 7, 11-17 ; 1 Co 12, 12-14.27-31 : prends ta vie en main, lève-toi et marche

 

Qui est mort ce matin ? Qui descend dans la tombe ? Qui se redresse de la mort ? Une réponse est incontournable : la mère autant que le fils. Et si c'était nous aussi tant notre peu de foi nous fait manquer de Souffle au point de ne plus voir les bourgeons de printemps.

La mort du fils de la veuve de Naïm fait son œuvre aussi dans la mère. Elle conduit à la mort cette femme désormais sans soutien, seule, abandonnée. La nuit l’enveloppe, le froid la gagne, le vide envahit son cœur de mère. Elle se voit descendre dans la tombe.

Jésus, en arrêtant ce cortège de morts, ne voit pas seulement ce fils inerte. Son regard se porte aussi sur cette femme morte de douleur et désormais sans ressource. En remettant de la vie dans le corps de son fils, Jésus  injecte une dose de vie à la mère. Sa parole fait reculer la mort. Il rend le fils à la vie. La mère à la vie. Il a stoppé la contagion de la mort.

Le cœur de ce récit n'est pas la mort, mais la tendresse de Jésus envers la mère et le fils (catéchèse au pape François, le 10 août 2016). Devant la souffrance, Jésus ne se contente pas de mots, il agit. Il demande de ne pas s'arrêter. Il invite à reprendre la route. Jésus ne se contente pas de dire une parole qui fait du bien. Il a une manière bien concrète de toucher la fragilité, de se faire proche des autres là où ils se trouvent.

Toucher, c'est la manière de Jésus de soigner les blessures. Pour l'exprimer en paraphrasant l'évangile, quand Jésus est ému jusqu'aux entrailles, il ne craint pas de toucher, n'a pas peur de caresser. Jésus n'abandonne personne. Le pape a une belle formule : partir du cœur pour arriver à  nous donner des mains qui touchent et qui relèvent.

Et si ce fils porté en terre était chacun d'entre nous qui éprouvons une mort spirituelle. Et Jésus, saisi de pitié jusqu'aux entrailles devant nos vies peu enracinées dans une foi profonde et distraite par un petit troupeau d'appétits d'imperfection (Thérèse Benedicte de la Croix), nous fait entendre ses mêmes paroles: lève-toi.

Hier, c'était la veuve et son fils que Jésus a sortis de leur tombe. Aujourd'hui, c'est nous qui avons besoin d'entendre Jésus nous adresser cette belle parole, lève-toi. Arrêtons de descendre dans la tombe de l'inquiétude, du découragement. Comme chrétiens, comme communautés chrétiennes, comme Église, nous avons besoin présentement d'une rencontre vraie avec Jésus pour cesser de ruminer un passé qui, dit Augustin, est passé et ne reviendra pas.

Nous avons besoin qu'un cortège de vie rencontre nos cortèges de morts pour nous relever, sortir ce qui est mort en nous. Et Saint Paul nous rappelle cela: quand une partie du corps est malade, c'est le corps entier qui en souffre.

Lève-toi. Quel bonheur a dû éprouver Jésus en mettant fin à la séparation de la mère et du fils ! Quelle puissance de vie dans ces paroles: lève-toi; qu'il a adressé à la fille de Jaïre (Mc 5, 21-43), au paralytique descendu du toit (Lc 5, 17-26), à son ami Lazare (Jn 11, 1-57), et qu'il adresse à chacun d'entre nous. Et si nous mesurions que jour après jour, nos paroles ont aussi la puissance de faire vivre. De redonner vie. De remettre en route.  

À nous de dire à nos proches, à nos enfants, à nos leaders religieux et pasteurs, lève-toi. Tout le monde n'est pas un apôtre, tout le monde n'est pas prophète, tout le monde n'est pas enseignant; tout le monde n'a pas à faire des miracles, à dire des paroles mystérieuses, disait Paul en conclusion de la première lecture. Mais nous pouvons tous dire ces paroles pleines de compassion et qui remettent en marche des cœurs emprisonnés dans leur tombe de tristesse, dans des troubles psychologiques ou encore habités par la haine : lève-toi. Comme Jésus, quelle joie aurions-nous de remettre en marche. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, diocèse de Valleyfield

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Accueillir l’étranger

Jean 4, 5-42

L’histoire se répète. Il nous arrive de reprendre cette expression pour comprendre et expliquer une situation qui se passe dans notre vie et notre famille ou encore dans notre ville et pays. Les événements des derniers mois par rapport à l’accueil des réfugiés et de la migration de population entière fuyant la guerre et la faim viennent redire encore les craintes et barrières qui habitent le cœur humain. La peur de l’étranger, de l’autre différent de soi par la couleur de sa peau, sa culture, sa langue, sa religion n’est pas un phénomène nouveau. Il suffit de faire un retour dans l’itinéraire de notre humanité pour comprendre que l’histoire se répète. La migration des peuples ne date pas d’hier. Les images des réfugiés syriens marchant par milliers sont certainement similaires à d’autres récits du genre à travers les âges. 

Le récit de la Samaritaine qui rencontre Jésus au puits fait également écho à une situation où la crainte de l’autre empêchait l’accueil, la communication, le partage, la solidarité. La Samaritaine et Jésus sont venus pour boire. Ils cherchaient la même chose, ils voulaient combler leur soif. Ce simple geste du quotidien de personnes en chemin allait ouvrir sur un demain meilleur pour cette femme et son peuple. Tout d’abord, Jésus dépasse les préjugés et principes qui empêchaient les Juifs de parler aux Samaritains. Il accueille l’étrangère en lui adressant la parole pour lui demander de l’eau. L’accueil passe par les besoins qui sont communs pour la dignité de tous les êtres humains, c’est-à-dire boire, manger, se vêtir, avoir un toit, être aimé, être reconnu, s’accomplir. En ce sens, nous sommes toutes et tous des migrants.

Mais ce premier contact avec la Samaritaine dépasse l’accueil. Cette rencontre débouche sur un pont entre la soif de son peuple et celle des Juifs. Jésus propose une source plus grande, une « eau » qui comble la soif du bonheur. Cette source, c’est l’amour inconditionnel de Dieu pour chacun et chacune de nous, pour toute l’humanité. L’accueil de Jésus témoigne de la grande miséricorde de Dieu. Aujourd’hui et demain, nous sommes invités à créer des ponts entre nous, spécialement avec l’étranger. Le pape François le rappelle sans cesse, un chrétien construit des ponts avec les autres et non des murs.

Dans son livre Devenir enfant de Dieu, Mgr Roger Ébacher écrit ceci sur la Samaritaine : « Elle est ainsi conduite à vivre le culte d’adoration dans lequel les hommes de toutes races se retrouvent rassemblés dans la famille des enfants de Dieu. »  

Auvidec Média/René Laprise, diacre permanent

Gatineau

Réflexion sur Jean 4,5-42

Ma conversion, une autre identité

À trente-neuf ans, crise du milieu de vie, j’ai fui le paraître,

Dieu m’a donné à boire, d’abandonner enfin un non-être ;

le Christ m’a accueilli, malgré mes blocages, leur quantité ;

Il m’a fait m’aimer, m’a offert une nouvelle identité.

Jésus, un frère et moi

Il m’arrive de satisfaire ma soif avec des avoirs ;

l’Eau vive m’abreuve, en mes prière ; Jésus y touche mes blessures ;

Il vient, dès fois, par toi, un frère, à ma rencontre, me voir,

me parler en mon âme, et la guérir de ses flétrissures.

 

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Une attente remplie d’espérance

Matthieu 1, 18-24

Le verbe attendre est souvent associé négativement aux situations de nos vies où nous devons attendre : aux lumières dans la circulation; à l’urgence; à la caisse du supermarché ou au magasin. Il y a des temps d’attente qui peuvent causer de l’anxiété comme attendre un résultat d’examen médical, la réponse d’une entrevue pour un nouvel emploi, le résultat d’une note de cours ou la conclusion d’une transaction pour la vente ou l’achat d’une propriété. Par ailleurs, il y a également des situations qui sont porteuses de joie et de paix comme attendre l’arrivée de la famille et des amis pour célébrer Noël et la nouvelle année, l’attente avant le spectacle de ses enfants à l’école et par-dessus tout le temps précédent la naissance d’un enfant.

Joseph a eu ce même sentiment de joie à l’annonce de la venue de son fils. Mais il avait d’abord vécu des doutes et inquiétudes. Son attente comportait certainement des craintes et des questions. L’Évangile de Matthieu de ce dimanche, une semaine avant la grande fête de Noël, vient nous redire encore et encore comment Dieu est vraiment présent au cœur de notre humanité, de nos projets et de notre vie à chacun et à chacune. La naissance de Jésus rend visible cette présence. En fait, le nom qui lui est donné à sa naissance, l’Emmanuel, veut dire « Dieu-avec-nous ».

Comme Joseph, il nous arrive et il est normal d’avoir des doutes selon les saisons de notre vie. Il y a des choses, des situations et des projets qui peuvent nous dépasser et nous pouvons avoir des difficultés à voir l’espérance qui s’y cache. Il est bon alors de se rappeler que nous ne sommes pas laissés à nous même, que Dieu est présent, que la vie est faite des gestes d’amour et de solidarité qui prennent racine au cœur de notre quotidien.  

Si Noël est une fête qui se prépare dans l’attente, il s’agit d’une attente remplie d’espérance. Cette espérance se manifeste par la joie qui nous habite, par le partage avec les personnes dans le besoin, par les gestes d’amour et d’accueil, par la venue du prince de la paix, l’Emmanuel, Dieux-avec-nous.   

Auvidec Média/René Laprise, diacre permanent, Gatineau

Réflexion sur Matthieu 1,18-24

Ma foi et le futur

Avant mon Fiat, je voulais contrôler ma vie, l’inconnu ;

mon réel d’infirme, je l’ai admis, aujourd’hui j’en raffole ;

je marche vers l’Idéal à écrire, un demain méconnu ;

Dieu veut mon bonheur, Son Plan dépasse mes attentes les plus folles.

L’enfant, son prénom et nous

En parents, notre enfant né de notre chair, est un don du Père ;

comme tuteurs, nous aidons sa croissance, en Christ, d’homme autonome.

Son prénom, l’accouche à son Je, à ses talents, des repères ;

il le fait exister ; le frère, les autres le respectent, le nomment.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Le jubilé extraordinaire de la miséricorde auquel nous avons été convoqués par notre pape François tire à sa fin. Les trois paraboles de l'évangile de Luc (Lc 15: 1-32) qui seront proclamées et commentées en ce dimanche du 11 septembre 2016 expriment d'une façon particulièrement émouvante l'infinie miséricorde de ce Dieu présenté tour à tour sous les traits du berger, de la maîtresse de maison, du père qui aime inconditionnellement. Si le berger perd une brebis, il laisse les 99 autres pour courir à la recherche de celle dont il a perdu la trace jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée. Quand la maîtresse de maison perd une de ses dix drachmes, elle met tout en œuvre pour que ce qu'elle considère si précieux soit de nouveau entre ses mains.

Que le fils cadet décide de réclamer sa part d'héritage et aille dilapider cette fortune dans un pays lointain, il lui suffit de prendre le chemin du retour et il trouvera son père courant à sa rencontre et lui ouvrant ses bras. Trois belles images de la Miséricorde! Trois expressions de l'immense joie des retrouvailles.

Il y a déjà 36 ans, soit le 30 novembre 1980, saint Jean-Paul II offrait à toute l'Église une inoubliable encyclique intitulée: «Riche en miséricorde» et il illustrait son propos à l'aide de la troisième de ces paraboles. Le pape François s'est largement inspiré de cette lettre pour l'Année de la miséricorde dans laquelle nous sommes engagés et il a souhaité que nous la découvrions ou la reprenions.

Peut-être que nous pourrions être aidés dans notre méditation sur la parabole du fils prodigue par trois points soulignés par Jean-Paul II:

1) Lorsque vous contemplez ce père infiniment aimant qui voit au loin son fils perdu et court l'embrasser, ne pensez pas d'abord à ce gaspillage éhonté du fils, mais soyez «conscient qu'un bien fondamental a été sauvé, l'humanité de son fils»; ce père est inconditionnellement fidèle à sa paternité.

2) N'oubliez jamais que «la signification véritable et propre de la miséricorde ne consiste pas seulement dans le regard, fût-il le plus pénétrant et le plus chargé de compassion, tourné vers le mal moral, corporel ou matériel; la miséricorde se manifeste dans son aspect propre et véritable, quand elle revalorise, quand elle promeut et quand elle tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l'homme».

3) Rappelez-vous aussi que, dans les rapports humains «l'amour miséricordieux n'est jamais un processus unilatéral». «Même dans les cas où tout semblerait indiquer qu'une seule partie donne et offre, et que l'autre ne fait que prendre et recevoir (par exemple dans le cas du médecin qui soigne, du maître qui enseigne, des parents qui élèvent et éduquent leurs enfants, du bienfaiteur qui secourt ceux qui sont dans le besoin), en réalité, cependant, même celui qui donne en tire toujours avantage».

Auvidec Média/Lorraine Caza, CND

Matthieu  23,1-13 : louer plutôt que revendiquer

À celui qui veille sur sa conduite, je ferai voir le salut de Dieu (Ps 49).  Et l'auteur du psaume ajoute : qu'as-tu à réciter mes lois, à garder mon alliance à ta bouche, toi qui n'aimes pas les reproches et rejette loin de toi mes paroles.  Le psaume décrit que cette vie pleine et éternellement heureuse qu'il nomme salut, mot usé aujourd'hui, n'est pas dans la pratique d'une vie maquillage. D'une vie vécue sous analgésique (François). Dieu a horreur des sacrifices qui ne changent pas le cœur, mais accroît la fierté de bien pratiquer une religion «sans cœur». Tout le psaume appelle à vivre sans déguisement, sans être remarqués des gens, selon la parole de l'évangile.

Dans l'esprit du psaume, cette vie pleine est une vie d'Action de grâce. Ce qui plait à Dieu, c'est notre reconnaissance. La diplomatie du oui peut demeurer vide de sens si elle n'ouvre pas sur une cohérence entre le dire et le faire. La vie pleine, le salut, n'exige pas de s'habiller de phylactères ou de se couvrir de titres de gloire. Pour le psaume, il est dangereux de vivre sur le seul registre de la parole parce que c'est bâtir sur du sable. C'est demeurer dans la pure idée qui ne donne pas de fruits [et] qui [en] stérilise son dynamisme (EG # 233).    Vivre sa vie seulement sur ce registre, c'est vivre comme dans une pièce de théâtre où le maquillage et le déguisement sont omniprésents.   

Nous retrouvons ce même message au début du livre d'Isaïe.  L'auteur profile une vision de ce qui n'est pas encore et qui deviendra clair à la fin (Ha 2, 3) : l'apparition du Fils de Dieu dans la chair, dans les cœurs et dans la gloire.  Écoutez la parole du Seigneur, dit-il, cessons de nous revêtir de rouge écarlate (modèle paraître), et devenons à l'image du fils de l'homme, aussi blanc que neige (modèle être). Dans les mots d'aujourd'hui, ça signifie : cessons de nous habiller de prestige et de gloire. Cessons d'agir pour nous faire remarquer des gens

Ce qui se détache de l'évangile, c'est un Jésus qui ne se nourrit pas de nos sacrifices. Il n'a pas faim de nos vaines gloires. Ce qui éblouit Jésus n'est pas de nous voir accomplir des gestes spectaculaires ou de porter des vêtements dispendieux. C'est notre émerveillement devant ce qu'il fait pour nous, devant sa compassion. Quand nous prenons le temps de reconnaître dans nos petits gestes d'entraide que c'est à moi que vous le faites (Mt 25, 40), cela devient à ses yeux un sacrifice de louange.

Thérèse de Lisieux a merveilleusement appuyé toute sa spiritualité non en posant des actions éclatantes, mais dans l'Action de grâce. Offrez à Dieu le sacrifice d'Action de grâces. Voilà qui résume tout ce que Jésus vient d'exprimer aux scribes et pharisiens qui enseignaient dans la chaire de Moïse. Jésus n'a pas besoin de nos bonnes œuvres; il a seulement soif d'un peu d'eau (cf. Jn 4, 7), d'un peu de reconnaissance pour désaltérer sa grande soif de nous. Vivons un carême axé sur l'action de grâce en laissant plus de place à Dieu dans nos cœurs plutôt qu'en investissant sur le paraître.

Ce refus de ce chemin tout extérieur dont parlent autant la lecture, le psaume que l'évangile, Paul le nomme l'amour de l'argent.  Nous en débarrasser nous donne bien des maux de tête. Ce même apôtre nous dit que certains ont une telle envie de se montrer, de faire valoir leurs titres qu’ils se sont égarés loin de la foi et se sont infligé bien des tourments (cf. 1 Tm 6, 7-10). Depuis Pâques, la seule manière de vivre qui fascine autant Jésus que notre monde, c'est de découvrir avec émerveillement que Dieu se cache dans les petites choses, les choses les plus simples.

Questions pour notre carême : en nous, n’y a-t-il pas un peu de cette attitude pharisaïque qui a tellement fait rouspéter Jésus ?  Comment puis-je espérer que Dieu fasse en moi de grandes choses si je ne crois pas dans la petitesse que je suis, s'interroge Jean Chrysostome, docteur de l'Église au IVe siècle ?

Puisque sans toi l'homme s'égare, disait l'oraison d'ouverture, soutiens-le pour qu'il se détourne du mal et se dirige vers le salut. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

Matthieu 21, 28-32 : un simple principe de cohérence

Chaque jour, nous avons mille et une occasions de nous affirmer. Que la demande soit anodine ou importante, c’est toujours notre façon d’y répondre qui importe. Pour la plupart d’entre nous, s’engager avec de vrais oui ou refuser avec des non nets et précis n’est pas facile. C’est avec nos oui et nos non que nous dessinons notre vie. La nôtre, pas celle que d’autres auraient choisie pour nous. Pour dire oui, il faut savoir dire non, dit-on. D’autres affirment que savoir dire non, c’est apprendre à se dire oui à soi-même.

Dire oui, dire non, ce sont deux mots difficiles à prononcer pour beaucoup d’entre nous.  Entre les deux, il faut instaurer un dialogue permanent[ ..]Il est dangereux de vivre dans le règne de la seule parole (EG# 231). Il faut la mettre en pratique (EG # 233). Le pape affirme que la réalité (agir) est plus importante que l'idée (parole) sinon c'est édifier sur le sable (EG # 233). Celui qui dit avoir compris, mais qui n’agit pas, n’a pas vraiment compris. Entre le oui et le non, il y a un «oui, mais», une attitude qui rend souvent bien malheureux parce qu’elle cache une impuissance à s’affirmer et un désir inconscient de se faire aimer ou de ne pas se faire d’ennemis.

Jésus nous veut authentiques par rapport à ce que l’on dit. Il ne nous veut pas hypocrite, ce mot que Jésus prononce pour manifester sa désapprobation devant des comportements fautifs. Il s’agit de rendre notre intériorité visible.  Qu’il s’agisse de notre oui ou de notre non, Jésus nous veut engagés dans une transformation extérieure qui soit conforme à notre intérieur.

Jésus accorde un privilège à l’action. Il ne suffit pas d’annoncer l’évangile, de démontrer, même avec conviction, notre foi. Il faut la faire passer dans notre quotidien, dans nos relations sociales. Jésus critique ceux qui disent, mais qui n’agissent pas. Il recommande de ne pas en rester à des paroles, fussent-elles de piété.  Seul l’évangile vécu est éloquent. Il faut crier l’évangile par toute notre vie (Charles Foucault), avec authenticité sinon nous devenons des contre-témoins. Des ni oui ni non. Des chrétiens frileux.

L’humoriste anglais Chesterton, qui était passé  d’une foi plus que tiède, d’une foi oui, mais, à la foi vivante, se posait la question : Qu’est-ce que c’est qu’un chrétien? Il répondait lui-même : le chrétien, c’est quelqu’un qui commet la grosse faute du goût de vivre comme si Dieu existait. Dans un tweet de mars 2016, le pape écrivait: prenons au sérieux notre être chrétien, et engageons-nous à vivre comme croyants. Matthieu nous dit: que votre oui soit oui.

Le défi actuel est que Noël deviendra un vrai Noël si nous sommes vraiment humains. L’humain est celui qui est en harmonie entre ce qu’il dit et fait.  Est vraiment humain celui qui aime, qui fait du bien, qui bénit et prie,  disait le pape François aux nouveaux cardinaux (19/11/16). Mais il ajoutait que le problème surgit quand les destinataires sont nos ennemis. Ouvrir notre table à un membre de notre famille avec qui nous sommes moins en harmonie et qui nous a fait du mal, qui nous fait mal, n’est pas évident.

Fêter Noël, c’est nous réjouir sans exclure personne. Souvent, nous sommes un grain de sable qui peut enrayer l’humain en nous (Lytta Basset) en excluant les autres, le migrant devenu notre voisin, les publicains et prostituées, vient de dire Matthieu, les personnes ennuyeuses qui ne manquent pas autour de nous (Catéchèse, 16/11/16). Ce n’est pas notre démarche religieuse de participer à l’eucharistie de Noël qui nous fait chrétiens, humains, c’est notre cohérence entre ce que l’on est et ce que l’on fait.

À votre contemplation: en nous voyant vivre, en voyant notre comportement et nos conversations, notre entourage peut-il dire de nous: voilà quelqu’un qui est évangile vivant? Voilà quelqu’un qui est une belle incarnation de Jésus aujourd’hui ?

Demandons à Jésus de nous accompagner dans nos efforts pour ne pas vivre notre quotidien comme une téléréalité, pour ne pas vivre une religion de l’apparence, celle de nettoyer l’extérieur du verre et de l’assiette, mais votre intérieur est plein d’avidité et de méchanceté (cf. Lc 11, 39).  N’agissons pas pour être admirés, agissons, parlons vrai parce que c’est humain d’être bon, d’être cohérent entre nos valeurs et nos agirs. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield/http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Luc 6, 12-19 ; 1 Co 6, 1-11  appeler pour suivre

Jésus appelle. C'est beau de savoir que Jésus s'arrête pour appeler. De savoir que Jésus a besoin d'aide. Que le Créateur a besoin de sa créature. C'est beau, mais c'est aussi inimaginable. Qui aurait pu prévoir cela ?

Mais ce qui est encore plus beau, c'est de se mettre en route pour suivre Jésus. Beaucoup sont appelés. Peu le suivent. L'appel s'entend dans la réponse. Ils laissèrent tout et le suivirent (Mc 1, 18; Mt 4, 22; Lc 5, 11). Il est plus facile d'accepter d'être appelé que d'y donner suite. C'est Jésus lui-même qui dit cela au terme de la parabole des invités  (Cf. Mt 22, 14). Ce qui étonne au terme de cette parabole des invités, ce sont des gens de petites réputations qui acceptent l'appel.  Allez chercher le tout-venant, tous ceux que vous pourrez trouver (Mt 22, 9). Les apôtres sont choisis sur ce terrain du «tout-venant».

Ce matin, les appelés de Jésus pour devenir ses intimes sur la route sont des gens qui n'ont pas la meilleure des réputations. Qui n'ont pas la meilleure apparence. Ce sont des gens tellement ordinaires qu'ils étaient des inconnus à leur époque. On les voyait comme des pêcheurs sans noblesse. C'est parce qu'ils ont été d'abord des appelés qu'ils peuvent maintenant siéger pour juger les douze tribus d'Israël (Mt. 19, 28).

On peut se gonfler d'orgueil quand quelqu'un nous reconnaît. Cela rehausse l'estime de nous-mêmes. Mais personne ne peut suivre Jésus s'il n'accepte pas de se décharger du fardeau le plus lourd qu'est son moi. Mais force est de reconnaître que ce moi nous colle à la peau et qu'il est difficilement délogeable.

Appelés, choisis pour être des architectes d'une terre où le vivre ensemble en harmonie devient sa première beauté. Son unique beauté. Paul demande par cinq fois aux chrétiens de Corinthe qui manifestement se spécialisaient de querelles constantes jalousies, colères, intrigues et divisions (Gal. 5 : 20), qu'ils portaient devant les tribunaux, ne savez-vous pas (1 Cor 6, 3. 9. 15. 16. 19).

Ne savez-vous pas, leur dit-il qu'il y a un autre chemin que celui des tribunaux pour régler des conflits et tensions. Paul précise qu'ils en connaissent le chemin ou devraient le connaître : celui de gagner un frère (Cf. Mt. 18, 15). Mais chacun à Corinthe n'était occupé que de lui-même et de sa propre gloire. Nous ne sommes pas très loin de notre mentalité d'aujourd'hui.

Les corinthiens se savaient appelés, mais n'étaient pas prêts à partager les mêmes sentiments que Jésus qui, lorsqu'on l'outrageait, ne rendait pas l'outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement (1 Pi 2, 23). Ils n'étaient pas prêts à supporter les injustices jusqu'au pardon. Chacun cherchait à porter préjudice à l'autre, qui pourtant était son frère dans le Seigneur.

Question: ne savons-nous pas que nous sommes beaucoup plus que des appelés. Nous sommes des marcheurs en sortie comme Jésus pour poser un regard pacifiant, plutôt qu'un regard de guerrier sur notre proche, sur nos communautés chrétiennes, sur nos chefs politiques autant que religieux. Nous sommes des 'appelés-envoyés' à la rencontre de toutes les pauvretés de l'humanité,  des appelés à descendre dans les bas fonds des détresses des cœurs pour leur offrir un accueil qui ne juge pas. C'est la priorité que demande Jésus à ceux qu'il appelle et que le pape François veut donner à l'Église. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, diocèse de Valleyfield

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Descendons de la montagne

François, notre pasteur, nous rappelle avec insistance de prendre la route pour la mission, d’assumer notre vocation de disciples missionnaires. Nous sommes empêtrés dans une Église cléricale qui est paralysée à cause du manque de ministres ordonnés, comme si les disciples de Jésus n’étaient pas toutes et tous des envoyés de Jésus et comme si les prêtres étaient des intermédiaires essentiels pour accéder au Père! Nous sommes prisonniers de nos propres institutions.

Jésus amène ses disciples sur une haute montagne, lieu de la rencontre avec Dieu. Mais dans l’Évangile, c’est tout le peuple qui a accès à la shékinah, la Présence divine, contrairement à Moïse qui était seul sur la montagne. « Voyant les foules, il monte sur la montagne et s’assoit là. Ses adeptes s’approchent de lui. Il ouvre la bouche et les enseigne. » Jésus est remué à la vue des foules de déshérités qui s’attroupent autour de lui. Sur la montagne, en présence du Père, il proclame la bonne nouvelle à la foule : « Debout, en marche, vous qui êtes à bout de souffle! » (Mt 5, 1 et 13)

Jean vient d’être décapité par Hérode. Peu après, Pierre rabroue Jésus qui leur annonçait ce qui allait se produire à Jérusalem. Il se fait réprimander à son tour: « Pierre, tu n’as pas les pensées de Dieu, tu es un Satan, tu veux me faire trébucher. » (Mt. 16, 22-23) Dans le récit de la transfiguration, Jésus amène les trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, sur la montagne et ils sont enveloppés par cette Présence mystérieuse en compagnie de Moïse, le libérateur d’Israël et Élie, furieux et découragé parce que poursuivi par le roi qui veut le tuer. Le disciple est envoyé comme un agneau au milieu des loups; il ne doit pas s’attendre à autre chose que la persécution. Assumer de suivre Jésus, c’est se mettre dans le trouble. La montagne, c’est le lieu de la Rencontre; on y trouve Souffle et courage pour aussitôt redescendre vers les foules : « tous ceux et celles qui ont mal, oppressés par des maladies variées et des douleurs, démoniaques, lunatiques, paralytiques. » (4, 24)

À la toute fin de l’évangile de Matthieu, Jésus, sur une haute montagne de Galilée, nous envoie immerger toutes les nations dans le Souffle sacré et faire des disciples. La shékinah, la Présence divine, est sur nous jusqu’à la fin des temps. Les disciples sont sans cesse invités à redescendre : « Va, retourne d’où tu viens. (1Rois 19,15) Trouve-toi des remplaçants. Après toi, ce ne sera pas la fin du monde. Ma parole continuera d’être semée. » Redescendons de la montagne et assumons notre mission de disciples envoyés avec espoir et détermination.

Auvidec Média/Claude Lacaille, p.m.é.

 

Réflexion sur Matthieu 17, 1-9

Mon visage exprime ma foi

Je prie Dieu, reçois d’agir en ma singularité ;

je grandis dans la foi, l’amour d’un frère même perverti ;

ce bonheur imprime mon visage, révèle un Je converti ;

il s’embrase d’une beauté hors temps, sculpté par ma charité.

Dieu, mon illumination et toi

La prière transforme, ouvre à un possible, à le recevoir ;

toute transfiguration est un apogée, rapproche du Père ;

descendre dans la plaine, c’est vivre le temps Ultime, le percevoir,

c’est accueillir tes attentes, et y répondre, être un repère.

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Jean, le Baptiste

À la fois le plus grand… et le plus petit

Jésus fait l’éloge de Jean, le Baptiste, emprisonné par Hérode Antipas qui, éventuellement, le fera décapiter. Pourquoi donc cet éloge ?

Jean est, par son père, Zacharie, et par sa mère, Élisabeth, de descendance sacerdotale. Or, les prêtres étaient étroitement liés au Temple de Jérusalem, où ils devaient, à tour de rôle, officier aux cérémonies cultuelles, entre autres, celle des offrandes sacrificielles. Mais Jean, outré par les nombreux scandales commis dans ce lieu sacré, choisit plutôt de s’en retirer. Se tenant à l’écart, il interpelle alors les gens au passage, les exhortant à la conversion. Et pour lui, la conversion doit essentiellement se traduire par une conduite respectueuse de la justice humaine, d’abord et avant tout. Aussi invite-t-il ces gens à manifester ouvertement leur conversion, à se laver d’un passé entaché de fautes, en posant le geste symbolique de la plongée dans l’eau.

En fait, ce que Jean crie à tue-tête, c’est qu’une pratique religieuse qui n’est pas précédée d’une vie imprégnée d’amour du prochain, de partage équitable et de respect de tous les êtres humains est une pratique vide, voire injurieuse envers Dieu. Injurieuse, parce qu’elle laisse entendre que l’on peut s’en tirer avec une enfilade de prières, avec une multiplication de liturgies, au détriment de la charité élémentaire à l’égard du prochain.

En fait, la prédication de Jean s’inscrit directement dans la foulée de celle des prophètes du Premier Testament, ces grands défenseurs du vrai Dieu, qui dénonçaient avec véhémence, en son nom, les fausses sécurités nourries par ces assidus du Temple qui s’adonnaient à ce genre de pratiques; dénonciation éloquemment proférée par Isaïe : « Les holocaustes, la graisse des veaux… le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’en veux plus (…) Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas (…) Vos mains sont pleines de sang… Pratiquez la justice… faites le droit à l’orphelin… défendez la veuve… accueillez l’étranger »[1]. Voilà des propos que non seulement la prédication de Jean endossait pleinement, mais également celle de Jésus, comme en font foi ses célèbres paroles qu’il suffit simplement d’évoquer : « J’avais faim…; j’étais malade… : j’étais en prison… »

Or, Jésus louange Jean au point de le déclarer le plus grand parmi tous ceux nés d’une femme. Ce qui signifie que Jésus approuve entièrement les propos de Jean, certes, mais aussi sa décision de se retirer du Temple. Ce que nous disent, en réalité, Jean et Jésus, c’est que, s’il fallait choisir entre une pratique religieuse et une pratique de justice humaine, il faudrait donner préséance à la deuxième, car c’est celle-là qui permet d’entrer dans le Royaume. « Venez les bénis de mon Père et recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous ». Bien sûr, il demeurera toujours très louable de célébrer une vie de justice humaine dans une pratique religieuse; dans la mesure, cependant, où cette dernière est vraiment signifiante et qu’elles reflètent le quotidien de ses participants.

Mais paradoxalement, Jésus ajoute que « le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que Jean ». Une parole embêtante… qui n’en est toutefois pas une destinée à rabaisser le Baptiste. Une parole qu’il faut plutôt comprendre à la lumière du langage sémitique qui aimait utiliser les contrastes, ce dont Jésus se fait ici l’écho, mais qu’on ne saurait nécessairement prendre au pied de la lettre. Jésus ne rabaisse aucunement Jean; il dit simplement que quiconque parmi les gens ordinaires, les plus petits de ce monde – vous, moi –, qui accueille le Royaume de Dieu, c’est-à-dire, qui accepte de vivre à manière dont Jésus a vécu lui-même, soit dans le respect de la justice, voilà qui est le plus grand aux yeux de Dieu.

[1] Is 1,11-17. Dans la même veine : Os 6,8; Am 5,21-24.

Auvidec Média/Odette Mainville, professeure honoraire retraitée de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal.

Réflexion sur Matthieu 11, 2-11

Le Christ, toi, moi et l’autre

J’ai questionné Jésus, ai reçu la réponse attendue ;

Il est là, je sors de ma prison, d’un ego castrateur ;

je L’écoute, Il m’ouvre à mon Père, à l’amour libérateur ;

je L’entends, tu Le cherches ; à ton tour accueille le frère perdu.

Être un amour fou

Grâce à ma foi en Jésus, je vois et marche, franchis mes craintes ;

je Le laisse me pacifier, m’ouvrir à l’autre, à Son étreinte ;

je deviens un héraut des Cieux, un apôtre à l’âme guerrière ;

j’ai reçu de t’aimer, d’un amour hors frontières et barrières.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris 

FAUT PAS ÊTRE DUPE

 (Luc 14,25-33)

Dans la petite sous-section d’évangile qui nous occupe, Luc a mis bout à bout quatre paroles, dans lesquelles on perçoit tout l’effort de discernement sur son agir que Jésus a dû faire.  La plus fondamentale des quatre est la deuxième, que l’évangéliste avait reçue d’un document connu également de Matthieu et qui devait se lire comme suit :

Lc 14,27 Il faut prendre sa croix et se mettre à ma suite pour être un de mes partisans.

Le Nazaréen avait assez d’expérience de la vie pour savoir que celle-ci pouvait être cruelle.  Mais, comme tous les humains, il vivait d’espérance.  Quand, à l’appel de Jean,  il a entrepris sa nouvelle façon de vivre, il était optimiste.  Après tout, il était porteur d’une bonne nouvelle : un tout nouveau Régime était sur le point d’être mis en place : finies les oppressions, les injustices, l’exploitation, la misère.  Comment ne pas se réjouir ?  Il dut vite déchanter.  Le sort du Baptiste, d’ailleurs, laissait présager le sien.  Il dut se résoudre à admettre que le système n’allait pas changer selon la ligne du régime de Dieu qu’il annonçait.  Les puissants en pouvoir, en argent ou en connaissances n’accepteront jamais de perdre influence et privilèges.  Il lui fallait donc se préparer à subir un destin similaire à celui de Jean. 

Mais il y avait plus grave.  Il s’était adjoint des partisans, qui partageaient son espérance et sur qui il comptait pour qu’ils prennent la relève sous le régime de Dieu.  Il était donc responsable d’eux.  Il avait le devoir de les avertir de ce qui les attendait.    Tant que l’intervention radicale de Dieu n’aurait pas lieu, ils étaient aussi en danger que lui.  Ils n’auront pas meilleur sort que lui.  Malgré toute leur bonne volonté, ils auront à payer le prix de leur engagement.  S’ils veulent continuer à partager sa vie et son espérance, ils devront lucidement envisager d’avoir à faire face à la brutalité inhumaine du système.

Les trois autres paroles découlent de ce discernement douloureux effectué par Jésus.  La première, dans l’ordre de Luc, vient du même document que la deuxième.

Lc 14,26 Il faut me préférer à son père et à sa mère pour être un de mes partisans.

Il faut me préférer à son fils et à sa fille pour être un de mes partisans.

Le système est partout autour de soi.  Il est tellement puissant qu’il envahit les consciences, se glorifie de l’aval des plus hautes autorités, des plus grands experts, et sait même se présenter comme résultant de la volonté de Dieu lui-même.  Rares sont celles et ceux qui ont en soi les ressources pour s’en distancer.  Il n’est donc pas surprenant que l’entourage des partisans de Jésus soient au mieux décontenancé, au pire exaspéré par leur engagement à sa suite.  Le Nazaréen se devait donc d’avertir les siens des difficultés qu’ils allaient rencontrer de la part de leur famille, de leurs amis, et même de leurs propres compagnes et compagnons d’engagement (Judas).

On ne sait trop dans quel contexte littéraire Luc a pu rencontrer les deux dernières paroles, qui utilisent deux images différentes pour rendre compte de la même difficulté (Lc 14,28-32).  Elles se fondent sur l’expérience, et peuvent être ainsi résumées :

C’est folie que d’entreprendre la construction d’un édifice sans s’assurer d’abord qu’on dispose des fonds requis.

C’est folie de s’attaquer de front à un plus fort que soi.

Ces deux paroles sont un sérieux avertissement contre un engagement qui ne soit pas le fruit d’un profond discernement.  Avant de se mettre à la suite de Jésus, il faut s’être rendu conscient de la puissance du système, de sa volonté farouche de conserver son pouvoir et ses privilèges, et d’écraser quiconque le menace par le fond.  Si, malgré tout, on décide de suivre Jésus, il faut préciser sur quel point on va l’attaquer, en prévoyant ses ripostes.  Enfin, et surtout, il faut voir si on a en soi les ressources psychologiques, affectives, intellectuelles et spirituelles requises, pour ne pas se laisser détruire par le climat difficile créé par d’interminables tensions.

Jésus a été un homme engagé, qui a réfléchi sur son action, a discerné sur ses comportements et a pris ses responsabilités vis-à-vis des siens.

Malgré les apparences notre situation est substantiellement semblable à celle de Jésus.  Le système d’aujourd’hui est pour le fond tout à fait semblable au sien.  Or, il est toujours très difficile et douloureux de se rendre compte qu’il n’acceptera jamais de changer.  Et il est très dangereux de lui  consacrer sa vie en s’imaginant que, plein de bonne volonté, il va finir par le faire.  On y perd son âme.  Un dernier mot (de trop ?).  Ce n’est pas parce qu’à Rome, il y a présentement sur le trône de Pierre un authentique partisan de Jésus, que le système est prêt à s’engager à la suite du Nazaréen.  En tout cas l’évangile met sérieusement en garde contre la tentation de le penser.   

Auvidec Média/André Myre, bibliste, auteur, conférencier

 

Matthieu 6, 6-15 : dire ‘’Père’’, c’est reconnaître que l’autre est un don

Jésus ne dit pas : l’homme ne vit pas de pain.  Il dit que l’homme ne vit pas seulement de pain. Comment aujourd’hui prendre conscience de cela quand autour de nous se déploie le spectacle désolant des miséreux de la faim ? Quand la mondialisation enrichit les riches et appauvrit les pauvres, qu’elle produit un petit nombre de gros gagnants et beaucoup de petits perdants (Pascal Lamy, Le Devoir, juin 2016). Comment entendre ce pas seulement de pain quand nous allons de crises économiques en guerre, de sécheresses en tremblements de terre ? Quand assisterons-nous à un rassemblement mondial de la générosité contre les  forces de corruption ?

La prière de Jésus nous introduit dans ce qui fait le mystère de la vie. Dans le mystère de SA vie. Ce mot Père contient l’histoire de toute vie. Père, on pourrait aussi bien dire mère, ce n’est pas une simple formule. Ce n’est pas une prière parmi tant d’autres ni une parole vide, c’est affirmer notre double appartenance: nous sommes fils d’homme autant que fils de Dieu.

Un auteur spirituel du XIXe siècle, l’évêque Charles Gay, écrit : nous sommes plus des fils de Dieu que des fils d’homme.  Et s’il arrive que, sur le terrain de la vie d’à présent, ces deux générations luttent l’une contre l’autre, la vôtre, ô mon Dieu, l’emportera toujours, et je n’oublierai jamais qu’ayant un père et une mère sur la terre, je n’ai pourtant et définitivement qu’un Père, le Père de mon père et de mes pères, mon Père qui est dans les cieux.

Dire: Père; dire: Mère; cela nous fait comprendre combien nous avons besoin de l’Autre et des autres; et cela change toute notre vie. Nous sommes des êtres de relation à Dieu maternellement paternel (François de Sales) et aux autres. Cela nous est aussi nécessaire que notre pain quotidien. Le vrai problème de l’homme riche de la parabole, selon le message du carême intitulé L’autre est un don, c’est que son «je» ne s’ouvre pas aux autres. w

En nous apprenant à prier, Jésus nous apprend à vivre délivrés de nous-mêmes. Il élève nos regards sur un mode d’existence double. Nous pouvons ressentir de bonnes choses quand nous prions, mais si cela ne nous conduit pas à l’autre, ce ne sont plus des sentiments divins. Jésus nous prie d’aimer son Père et d’aimer nos proches comme nous l’aimons. L’autre, c’est la demeure où le Père réside. Le ciel où le Père a fait sa demeure. L’autre, disait le pape François dans une homélie, est la chair du Christ : Dieu s’est fait chair pour s’identifier à nous.

Se donner de la profondeur en priant comme Jésus nous l’a appris, c’est désirer connaître et bâtir cette nouvelle humanité que Jésus apporte non dans l’écorce de la lettre, mais dans la saveur de l’expérience (Guigues le Chartreux). Plus nous devenons sensibles à sa prière, plus nous devenons miséricorde comme le Père. Par sa prière, Jésus nous met en mouvement de sortie de nos repliements. «Sans autrui», quelque chose comme une faim insupportable surgit en chacun de nous. L’homme ne vit pas seulement de pain.  

Le groupe des Dombes, groupe de recherche œcuménique, s’est penché en 2011 sur la prière de Jésus telle que comprise par les catholiques et les protestants. Il affirme qu’il y a une incompréhension à dire cette prière si l’autre de confession différente est une menace. C’est un apprentissage quotidien que de voir l’autre non comme un danger, une menace, une limite, mais [comme] l’altérité dont j’ai besoin pour être. [...] C’est en s’ouvrant que lui vient la vie ; en se fermant, que lui vient la mort précise le message du carême.  

Oui, le Seigneur est grand de nous avoir donné sa manière de prier. Sa manière de vivre. Que ce temps du carême fasse grandir en nous le désir de trouver le Père pour lui exprimer dans nos mots, notre louange, notre merci, de nous avoir appris à prier et à vivre comme lui. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

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Cette année il nous a été proposé de donner à l’Avent le sens de notre attente de Noël dans la joie de la réalisation de la promesse de Dieu qui enverrait son fils parmi nous pour devenir l’un des nôtres. En ce dimanche, un certain Jean fils de Zacharie est présenté comme venant nous aider à vivre cette attente. Mais peut-être qu’il nous appartient à nous aussi de préparer cette attente.

Dans ce but, le Livre de Baruc nous invite tous à être des personnes qui privilégient la justice, ramènent ceux et celles qui en ont été privés à leur dignité en les aidant à aplanir leur chemin de vie et mettre fin à leurs peines. Ce faisant, ils pourraient passer de la détresse et la tristesse à l’allégresse que la fête de Noël nous offre.

Quant à l’apôtre Paul, le travail qu’il a entrepris auprès des Philippiens a été rempli d’amour et de tendresse, un travail si utile et efficace que ceux-ci vont choisir de s’en inspirer pour mieux discerner ce qui est bien, beau et bon pour avancer dans la vie sans trébucher. La venue de Jean le Baptiste, dans l’Évangile selon Luc, va aussi contribuer à éclairer notre attente de Noël.

Celui-ci, par sa manière d’agir en parcourant sa région, voudra contribuer à aplanir les routes de la vie de gens et leur suggérer de bien préparer la route pour la venue de celui qui deviendrait leur « Seigneur ». Par la suite, ce Seigneur passera toute sa vie à préparer les chemins de vie de ses disciples… et malgré son absence physique aujourd’hui, son histoire, sa vie et son Esprit peuvent continuer de nous inspirer.

C’est ainsi que nous pourrons encore aider tant de gens qui ont sombré dans la tristesse et la détresse en les conduisant vers l’allégresse non seulement à Noël mais aussi pour tous les jours et les années qui suivront. 

Auvidec Média/André Vincent, prêtre du diocèse de Saint-Hyacinthe

Réflexion sur Matthieu 3, 1-12

Élaguer, aplanir mes manques

J’ai reçu le Christ, après avoir fui mes insuffisances,

et m’être converti ; Il est là en mon être anéanti ;

Dieu m’y a aidé ; Il désire me sauver de l’apathie,

faire de moi un apôtre, m’associer à Son Œuvre, Sa Présence.

Dieu, l’Eglise et mon baptême

Un jour où adulte, j’ai reçu avec Toi le baptême,

j’ai en cœur libre, choisi de m’offrir à notre Père ; Il m’aime.

L’Église, ma Famille, par un acte officiel, m’a accueilli ;

Elle me conduit aux hommes grâce à l’Hostie, ma Vie recueillie.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Matthieu 25, 14-30 : être riche en vue de Dieu

Quelle belle histoire de confiance !  Celui qui démarre dans la vie sans confiance a déjà perdu la bataille. Matthieu confirme cela. Deux serviteurs se sont souvenus de cette confiance. Tu m'as confié ces talents. L'autre a porté attention sur la préservation des biens du maître. J'ai enfoui ton talent. Jésus, précise Matthieu, et le mot est important, nous confie des talents. On peut regarder l'immensité des talents, mais perdre de vue son innommable confiance.  

Dieu nous confie sa miséricorde, sa générosité, son chemin de bonheur, son pardon. Dieu nous confie sa Parole, son Baptême, sa manière de prier, son pain, la construction d'une terre-paradis entre nous. Il nous confie sa maison-terre. Quel usage en faisons-nous ? Avons-nous déjà «contaminé» quelqu'un par notre foi ? Combien de personnes avons-nous encouragées à l'espérance ? Combien de gestes d'amour gratuits avons-nous partagés avec les marcheurs en panne le long de nos routes ?

L'autre jour dans un salon funéraire, quelqu'un m'exprimait sa déception de ne pas avoir dit à son père avant sa mort qu'elle l'aimait. Elle ajoutait, et c'est très interpellant, et cela rejoint notre évangile, pourquoi attendre que quelqu'un soit mort pour lui offrir des fleurs ?

Cette parabole nous pousse à ne pas cacher notre foi, à ne pas enterrer la Parole de Dieu. Elle suggère fortement à faire circuler entre nous, dans nos relations et à travers tous les situations concrètes, le peu que nous avons reçu.

Jésus nous donne généreusement son pardon quand on le lui demande. Nous pouvons en laisser voir les effets  en reprenant le dialogue là où il y a bris de communication, là où il y a des relations bloquées. Jésus nous donne en abondance son pain qu'il nous demande de multiplier nous-mêmes en invitant à sa table les sans-logis; allez dehors chercher des invités, les sans-travail; va toi aussi travailler à ma vigne.  Jésus nous demande  de faire connaître le nom de son Père, que toute la création goûte son amour, sa providence, que sa volonté, son désir d'harmonie entre religion et culture s'accomplisse. Nous regardons beaucoup l'énormité des talents confiés, mais considérons moins la confiance manifestée à chacun de ses serviteurs. Quelle déformation du regard nous habite !

Dieu nous confie, vient de nous dire Paul, la sagesse de le reconnaître dans ce qu'il y a de faible dans le monde, la sagesse de couvrir de confusion ce qui est fort. Quelle confiance, mais aussi quelle responsabilité !

N'importe quel lieu, même le plus éloigné et le plus inaccessible, peut devenir le lieu pour faire fructifier nos talents qui ne sont pas réservés à un territoire précis, à une culture prédéterminée. Il dépend de nous de rayonner la bonne nouvelle. Ces talents, ces cadeaux, ces dons que le Seigneur nous donne sont pour que les autres croissent et vivent en ressuscités.

Plus qu'une morale de l'action où chacun doit donner le meilleur de lui-même, cette parabole nous fait communier au rêve de Dieu. Ce ne sont pas nos biens récoltés au centuple qui intéressent le maître, mais nous, comme personne. Il veut nous offrir son bonheur à nous qui prenons le risque de le partager avec les autres.

Le maître avait foi aussi en son troisième serviteur, mais lui avait peu foi en son maître. Et ce serviteur, si c'était nous, chrétiens d'aujourd'hui, qui avons peur de partager nos convictions, notre foi parce qu'il y a un réel danger qu'on nous repousse.

Ce que Dieu nous a confié peut nous sembler irréalisable. Sachons que nos petits riens sont pour lui de grandes valeurs qui nous préparent à entendre son invitation: bon serviteur, entre dans la joie de ton maître. Amen.    

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, diocèse de Valleyfield

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Les tentations de Jésus : Matthieu 4, 1-11

Depuis qu’il a reçu le baptême des mains de son cousin Jean, Jésus sait qu’il est l’élu de Dieu, son Fils, c’est-à-dire, dans le langage biblique, le Messie, l’envoyé de Dieu pour réaliser son projet de salut (Mc 1, 11). Mais quelle sorte de Messie sera-t-il? Comment va-t-il réaliser sa mission? Après son baptême, Jésus se retire 40 jours au désert pour réfléchir à sa mission et s’y préparer.

Vient ensuite le moment de se décider, de choisir ses priorités, alors qu’il sera tenté par le diable, l’esprit du mal. Les évangiles nous présentent trois tentations ou épreuves auxquelles Jésus est soumis, mais en réalité, les trois visent le même but : détourner Jésus de sa mission telle que son Père désire qu’il l’accomplisse.

La première épreuve se réfère à la possibilité de changer des pierres en pains pour satisfaire sa propre faim et celle des autres. C’est le symbole de la prospérité matérielle obtenue au moyen de solutions faciles et rapides. Jésus va-t-il être l’envoyé de Dieu qui règle comme par magie les problèmes des gens, en particulier dans l’ordre socio-économique? Non, car « l’homme ne vit pas seulement de pain ». Jésus n’est pas indifférent aux nécessités matérielles de son peuple, mais il reconnaît, d’une part, que ce ne sont pas  ses besoins les plus profonds et que, d’autre part,  l’objet principal de sa mission n’est pas de pourvoir à ces nécessités. Sa voie va être celle de l’ouverture à la parole de Dieu qui se révèle à l’être humain lorsque celui-ci se met à l’écoute de son intériorité. C’est cette voie que Jésus va enseigner à ceux qui vont se mettre à sa suite.

La deuxième tentation - se jeter en bas du pinacle du Temple - est celle du prestige obtenu grâce au spectaculaire gratuit qui attire l’attention, surtout dans le domaine religieux. Le diable invite Jésus à se servir de Dieu, à faire des folies qui vont obliger celui-ci à réaliser des interventions extraordinaires pour désigner et protéger son envoyé. « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu », rétorque Jésus. Sa voie va être celle de l’humilité, dans la ligne du Serviteur souffrant annoncé par Isaïe, qui se fait solidaire des pauvres.

La troisième tentation est celle du pouvoir politique obtenu en se soumettant aux règles du jeu d’un prétendu souverain du monde. « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte », proclame Jésus. Sa voie va être celle de l’obéissance à Dieu, qui va le conduire à donner sa vie pour nous, afin de nous rapprocher de Dieu, son Père, et de créer des relations de communion entre nous.

En ce début de Carême, cet épisode des tentations de Jésus nous invite à réviser nos priorités pour découvrir dans quelle mesure elles sont conformes à celles qu’a choisies le Seigneur avant de commencer sa vie publique.

Auvidec Média/Claude Dubois, prêtre des Missions-Étrangères

 

Réflexion sur Matthieu 4, 1-11

Mon faux Dieu est mort

J’ai tué hier le Dieu pervers, né d’un ego en errance,

et engendré Celui dont l’infinie Faiblesse est ma force ;

confiant, Il brûle de me voir vivre Sa Parole ; Elle me renforce ;

parfois, je L’exauce, m’élève en des œuvres emplies d’espérance.

Dieu, l’enfant et moi

J’ai reçu de mes ancêtres, le don d’être un Je singulier,

un sujet des Cieux, cocréateur de mes jours séculiers.

On offre à l’enfant le droit à devenir, de nous quitter,

un demain où il tissera de vrais liens dans l’équité.

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Douter… pour être à la bonne Heure!

Après avoir quitté le Temple et prédit sa destruction, Jésus gravit le Mont des Oliviers. Ses disciples l’interrogent sur la fin du monde. Jésus, réaliste, énumère catastrophes et conflits qui alimentent alors la peur. Pour lui, ce n’est pas la fin du monde, c’est le signe qu’une force de vie travaille aux entrailles de l’univers. Douleurs d’enfantement! Il met ses disciples en garde contre prophètes de malheur, abuseurs de naïveté, vautours profiteurs de décombres. Il les ouvre à une dimension plus large que leur horizon, leur rappelle que la Parole de Dieu tient bon depuis l’origine. Il ne parle pas de la venue de la fin du monde mais de sa venue à lui au quotidien de l’histoire.

Sa venue est toujours neuve comme fleur au printemps ou naissance d’enfant. Ses disciples risquent, avec le temps, de s’habituer, de s’assoupir, de le méconnaitre quand il frappe à leurs portes sous des traits pauvrement humains ! Chaque époque peut ainsi reproduire, dans des circonstances semblables, les conduites des anciens, rappelle Jésus. Ne se doutant de rien, des disciples s’engluent dans la consommation, sont pris par l’activisme ou enfermés dans des abris sans l‘humble veilleuse annonceuse d’une présence. Faudrait bien un petit coin dans leur demeure quand, toujours Vivant, Jésus demande à naître chez eux! Faudrait bien des veilleurs de nuit pour entendre la neuve chanson des messagers. Chanson de l’Heure!

Jésus sonne l’alarme certes; mais il enseigne aussi, par le mythique personnage Noé (1) quelle sagesse active peut préserver l’univers d’une destruction redoutée. Il invite les siens à ne pas se laisser engloutir, sans s’en rendre compte, dans une mer de consommation, sourds aux S.O.S des sentinelles, ouatés d’indifférence tranquille. Désireux de voguer avec eux au gré des flots, il fait appel à l’audace d’inventer, en mémorial de Noé, d’autres ‘arches’, espaces de communion avec Dieu, avec soi-même, entre les humains,  avec la nature.  Lieux, comme il en existe heureusement déjà, où sont rassemblés des êtres vivants, mâles et femelles, purs et impurs, pour vivre résolument les relations de base qui assurent un avenir durable. Qu’on y rencontre des personnes, qui, loin d’être prises par le travail, réservent un coin du cœur pour la relation conviviale. Qu’on y trouve des maîtres de domaine chez qui on peut se présenter sans devoir défoncer un mur de protection, sans éprouver le sentiment de voler du temps. Ainsi se présente le Vivant, mendiant aujourd’hui de Pain, de Parole, de Place ou de Parcours! (2)

L’évangile du jour relaie l’appel urgent d’ajuster nos cœurs sur l’Heure d’Aimer,  l’Heure de Dieu. C’est plein d’espérance Noël! Car, sous nos traits de fragilité, Jésus peut trouver asile pour habiter avec nous. Mais ce n’est  pas que romantique Noël! Pourquoi la mangeoire? - Il n’y avait pas de place ailleurs! Et la présence des bergers? -Veilleurs de nuit, ils demeuraient aux aguets!

«Bienvenue dans ma demeure» à Celui qui vient à toute seconde de l’Heure d’aimer!

  1. Cf Gn 6 ss
  2. 4 P empruntés à Maurice Bellet

Auvidec Média/Rita Gagné, ursuline

Réflexion sur Matthieu 24, 37-44

Jésus, toi et moi

Je descends jusqu’en l’intime Tabernacle, y accueille Jésus ;

Sa Présence m’aide à Le retrouver en toi, si ma vie prie ;

je veille sur toi comme Il veille sur mon existence recousue ;

je veux être un signe de Dieu, et me laisser conduire par l’Esprit.

 

Suivre Jésus, refuser ses parts d’ombre

Pour toucher le Christ, j’arrête de Le renier, de Le trahir ;

Sa Visite me sauve de mes égoïsmes, de ceux du monde ;

je cesse de succomber à l’indifférence, à l’immonde,

et décide de Le suivre, de me laisser par Lui envahir.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

Les bonnes manières du Royaume

On dirait d’abord un cours sur l’étiquette et la bienséance. Comme il s’en donne à l’école. Les manières à table, la façon correcte de nous tenir avec les autres. Des règles dont nous oublions facilement le détail, mais qui s’avèrent utiles, voire indispensables.

Même s’il faut toujours nous rappeler les bonnes manières, même s’il est bon de nous redire qu’il vaut mieux être humbles que prétentieux, il serait surprenant que le but de cette page d’Évangile soit d’édicter un code de conduite pour usage dans nos salons et nos petites sociétés.

Gageons qu’il y a ici plus à découvrir, plus important à considérer pour trouver du sens et un nouvel équilibre à nos vies d’hommes et de femmes appelés et promis à un avenir inouï, plus grand que tous nos rêves. 

Ce qui nous met sur une piste d’Évangile, dans cet entretien de Jésus, ce sont certains indices : le fait que ça se passe le jour du sabbat; qu’il soit beaucoup question de repas, d’invitation, de places à table, de festin; et que cela nous soit servi en parabole. Ces insistances nous amènent au cœur de l’annonce du Royaume, qui est banquet de noces, alliance, vie nouvelle et bonheur partagé.

Avec tous les mots utilisés, les mises en situation et l’imaginaire festif évoqué, nous sommes amenés au cœur du mystère du Christ, au cœur de l’annonce pascale, mystère de mort et de résurrection. Mystère signifié avec force dans le dernier repas de Jésus, l’eucharistie, qui nous rassemble présentement en mémoire du Seigneur, lui qui a donné sa vie pour nous les pauvres, les estropiés, les boiteux...

Et c’est du Royaume dont nous parlons. Il s’agit ici de rien de moins que des règles du protocole en vigueur dans le Royaume de Dieu annoncé et déjà commencé.

Qui s’abaisse sera élevé. En Jésus, le Fils de Dieu s’est abaissé pour nous rejoindre dans notre condition de faiblesse, jusqu’à mourir sur une croix. Voici qu’au matin de Pâques, il a resurgi vivant du tombeau. Dieu, le Père, l’a fait Seigneur et Christ, il l’a exalté pour qu’il soit à jamais celui qui nous sauve de la mort par tout l’amour qu’il nous a démontré.

En cet abaissement du Fils et dans son relèvement, nous trouvons le secret de l’humilité véritable, le sens de tous nos abaissements et la source d’un relèvement durable. « Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons, si nous souffrons avec lui, avec lui nous règnerons », écrivait Paul à Timothée (2 Tim 2, 11-12). Nous avons part à l’exaltation du Christ, dans la mesure où nous le suivons dans l’amour du prochain et le service des petits et des pauvres. « Quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. »

Frères et sœurs, suivons donc, avec courage et générosité, l’exemple que le Fils bien-aimé de Dieu nous a laissé. Il nous a montré le chemin du don, de l’humble service et du partage. Soyons en communion avec lui en imitant ses manières et nous aurons part à sa gloire. Suivons le Christ jusqu’à nous aimer les uns les autres, comme lui nous a aimés le premier, jusqu’à donner notre vie pour nos sœurs et nos frères, et nous serons à ses côtés à la table des pauvres, au banquet des amis de Dieu, au festin du Royaume.

Auvidec Média/Jacques Marcotte, OP, théologien, diocèse de Québec

Marc 10, 28-31 : être un « frère universel »

Disons-le, Jésus n’a rien contre la famille. Le pape vient d’y consacrer une importante exhortation apostolique.  Mais cet appel rejoint l’aventure de Jésus. Il est sorti du Père, a quitté une résidence luxueuse pour se trouver sans logis, sans demeure où se reposer (cf. Mt 8, 20). Sa sortie inaugure l’arrivée d’un grand nombre de frères (Rm 8, 29). À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu (Jn 1, 12).

Jésus a quitté son Père pour nous associer à sa propre famille. Jésus nous appelle à quitter nos proches; c’est en harmonie avec sa réaction à l’endroit de sa propre famille qui le cherchait pour le ramener à la raison tant il avait perdu la tête (cf. Mc 3, 31-35).

Le passage de l’évangile de Marc suggère de quitter père, mère, famille; c’est un appel à cultiver l’amitié, à se regarder, à se rencontrer, à se fréquenter, à s’entraider. Jésus appelle à la naissance d’un mouvement de sortie de nos sécurités. Il appelle à être « famille » universel. Un homéliste du XIIe siècle commentait cet appel de Jésus en affirmant que, par naissance, nous sommes une multitude, par naissance divine, nous ne faisons qu’un. 

Pour utiliser une terminologie bien actuelle, Jésus appelle à nous engager en faveur d’une famille « élargie ». À dire non à une culture de la fragmentation pour favoriser celle de la fraternité. Il ne nous dit pas que cela se fera sans douleur. Il ne nous veut pas « désengager » de nos familles, mais son horizon est plus large. Jésus veut que nous soyons parabole vivante de l’amour qu'il nous a manifesté, alors que nous sommes «étrangers» de son royaume.

Au sacrement de l’autel, celui qui nous lie à nos proches de sang, Jésus colle un autre sacrement, le sacrement du frère, celui qui nous fait proche en acte de cette grande famille humaine et universelle. Jésus nous veut non seulement frères de sang, mais frères universels. C’est beaucoup plus exigeant qu’être seulement proche des autres. Le pape Benoit disait que la mondialisation nous rend proches, elle ne nous rend pas frères.

Jésus nous veut immerger dans notre monde comme lui, au puits de Jacob, s’est immergé dans le monde de la samaritaine. Immerger non pour endoctriner, mais pour en attendre quelque chose : donne-moi à boire. Immerger pour écouter et dialoguer ensemble. Nous ne le comprendrons jamais assez: l’appel de Jésus de Nazareth à quitter père, mère et famille, est subversif de fraternité et d’humanisation.  Vivre cet appel, c’est rendre l’évangile crédible. C’est ressembler à Jésus. Ce n’est pas facile.

Quitter quoi, plutôt que quitter qui. Quitter cette mentalité « plus j’en ai plus, plus j’en réclame » pour goûter à la joie d’une mise en commun (Ac 2, 44): voilà ce que vivaient les premiers chrétiens. Quitter cette recherche de deux choses à la fois : le ciel et la terre pour privilégier le partage à la possession. Celui dont les mains sont fermées n’a rien quitté. On ne peut vivre l’évangile sans quitter la mondanité, mot fréquemment utilisé par le pape François.

Cet appel de Jésus se vit aujourd’hui dans le monde de la périphérie, là où se partage le peu qu’on possède. Les gens moins fortunés ont beaucoup de cœur et sont peu avares de ce qu’ils possèdent. Chez eux, un esprit d’entraide les pousse à partager le peu qu’ils ont.  Les pauvres s’aiment entre eux. Ils sont pauvres ensemble. Ils se savent de la même famille et s’empressent à se serrer les coudes pour aider un plus démuni qu’eux. Quelqu’un qui garde ce qu’il a, même le peu qu’il a, n’est pas pauvre justement parce qu’il garde. Il n’est pas frère universel.

Que le Seigneur, comme l’exprime l’oraison d’ouverture, donne à chacun la claire vision de ce qu’il doit faire et la force de l’accomplir. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Luc 21, 5, 11 : solidaire contre opposant    

Israël, sois prêt à marcher à la rencontre du Seigneur, car il vient (cf. Am 4,12). Mais comment ? Sa venue est certaine; mais le moment de cette venue est plus incertain. Pour nous, ici, avancée en âge, cette venue se tient sur le seuil de notre porte tandis que pour les plus jeunes, elle se profile à l’horizon de leur vie.

C’est sous la forme d’un rêve brisé, de l’échec d’une terre amicale, que Jésus murmure miséricordieusement à nos oreilles de prendre garde, de veiller et de prier (Lc 21, 34-36).  Au terme de l’année de la miséricorde, un avertissement miséricordieux de Dieu.

Cet évangile précise que le disciple n’est pas plus grand que son maître. Jésus a connu une fin horrible. La haine contre lui était dans presque tous les cœurs. On lui en voulait d’avoir transgressé la loi ancestrale de Moïse. Au soir de sa vie, Jésus vivait l’effondrement de son projet d’une terre où l’amitié, l’entraide, la solidarité seraient la manière normale de vivre entre nous et qu’il appelle son royaume. 

Jésus, par cette lecture de la fin des temps, ramène ses disciples à la réalité, les deux pieds sur terre, alors qu'ils commençaient à rêver que le beau projet de Jésus allait se réaliser sans anicroche, sans problème. Il leur décrit le monde tel qu’il est et où il les envoie. On se dressera, nation contre nation. Ce n’est pas un monde de rêve, idyllique, où le critère du bien-être personnel rend insensible aux besoins des autres (Audience du 19 octobre 2016). Quelle que soit l’époque où résonnent les paroles de notre évangile, elles se vérifient dans l’actualité du moment.

Chaque jour, nous percevons qu’il n’est pas évident de vivre ensemble en humain. Il n’est pas évident de vivre dans un climat de non-violence, de tout bâtir sur cette pierre d’achoppement d’un autre monde où nous sommes non esclaves, mais frères. Le royaume est déjà parmi vous (Lc 17, 21).

Aujourd’hui, nous préférons bâtir sur la méfiance où l’autre est perçu comme ennemi plutôt que frère. Nous recherchons toujours mieux comment nous protéger des autres. Le partage harmonieux de la maison commune demeure un projet hautement désiré. Vivre en état d’ouverture à l’autre en résistant à la tentation de nous comporter de manière indigne de l’humanité (Message, journée de la paix 2015) demeure un appel recherché. Il n'est pas évident d’affirmer que la nature humaine est capable de devenir parfaite par la grâce de Dieu (Saint Augustin).

Luc, par cette description étonnante, rappelle que nous sommes encore loin de la mondialisation d’une terre vraiment humaine pour tous. De la mondialisation de la solidarité. Nous nous tenons loin du discours sur la montagne qui privilégie de construire ce monde autour des personnes, plutôt que de l’argent, de l’économie et de la richesse. Il favorise un projet de coopération et non de compétition.  La mort de Jésus, la façon dont il a terminé sa vie, semble présenter ce projet évangélique comme une belle utopie. Qui mettra en œuvre ce vaste mouvement d’une terre conviviale pour tous souhaité par Jésus ?

Étonnamment, nous persistons à penser que la désolation est notre seul futur. L’évangile n’est pas un chemin de découragement même si les résultats se font attendre. Ce qu’il faut changer ce n’est pas le monde, mais notre propre cœur. C’est là que commence la construction d’une terre neuve, du royaume de Dieu.

Prions pour que nous puissions contempler l’arrivée d’un projet épanouissant que Jésus appelle son Royaume. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput/Diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre

Il nous arrive souvent d’exprimer de souhaits et c’est bien de le faire. Une page du Livre d’Isaïe en exprime justement un en ajoutant qui vient du Seigneur lui-même… le souhait de rassembler toute l’humanité peu importe ses nations et ses langues pour faire de ces gens rassemblés ses messagers capables d’annoncer partout ce que fut sa présence et son histoire… et cela pourrait les amener à se rassembler à la ville sainte.

Dans une lettre aux Hébreux, une proposition est faite soit celle d’accueillir les enseignements et les leçons du Seigneur comme étant de fort bonnes choses pouvant les aider à corriger leur vie et à l’améliorer ce qui les aiderait à retrouver la paix et à être davantage des justes.

L’Évangile attribué à Luc raconte que les chemins du salut passent par une porte étroite mais toujours ouverte qui conduira ceux et celles qui y passeront vers une première place à un festin malgré leurs pleurs et leurs grincements de dents, une sorte de festin du royaume sans que celui-ci soit décrit en détails.

Alors à nous d’emprunter cette porte pour accéder au bonheur qui nous est offert.

Auvidec Média/André Vincent, théologien et prêtre, diocèse de Saint-Hyacinthe

Cherchez d’abord le royaume de Dieu

Jésus est venu annoncer le royaume de Dieu en nous révélant l’amour du Père. Telle a été sa mission. Il n’a vécu que pour cela, au prix de sa vie. Il a cherché le Royaume avant tout souci personnel, vivant ce qu’il disait : « Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 34).

Cette interpellation à vivre l’instant présent n’est pas facile à vivre. Il y a tellement de choses qui nous tracassent, nous donnent du souci. Jésus nous invite à faire confiance au Père, à nous abandonner à sa miséricorde. Mieux vaut le servir que d’accorder trop d’importance à l’argent, aux biens matériels, comme s’ils pouvaient sauver, car « nul ne peut servir deux maîtres » (Mt 6, 24).

Jésus insiste sur la bonté du Père qui prend soin de ses enfants. Il a certainement médité ce beau texte du prophète Isaïe qui fait parler Jérusalem : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. » Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravée sur les paumes de mes mains, j’ai toujours tes remparts devant les yeux. » (Is 49, 14-15)

Les fidèles de Jérusalem avaient toutes les raisons du monde de se lamenter. Le peuple était en exil en Babylonie ; il expérimentait l’absence et le silence de Dieu. Mais les croyants de cette époque n’ont pas lâché, convaincus que Dieu ne pouvait pas les abandonner, puisque son nom est gravé sur leurs mains, tatoué dans leur chair.

Ne pas se faire tant de souci

Jésus exhorte ses disciples que nous sommes à croire en son action salvifique, à ne pas nous soucier de la nourriture et du vêtement. « Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? » (Mt 6, 25). Si le Père céleste nourrit les oiseaux du ciel en abondance, ne prendra-t-il pas soin de nous, ses enfants ?

La résurrection de Jésus manifeste que le royaume de Dieu est à l’œuvre dans nos vies. À nous d’en témoigner dans le réel quotidien, sans nous préoccuper d’autre chose. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33).

Au lieu de nous soucier de ce qui pourrait nous manquer, nous avons plutôt à lutter pour la justice, afin que tous aient de quoi se nourrir et se vêtir. En bons serviteurs de l’Évangile, nous avons à dénoncer les inégalités sociales, bref, à nous soucier des autres, comme le Père se soucie de nous.

Que Jésus envoie son Esprit pour qu’il nous donne la force d’accomplir jusqu’au bout la mission de bâtir son royaume de justice et de paix.

Pour consulter le site et le blogue de Jacques Gauthier : www.jacquesgauther.com

Auvidec Média/Jacques Gauthier, théologien et auteur

Réflexion sur Matthieu 6,24-34

Mon amour face au patrimoine

Mon lien amoureux avec Dieu, engendre en mon âme la paix ;

elle me féconde ; je l’offre à ta liberté ; tu t’en repais ;

je loue le Père, si je sors du désir d’avoir davantage,

si je Le prie, reçois de croître en amour, et en partage.

Être maître de sa richesse

Le Christ me met en garde, l’obsession d’être une célébrité,

l’idolâtrie de l’or, peuvent me prendre avec voracité.

Croire en Dieu, c’est L’adorer, vivre en et par la charité ;

l’argent est un moyen de servir mes frères et la Cité.

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Auvidec Média/Franck Widro/Paris

(Luc 23, 35-43)

La fête du Christ Roi marque la fin de l’année liturgique.

On se rappelle que sur la croix du Christ, une inscription avait été placée : « Celui-ci est les roi des Juifs ». Mais ce titre de roi donné au Christ n’a rien de commun avec celui des rois de la terre. Jésus n’a jamais exigé qu’on lui attribue le titre de roi. Lui-même a affirmé : « Ma royauté ne vient pas de ce monde » et sa venue en change le sens. Son Royaume en est un d’amour et de justice;  sa paix, le monde ne peut pas la donner. Les pauvres et les petits constituent le trésor de son Royaume; sa puissance s’exerce par la faiblesse.

Le signe de la Croix témoigne de l’Amour de Dieu et personne n’est exclu  de son Amour. « La Croix est l’ostensoir de la miséricorde de Dieu » et elle diffuse l’espérance. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

Dans la prière du Notre Père, on dit : « que ton règne vienne ». N’est-ce pas souhaiter que le Christ soit reconnu comme Roi et cette réalité adviendra totalement à la fin du monde. En attendant, nous portons ce désir dans notre cœur. Un grand privilège est le nôtre : nous sommes « héritiers du Royaume », peuple de rois », donc appelés à vivre avec le Christ. Jésus peut dire : « Ma Royauté ne vient pas de ce monde » mais elle est au cœur de ce monde. L’évangéliste Luc écrira : « Le Règne de Dieu est parmi nous « (Luc 17, 21). Nous sommes les ambassadeurs de ce Royaume.

Les évangiles mentionnent souvent le thème du Royaume et du Règne de Dieu. Appeler Jésus le Christ, c’est affirmer qu’il est Roi, car les termes : Messie, Oint, Roi et Christ sont synonymes et l’onction royale qu’il a reçu lui donne donc pouvoir sur tout et symbolise finalement l’unité du peuple.

Saint Paul (1Co 15, 24-27) résume bien ce qui se passera à la toute fin : «  Il remettra la royauté à Dieu le Père après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la mort ».

Affirmer que le Christ est Roi équivaut à dire : voilà ce que sera la fin du monde. Le projet de Dieu sera accompli. Sa Royauté nous donne accès au titre de fils de Dieu.

Auvidec Média/Marcel Plante, sc. prêtre

 

Réflexion sur Luc 23, 35-43

Le chemin du pardon

Ma violence d’offensé m’assiste, juge et met en examen,

est réponse à l’agression d’un César, d’êtres pervertis ;

elle évolue, devient pardon, souhait de leur vies converties ;

en ces jours meurtris, je continue à croire en l’humain.

 

Le royaume et nos œuvres

Je prie Dieu d’accueillir Son Royaume, en mon quotidien ;

mes actes d’amour, de paix, dès demain, le feront advenir.

Il est construit, a grandi grâce à des frères en devenir,

à leur vœux d’accomplir leur humanité d’ange-gardien.

Auvidec Média/Franck Widro/Paris

TOUJOURS CE FEU, CETTE ÉPÉE, CES DIVISIONS

(Luc 12, 49-53)

Pour écrire le texte que nous trouvons en Luc 12,49-53, l’évangéliste s’est servi d’un document dont lui et Matthieu disposaient, en plus de l’évangile de Marc.  La formulation primitive devait ressembler à ceci :

Lc 12,49 Ma tâche, c’est de jeter le feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il brûle déjà !

51 Vous pensiez que ma tâche était de jeter la paix sur la terre ?  

Ma tâche n’est pas de jeter la paix mais l’épée.

53 Ma tâche est de diviser fils contre père, fille contre mère, belle-fille contre belle-mère.

On aura donc comme ennemis les habitants de sa propre maison[1].

Rares sont les paroles dans lesquelles Jésus présente aussi explicitement l’idée qu’il se fait de la tâche qu’il a à remplir.  Et pas surprenant qu’elles soient aussi peu commentées dans les églises, car elles bouleversent l’image qu’au cours des siècles, les humains se sont façonnée du Nazaréen.  Celui-ci en était d’ailleurs conscient quand il s’oppose aux intentions que nous lui prêtons : « Vous pensiez que… ? » (v 51).  Non, il n’était pas un homme de paix.  Oui, il voulait que l’ordre des choses soit bouleversé.  Oui, il provoquait les divisions dans les familles.  Oui, même la sienne s’opposait à lui.   

Tout un renversement, lequel, bien sûr, demande d’être expliqué.  Il y a, en effet, chez lui un grand paradoxe.  Certes, il voulait que tout brûle, mais sans mettre lui-même le feu. 

Il n’était pas un homme de paix, mais sans être violent, ni se servir des armes, ni promouvoir la guerre.  Il créait d’énormes tensions autour de lui, y compris dans sa propre famille, impossible pour lui de faire autrement.  On l’a donc mis à mort comme dangereux terroriste, ennemi de l’État.

C’est qu’il devait – c’est la « tâche » qu’il avait à remplir – manifester, proclamer comment Dieu, son Parent, voyait les choses, les humains, les institutions.  Il lui fallait le faire parce que, selon lui, le Régime de Dieu était proche, tout proche.  Or, ce Régime allait tout bouleverser, parce que, dans tout le système qui l’entourait, il n’y avait vraiment rien de conforme au désir de Dieu.  Sa Galilée bien-aimée était occupée par l’Empire du temps, qui exerçait le pouvoir par l’entremise d’un roitelet qui la saignait à blanc.  En Judée, le grand-prêtre faisait la même chose, sous l’œil vigilant de Pilate.  Les fonctionnaires civils et religieux, que Jérusalem dépêchait chez lui, cherchaient à aliéner ses concitoyens de leur culture millénaire pour les aligner sur les façons de faire de la capitale.  Les petits paysans perdaient leurs terres, les humbles pêcheurs leurs bateaux.  Les mendiants, plus ou moins voleurs, pullulaient donc, et les gens tombaient de plus en plus malades de colère, de stress et de douleur.  La situation était intenable, son Père le savait plus que quiconque et, par conséquent, s’apprêtait à instaurer son Régime qui mettrait instantanément terme à ce non-sens qui avait déjà trop duré.  Il lui fallait donc avertir son monde.

Comme il s’en était bien douté – il avait vu comment son grand ami Jean Baptiste avait terminé sa course –, il n’a pas été accueilli à bras ouverts.  Rome n’avait pas l’intention de quitter le pays.  Hérode Antipas et le grand prêtre ne voulaient pas perdre le pouvoir.  Les scribes n’allaient pas accepter qu’un non-instruit leur fasse la leçon.  Les malades étaient bien contents qu’il les guérisse, mais pas question de prendre parti pour lui et de se mettre à dos les gens importants.  Quant à sa famille, elle avait honte de lui, même sa mère : tous disaient qu’il avait perdu la tête (Marc 3,21).  Malgré que le système soit pervers, personne ne voulait qu’il prenne feu, qu’il soit tranché en morceaux, qu’il soit dévasté comme si une armée lui avait marché dessus.  C’est qu’il y avait moyen de s’accommoder de lui, de profiter de lui.  On avait peur du changement.

De tout temps, les humains veulent bien de Dieu, mais d’un « bon » Dieu, mis à part de la société dans les réserves que sont ses sanctuaire, pardonnant tout et n’importe quoi, mais surtout, laissant le système intact.  Les partisans de Jésus, quant à eux, veulent donc bien de lui,  à condition qu’il soit tel qu’ils le « pensent » : leur préparant un beau salut dans l’au-delà, tout en les laissant gérer leur monde et leur Église comme ils l’entendent.

Aujourd’hui encore, quand le Régime de Dieu s’annonce comme ennemi du pétrole, l’industrie lui dit non parce qu’elle fait tout pour le fric.  Les syndicats lui disent non parce qu’ils ne s’intéressent qu’aux jobs.  Les croyants lui disent non parce qu’ils ont horreur des conflits, tandis que, dans leurs familles, on fait la vie dure aux écolos. Les tensions montent donc.  Toujours ce feu, cette épée, ces divisions. 

Le Nazaréen est toujours à la tâche.

[1] Conclusion tirée de Mt 10,36.

Auvidec Média/André Myre, bibliste, auteur, professeur et conférencier

Marc  9, 30-37 : semeurs de zizanie ?

Quel carambolage que cette scène des proches de Jésus qui s'affrontent pour savoir qui est le plus important, qui a le plus d'influence auprès de Jésus ! Ce carambolage, en sourdine, si Jésus n'y avait mis un terme rapidement, aurait pu avoir des conséquences désastreuses.  En tout groupe, il y a des résistances ouvertes, des résistances cachées, des résistances malveillantes (Pape, à la Curie, 22/12/16). Nous portons les germes d'une maladie incurable : celle des murmures, des commérages et des bavardages qui cache mal notre désir d'agir, de se donner de l'importance.

Cette scène de dispute évoque une réalité bien présente en nous : nous sommes des semeurs de zizanie. Quand la mentalité du monde prend le dessus, surgissent les rivalités, les jalousies, les factions. L'apôtre Paul nous a prévenus : agissez en tout sans murmures, ni contestations afin de vous rendre irréprochables et purs (Ph 2, 14-18). Jacques et Jean [...] s'approchent de Jésus et lui disent […] : accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire (Mc 10, 35).  Frères, gardons-nous du terrorisme des bavardages (Pape, à la Curie, 22/12/14). Ne nous trompons pas de cible.

Jésus s'empresse de «tuer dans l'œuf» cette tentative de sabordage de son projet d'un vivre ensemble autrement.  Il propose une attitude qui ne revendique aucun pouvoir ni l'envie de se privilégier. En prenant au milieu d'eux un enfant, Jésus dessine un projet de vie : ne pas prendre le pouvoir, ni se donner du pouvoir, mais plutôt céder le pouvoir aux autres.

Son projet, celui qui se profile dès sa naissance dans une mangeoire, c'est de ne désirer aucun pouvoir politique, religieux, économique. Une seule passion l'anime : servir avec compassion, se pencher avec tendresse sur les blessés, laver les pieds des migrants. Jésus profile l'image de quelqu'un qui n'est rien et qui pourtant est notre « TOUT ». Il n’y a aucun éclat, aucun bruit, aucune violence, aucun triomphe. Si ce n’était pas lui faire injure, on pourrait dire que sa présence réelle est dans « un rien ».

Aujourd'hui, on aimerait voir un Jésus tout-puissant, assis sur un trône, imposant son projet de société.  On découvre une graine de sénevé (Mc 4, 26-34) qu'on jette en terre. On s’attendrait à le voir discourir avec force pour convaincre ses opposants, faire la morale à tout le monde. Il s'assoit près d'un puits pour demander à boire (Jn 4, 15). Comment ne pas être à la fois déroutés et stupéfaits devant ce comportement divin ?   

C'est ce projet que Jésus, par sa question de qui discutiez-vous, veut faire émerger dans les cœurs de ses disciples. En nous adressant maintenant sa question, Jésus veut faire émerger une Église qui refuse de vivre derrière des murs autoprotectionnistes et qui accepte de manger au bord des rues, de s'arrêter dans des camps de réfugiés, et d'accepter de prendre tout son temps avec des insignifiants, pour citer un théologien évangélique américain. Oui, dans nos rencontres, de quoi discutons-nous ?  Quelles  sont nos aspirations ? Comment être le plus visible ?  Comment vivons-nous ce projet de Jésus ? Est-ce que nous construisons finement des murs autoprotectionnistes ?

L'histoire chrétienne est pleine d'intrigues d'humains qui cherchent à obtenir l'attribution de charges ecclésiastiques. Citons un exemple: le pape Grégoire VII au XIe siècle, grand réformateur d'une Église qui s'était éloignée de l'évangile, est arrêté alors qu’il officiait dans la basilique Sainte-Marie-Majeure. Il est enfermé dans une tour, et il fut délivré par le peuple dont il avait le soutien, ce qui lui permit de réprimer la révolte, de continuer sa réforme. François n'est pas très différent de son prédécesseur. Connaîtra-t-il le même sort ?

Bien avant notre époque, Ben Sira Le sage intuitionnait ce projet : mon fils, si tu viens à te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l'épreuve, celle d'être désarmé de toutes ses pensées qui font chercher d'être bien en vue pour sa propre gloire et autosatisfaction. Cela n'est pas ressembler à Jésus. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre/Diocèse de Valleyfield

Luc 19, 1-10 : Zachée, comment voir Jésus ?

Comment « voir » Jésus ? C’est la question de tout le monde. Comment « voir» dans le sens de connaître, de s’approcher de Jésus quand on est réputé ou classé membre de l’État islamique ou Daech, dirions-nous aujourd’hui ? Zachée, c’est l’itinéraire de chaque croyant. Qui aujourd’hui n’est pas ce Zachée qui a besoin d’être libéré de son emprise sur les biens de la terre, de son souci d’accroître son ego, son paraître ?

Pour goûter cet évangile, laissons-nous surprendre pour les innombrables surprises qui jaillissent à chaque phrase du texte. Première surprise : Zachée, coupé des autres, enfermé dans ses avoirs et toujours soucieux comme le riche d’agrandir ses greniers  (cf. Lc 12, 13-21), court  grimper dans un arbre. 

Lui, petit monsieur vivant, dit Lytta Basset, un fort sentiment d’infériorité et de mésestime de lui-même (in Oser la bienveillance, p. 322), va se cacher dans les feuillages d’un arbre, le sycomore, qui est un symbole de protection, de sécurité. Il se cache dans un arbre parce qu'il se sentait regardé de travers par la foule. Jésus, lui, parce qu'il ne le voit pas comme un drogué de l’argent, mais comme un humain assoiffé de dépassement, s'invite chez lui. Étonnant pour Zachée, il ne s’arrête pas à son passé.  Il entrevoit seulement que son cœur tout recroquevillé est capable de s’ouvrir aux autres.

Autre surprise, il s’entend appeler par son nom et surtout, il réalise que malgré le poids de sa réputation, Jésus ne passe pas outre comme ce prêtre et ce lévite (Cf. Lc 10, 25-37). Plus que s’inviter chez lui, Jésus lui dit, surprise incroyable, il faut que j’aille dans ta maison. Non pas: je veux, mais il faut. Ce il faut, cache que quelque chose de plus fort semble pousser Jésus vers Zachée. Ce quelque chose, c'est la bienveillance de Jésus.

Zachée est tellement heureux, ébranlé intérieurement par ce il faut, qu’il change du tout pour le tout. Renversement à 180 degrés. Si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. Lui, le pauvre même s’il a tout, le pauvre d’amis, le pauvre de joie, ajoute à sa joie déjà très grande de recevoir Jésus, celle de s’entendre dire aujourd’hui: le salut est arrivé à cette maison. Dire à cela à un Daech (Zachée), c'est la pure folie de Jésus. N'est-il pas venu nous dire qu'il est fou de nous !

Zachée voulait voir qui était Jésus et il l’a vu. Non seulement il a vu Jésus comme Seigneur, mais il voit les torts que son comportement autoréférentiel, pour citer le pape François, a pu causer aux autres. Le il faut a été accueilli comme un geste de bienveillance à son endroit et l’a poussé à se décentrer de lui-même. Je rends le quadruple   à toute personne que j’ai lésée.

Voyant qui était Jésus, Zachée a commencé à voir qui il était lui-même. Voilà le beau renversement de cette rencontre. Il a commencé à vivre debout et non plus écrasé par sa réputation, délivré de la honte qui l’étouffait. Il sort de son tombeau et se sent ressuscité. Revivre. Tout cela s’est produit en lui sans le moindre reproche de la part de Jésus. Sans la moindre condamnation.

Zachée nous dit qu’accueillir Jésus, c’est être sauvé de soi-même. Son itinéraire de transformation de lui-même en homme ouvert aux autres, est l’expérience que chacun éprouve quand il rencontre vraiment Jésus. Merveilleuse rencontre !

Question : suis-je aujourd’hui transformé par ce Jésus qui habite en moi comme le fut Zachée ou suis-je   davantage accaparé par mes avoirs, que soucieux des autres ?  L’apocalypse, ce livre plutôt difficile à comprendre, vient de nous dire: je suis riche, je me suis enrichi, je ne manque de rien [...] alors, je te le conseille, achète chez moi [...] un remède pour l’appliquer sur tes yeux afin que tu voies. Ce remède, c’est rencontrer Jésus et l'entendre nous dire avec bienveillance: il faut que j’aille demeurer dans ta maison. AMEN.

Auvidec Média/Gérald Chaput, prêtre, Diocèse de Valleyfield

http://www.diocesevalleyfield.org/fr/a-lire-pour-vivre