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Radio Vatican rapporte qu’en France, un livre intitulé : « Église, la mécanique du silence » et une émission télévisée, Cash Investigation, diffusée le 21 mars 2017 sur France 2, relancent les accusations envers l’Église catholique sur sa gestion des cas d’abus sexuels.

Des enquêtes dénoncent le silence des évêques

Les enquêtes menées dénoncent notamment le comportement de certains évêques qui ont, en toute connaissance de cause, transféré des prêtres accusés d’abus. Dans le documentaire, le pape François lui-même est interpellé par une journaliste. Elle lui demande de répondre aux accusations faites à l’époque où il était archevêque de Buenos Aires et où il aurait fait pression sur la justice locale pour qu’un prêtre ne soit pas condamné. Des accusations graves.

Explications du père Hans Zollner

Au-delà des polémiques, ces enquêtes peuvent-elle être une opportunité pour l’Église de mieux expliquer son travail pour lutter contre les abus sexuels ? Olivier Bonnel a posé la question au père Hans Zollner, membre de la Commission pontificale de protection des mineurs

« La Commission de protection des mineurs, depuis trois ans, a lancé de nombreuses initiatives qui ont été transposées par des évêques, comme la journée de prière pour les victimes » explique le père Zollner. Il précise que des programmes de formation pour les membres de la Curie romaine ont été mis en place. « Il y a un an, nous avons commencé une formation pour différents membres des dicastères, ici à Rome ».

Les membres de la Commission ont également commencé à visiter les diocèses dans le monde entier pour parler aux nouveaux évêques. Selon le père Zollner : « C’est une chose exceptionnelle et très réconfortante, parce que nous avons pu parler avec toute la nouvelle génération d’évêques, ceux ordonnées ces deux dernières années dans le monde entier. Il s’agissait justement d’expliquer la gravité des abus et la nécessité de les prévenir, de tout faire afin que dans les paroisses, les écoles catholiques, les internats ou les universités des mesures soient prises pour protéger des mineurs. »

Il faut un mécanisme clair de contrôle

L’Église catholique est présentée dans ces enquêtes comme une sorte de vaste multinationale. Mais cette image est trompeuse et la réalité est bien différente. « L’Église est multiforme et les Églises locales ont une vraie responsabilité, l’évêque a un grand pouvoir juridique sur le diocèse » précise le père Zollner. « Comme a dit Marie Collins, qui a fait partie de notre commission, le Pape n’est pas le directeur d’un grand groupe, d’une multinationale qui peut faire ce qu’il lui plaît » : « s’il n’y a pas de mécanisme clair de contrôle et de supervision, cela doit changer selon moi ».

Question de transparence

Un des aspects soulevés dans ces enquêtes est la transparence dans la gestion des affaires d’abus sexuels sur mineurs. Selon le père Zollner, « la transparence concerne plusieurs choses. La première est l’attention aux victimes. Je suis absolument d’accord pour dire que les victimes doivent être écoutées, c’est la chose la plus importante que nous puissions offrir ». Ensuite, la « transparence signifie aussi que comme Église et responsables de l’Église, évêques et provinciaux, nous devons être très ouverts dans la critique de ce qui n’as pas marché ces dernières années, admettre, puisque le Seigneur nous dit que la vérité nous rend libre, que nous avons commis des erreurs, et parfois même des crimes, que ce soit sur plan civil ou sur le plan canonique ».

Auvidec Média/Radio Vatican



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